Dans une tribune, Félicité Esther Zeifman, Conseil des Ayant Droits dans l'affaire Martinez ZOGO, affirme faire l'objet de campagnes de dénigrement, de pressions et de tentatives d'intimidation depuis qu'elle représente les ayants droit de Martinez Zogo dans l'affaire de son assassinat. Elle estime que ces attaques, qu'elle attribue à l'entourage de Jean-Pierre Amougou Belinga, visent à la détourner de sa mission, mais réaffirme son indépendance et sa détermination à défendre les intérêts de ses clients.
ON M'ATTAQUE.
Permettez-moi de vous dire ce que j'en pense.
Pas grand-chose.
Depuis que j'ai pris ce dossier, depuis que j'ai décidé de me tenir aux côtés de la famille de Martinez ZOGO et de porter sa vérité devant les juridictions compétentes, les médias d'Amougou Belinga se sont mobilisés.
Articles. Insinuations. Campagnes de dénigrement soigneusement orchestrées. Pressions diverses. Tentatives de déstabilisation et de corrupt dont la sophistication est, je dois l'admettre, à la hauteur des moyens financiers considérables de celui qui les commande. Je veux aujourd'hui leur répondre. Clairement. Définitivement.
Je suis avocate.
Ce n'est pas un titre. C'est une vocation. C'est un engagement pris devant le Barreau, devant mes clients, devant ma conscience — et cette conscience, précisément, n'est pas à vendre.
On a tenté de m'intimider. On a essayé de me salir. On a cherché à me faire plier. On espérait, sans doute, que la pression suffirait à me faire reculer, à m'écarter de ce dossier, à me convaincre que le confort vaut mieux que la vérité. Ces gens-là ne me connaissent pas. Je ne suis pas femme à reculer devant les puissants.
Je ne suis pas avocate à choisir ses causes selon leur dangerosité ou selon la fortune de ceux qu'elle affronte. Mon indépendance n'est pas une posture. Elle est la colonne vertébrale de mon existence professionnelle — et personne, ni argent, ni menace, ni campagne médiatique, ne l'a jamais courbée. Personne ne le fera.
Mais ce que je veux surtout dire aujourd'hui, c'est ceci.
Ces attaques ne m'affectent pas. Pas parce que je suis insensible. Pas parce que je méprise ceux qui les lancent — ils méritent bien moins que le mépris, ils méritent la pitié de ceux qui observent des hommes se débattre dans la boue de leur propre panique. Ces attaques ne m'affectent pas parce qu'elles me confirment, chaque matin, que je défends la bonne cause.
Réfléchissez-y un instant.
Quand un homme innocent est poursuivi, ses partisans répondent par des arguments. Ils convoquent les faits. Ils produisent des preuves. Ils font confiance à la justice parce qu'ils n'ont rien à craindre d'elle.
Quand un homme coupable est acculé, ses obligés attaquent ses adversaires. Ils salissent. Ils menacent. Ils mobilisent leurs médias. Ils espèrent que le bruit couvrira la vérité.
Ce que l'on fait subir à ma personne depuis l'ouverture de ce procès n'est pas une réfutation. C'est un aveu.
L'agitation est la signature de la mauvaise conscience.
On ne s'affole pas ainsi quand on a la conscience tranquille. On ne déploie pas des bataillons de plumes mercenaires contre une avocate quand on est convaincu de son innocence. On ne tremble pas devant des arguments juridiques si on est certain qu'ils ne vous atteignent pas.
Mais quand la vérité approche — quand les preuves s'accumulent, quand les mots écrits dans l'intimité des téléphones saisis ressurgissent dans une salle d'audience, quand le faisceau d'indices se resserre jusqu'à l'étranglement — alors oui, on s'agite. On frappe dans tous les sens. On attaque celle qui porte ces vérités au lieu de répondre à ces vérités. Je reçois ces attaques comme ce qu'elles sont : la preuve que mon travail est juste, que mon dossier est solide, et que ceux d'en face ont peur.
Je suis un être libre.
Libre de ma pensée. Libre de mes actes. Libre de mes choix professionnels. Cette liberté, je l'ai construite patiemment, dans la dignité et l'effort, sans jamais en hypothéquer un pouce au profit de qui que ce soit. Je n'ai pas de maîtres. Je n'ai pas de tuteurs. Je n'ai pas de protecteurs puissants dont je devrais ménager les intérêts. Je n'ai pas de dettes qui m'obligeraient au silence quand la justice commande de parler. Je n'ai que ma conscience. Et elle est nette.
Alors à ceux qui pensaient que leurs manœuvres, leurs pressions, leurs campagnes de dénigrement abyssalement médiocres suffiraient à me détourner de ma mission, je dis ceci, simplement, sans colère et sans trembler :
Vous avez perdu votre temps. Je serai à cette barre tant que la justice n'aura pas rendu son verdict. Je porterai la voix de Martinez ZOGO tant qu'elle n'aura pas été entendue jusqu'au bout. Je défendrai cette vérité avec la même ardeur demain qu'aujourd'hui — non pas malgré vos attaques, mais en partie grâce à elles, parce qu'elles me rappellent chaque jour pourquoi ce combat est nécessaire.
Martinez ZOGO est mort pour avoir parlé. Je parlerai pour lui. Et ni la fortune de ses bourreaux, ni leurs médias aux ordres, ni leurs tentatives de déstabilisation ne changeront cela. La vérité n'appartient pas aux puissants. Elle appartient à l'histoire. Et l'histoire, elle, a toujours le dernier mot.
Félicité Esther ZEIFMAN
Avocate au Barreau de Paris
Conseil des Ayant Droits dans l'affaire Martinez ZOGO









