La suite de la contre-interrogation du 34ᵉ témoin, le Colonel Otoulou Jean-Pierre, par la défense, dès l'ouverture de l'audience à 12h47.
« Avant que Me Mbuny Avocat du Col. Danwé ne prenne la parole pour poser des questions au 34ᵉ témoin et obtenir des réponses, le Président du Tribunal a posé une question au Commissaire du Gouvernement, Cerlin Belinga : s'il avait des réquisitions préliminaires à faire.
Il s'est donc saisi du micro et a dit : "Oui, Monsieur le Président".
Il a donc évoqué le fait que l'extrait de la contre-interrogation de Me Calvin Job a été enregistré puis transmis à un lanceur d'alerte.
Et que la contre-interrogation de Me Claude Assira a subi le même sort.
Au niveau du parquet, pour lui c'est un acte très grave. Qu'ils sont prêts à ouvrir une enquête au niveau du parquet.
Il a demandé au Président du Tribunal Missé de prendre un certain nombre de mesures pour que ce genre de choses ne se reproduise plus.
Maître Calvin Job, très en colère, et c'est la toute première en 3 ans de le voir dans cet état, n'a pas laissé passer cette accusation dont il estime très grave. « Okay d'accord, voici mes téléphones. Je souhaite qu'ils soient examinés tout de suite. », a-t-il suggéré.
Me Kenmoe aussi s'est associé à Me Calvin Job pour dire que c'est une accusation grave qui ne peut pas rester sans suite.
Me Claude Assira a voulu intervenir. Cependant, le Président Missé, comme d'habitude, qui sait faire chuter les tensions des uns et des autres, a donc pu éviter cet incident d'audience.
*Me Mbuny.
Q/ Vous avez été informé de l'enlèvement de Martinez Zogo. Votre unité vous a saisi. Il y a eu des descentes.
Moi, je vais parler de la découverte du corps.
Vous pensez que le lieu où il a été traité est à dix mètres ?
Est-ce que vous pouvez décrire l'endroit ?
R/ Il y a deux éléments fondamentaux : la latérite et la poudre en termes de traces.
Q/:En réalité, vous tirez vos analyses des éléments que vous avez trouvés à cet endroit ?
R/ Oui.
Q/ À quel moment la scène se produit ?
R/ Entre 20 heures et 21 heures.
Q/ Avoir aussi des images claires en tant qu'enquêteur, c'est possible ?
R/ C'est la torche qui éclairait.
Q/ Est-ce que lors de la diffusion de la vidéo, vous avez vu une torche avec téléphone ?
R/ Quand on filme, est-ce que c'est le téléphone qui se voit ?
Me Mbuny: Lorsqu'on filme avec la torche, il y a un faisceau.
Q/ Vous dites que vous avez commencé l'audition de mon client à quelle heure ?
R/ Je ne me rappelle plus.
Q/ Mon client a eu une assistance ?
R/ je vois là où vous voulez en venir, Me je ne suis pas là pour les exceptions.
Q/ Quand vous voyez Monsieur Eko Eko et monsieur Danwe, ne sont-ils pas intelligents ?
R/ Je n'ai pas la compétence de juger. J'ai travaillé sur la base des indices et ces indices ont payé.
Q/ Mais vous avez dit que Eko Eko est incompétent?
R/ Non, non! Je ne l'ai jamais dit. Il faut qu'on se recadre.
J'ai dit que soit il est incompétent, soit il sait ce qui se passe. Or, lorsqu'on sait qu'il a mis autant de temps à la DGRE, ça interroge.
Q/ Est-ce qu'on peut dire que le Col. Danwé est bête ?
R/ je n'ai pas son dossier réduit.
Le but de l'enquête est d'amener quelqu'un dans ses derniers retranchements. Et au fil du temps, la vérité a éclaté.
Q/ Parlons de cette enquête. Vous l'avez auditionné le 31. Quand vous l'avez auditionné pour la deuxième fois, il a dit quoi ?
R/:"Merci de me donner l'occasion de m'expliquer."
Q/ Est-ce que dans le PV, il a sollicité d'être reentendu ?
R/ Il a demandé.
Me Mbuny : Je suis content que vous ayez le PV. Relisez.
Q/ Avant ses auditions, d'autres personnes ont-elles fait une démarche auprès du Colonel Danwe ?
R/ Je ne peux pas me prononcer.
Q/ Est-ce qu'on peut dire que la mise en confiance, hors la présence de leurs avocats, vous a amené à ce qu'ils vous confient certaines choses ? Cela les a amenés à s'ouvrir à vous ?
R/ Oui.
Q/ Dans le cadre de l'audition de Madame Zogo, le 18 janvier, elle a reçu un appel de la DGRE. Est-ce que vous avez cherché à savoir qui l'avait appelée ?
*Bon, cette question a eu un certain débat, qui n'a pas trouvé de réponse, et la question a été reformulée.
Q/ Est-ce que le 23, vous aviez déjà arrêté monsieur Eko Eko et Amougou Belinga ?
R/ Négatif.
Q/ Est-ce que le 18 janvier, lorsqu'on vous parle, vous aviez déjà interpellé quelqu'un ?
R/ Non.
Q/ Qu'est-ce qui a motivé le fait que vous ne creusiez pas ?
R/ C'est vous qui dites que je n'ai pas creusé. Mes orientations étaient vers la DGRE. On ne mène pas une enquête en désordre.
Q/ Est-ce que ce commando peut torturer une personne et l'exposer à côté de la route ?
R/ Il a été traité et déplacé à dix mètres plus loin.
Q/ Vous pensez que c'est possible ?
R/ D'un, ils ont pris des dispositions. La garde était montée. Ebo l'a sorti du véhicule, puis il a été cagoulé.
Q/ Vous avez fait des prises de vue ?
R/ Oui.
Q/ Cet endroit n'a pas été maquillé ? Vous avez pris des empreintes numériques?
R/ Il y a des empreintes exploitables et non exploitables. L'enquête évolue. Il y a eu des descentes sur le terrain.
Q/ Relativement à votre synthèse, est-ce que vous confirmez devant ce tribunal qu'à un moment donné, il y a eu un second commando ?
R/ Oui, je dis bien à un moment.
Q/ Est-ce que vous avez trouvé les messages de Danwe entre Amougou Belinga et Eko Eko parlant de la planification comme indice ?
R/ Il y a eu des occurrences.
Q/ Dans l'audition de monsieur Eko Eko, il déclare que Amougou Belinga est un danger pour l'administration et le gouvernement. Il a présenté cela à la hiérarchie parce qu'on veut le neutraliser. Est-ce que ce deuxième commando dont on parle n'est pas entré en action ?
R/ Il faudrait d'abord qu'il accepte les faits.
Q/ Est-ce que vous reconnaissez devant ce tribunal que les avocats étaient interdits de prendre des notes ?
R/ Je ne peux pas le confirmer, mais les avocats étaient présents.
Q/ Est-ce que souvent, en pleine commission d'enquête mixte, nos clients gardés à vue l'ont été dans l'irrégularité?
R/ Il y a eu beaucoup de paperasses. Je ne me rappelle pas.
Q/ Pour un directeur d'opération, ne pensez-vous pas que c'est facile ?
R/ Ce sont des indices et ces indices ont parlé.
S/ Est-ce qu'à un moment donné, votre entourage a promis quelque chose au Colonel Danwe ?
R/ Je n'ai rien promis au Colonel Danwe.
Q/ Pour les consignes, la cible ne devrait pas mourir?
R/ Oui.
Q/ Est-ce qu'en dehors du carrefour Total Yannick, le téléphone du Colonel Danwe a borné ailleurs ?
R/ Particulièrement à Soa Non.
Q/Est-ce que de toutes vos enquêtes, vous avez eu connaissance qu'il était question d'assassiner Martinez Zogo ?
R/ J'ai parlé de tuer.
*Me Pépouré.
Est-ce que vous avez auditionné Nzockmeping mon client ?
R/ Oui.
Q/ Vous a-t-il dit son grade ?
R/ Soldat de première classe.
Q/Est-ce qu'il vous a dit que c'est le Colonel Danwe qui a organisé cette opération ?
R/ Oui.
Q/ Quelles étaient ses missions ?
R/ Lors de la première phase, il était chargé de l'interpellation. Et lors du traitement, il assurait le guet.
Cette question a été reformulée: lui a-t-il précisé l'étendue de sa mission ?
R/ Non.
Q/Est-ce que Nzockmeping pouvait refuser la mission à lui assignée par sa hiérarchie ?
R/ Non.
Q/ Est-ce qu'il a failli à la mission ?
R/ Non.
Q/ Mon client est arrivé le 28 janvier et placé en détention le 30 mars. Que dites-vous de ce delai de garde à vue.
R/Tirez les conclusions.
*Me Essono Elisabeth
Q/ Dans l'affaire Martinez Zogo, vous êtes sentis personnellement interpellés. Vous entendez quoi par personnellement interpellés ?
R/ C'était un défi professionnel à relever à peine nommé.
Q/ Et pour Ola Bébé, vous ne vous êtes pas senti personnellrment interpellé?
R/ le commandant de compagnie avait suffisamment évolué avec ce dossier.
Q/ Et pour Martinez Zogo?
R/ C'était différent.
Q/La commission mixte a été créée quand?
R/ le 03 Février 2023.
Q/Vous avez été notifié à quelle heure?
R/ En journée.
Q/Pourquoi dans vos déclarations, vous vous contredisez?
R/ Il n'y a pas de contradiction entre ce que j'ai dit il y a 3 semaines et hier.
D'abord j'ai reçu une convocation par WhatsApp un vendredi J'avais deuil en famille, je suis revenu ici le 13 juillet. J'ai passé toute la journée mais en vain. Le 14 j'ai témoigné. Chose curieuse, j'ai été transformé en accusé. Après 3 semaines, j'ai eu à réétudier mon dossier.
Donc il n'y a pas de contradiction entre ce que j'ai dit le 14 et ce que j'ai dit aujourd'hui.
*Me Tchudjo
Q/ Comment avez-vous interpellé Amougou Belinga ?
R/ J'ai envoyé une équipe avec convocation dès reception.
Q/ Est-ce que le dossier que vous avez signé et envoyé au Commissaire du Gouvernement comporte une convocation ?
R/ Elle n'existe pas, mais je l'ai fait interpeller avec convocation.
Q/"Cette question est valable pour Bruno Bidjang?
R/ Oui, la même réponse est valable.
R/ La patrouille que vous avez envoyée était composée de combien de personnes ?
R/Beaucoup de personnes. Il fallait interpeller beaucoup de personnes.
Q/ Est-ce que vous confirmez devant ce tribunal que votre PV est faux ?
R/ Non. Il concorde parfaitement et il était sous la direction du Commissaire du Gouvernement.
Q/ Est-ce qu'au-delà, Amougou Belinga présentait des éléments de dangerosité ?
R/ Au vu des éléments, Il était question de s'en méfier.
Q/ Pourquoi le domicile de monsieur Amougou Belinga était encerclé le 03 février ?
R/ Je n'ai donné l'ordre à personne d'encercler son domicile le 03 février.
Q/ Avez-vous un mandat de perquisition ?
R/Je n'avais pas de mandat de perquisition. Toutefois, lorsqu'on est amené à avoir des éléments pour la manifestation de la vérité, on peut procéder à une perquisition.
Mais je rappelle que le Commissaire du Gouvernement était au courant de cette opération de perquisition.
Pouvez-vous rappeler au tribunal ce que vous avez pris ?
R/ Tout ce qu'on a pris a été remis à la commission.
Q/Avez-vous établi un procès-verbal d'interpellation et d'arrestation ?
R/ Au moment, Non.
Q/ Avez-vous notifié sa garde à vue avant ?
R/ La commission l'a fait après son audition.
*Il y a eu suspension de l'audience à 16h27 et reprise à 17h45
Q/:Avez-vous interpellé monsieur Bruno Bidjang à son domicile personnel ?
R/ Je n'ai pas d'éléments de réponse.
Q/ Quelles sont les conséquences que vous voulez que le tribunal retienne ?
R/ Je n'ai pas de leçon à donner au tribunal.
*Me Ndoumou.
Q/ Est-ce à dire qu'il faut poser toutes les questions au Commissaire du Gouvernement?
R/ Je ne veux pas de sous-entendus sur le plan de la forme.
Mais mes indices m'engagent. Les indices que j'avais me permettaient d'interpeller Amougou Belinga.
Q/ Vous avez dit qu'Amougou Belinga et Danwe ont des liens forts?
R/Au regard du rapport d'expertise, ils avaient des relations poussées. Et Danwe lui donnait des renseignements sur les chefs d'État africains parce qu'Amougou Belinga voulait se faire respecter.
Q/ Et pour le cas de monsieur Mopa, vous avez procédé à la vérification des échanges avec Danwe?
R/ Non. Cependant j'avais des indices qui me permettaient de me concentrer uniquement sur mon enquête.
Les déclarations d'Eko Eko contre Amougou Belinga m'ont servi de passerelle.
Parlons argent. Saviez que Amougou avait remis 500000 à Ndanwé pour l'arossage de son galon et qu'il lui faisait des largese?
R/ La veille de l'opération, Amougou Belinga a d'abord donné 2 millions pour la planification de l'opération, Amougou Belinga a encore donné 500.000 pour l'opération, il a encore donné 500.000 pour l'operation.
Et ça fait 3 millions.
Ces 3 millions ne représentent pas le l'arrosage du galon du Colonel Danwe.
Q/ Ce montant pouvait supporter l'opération.
R/ Je ne suis pas responsable de la gestion qu'a faite le Colonel Danwe.
Pour la voiture, c'était une Toyota Hilux de couleur blanche qui était la seconde voiture du commando.
*Me Ndoumou: La police est correcte par rapport à la gendarmerie?
R/ vos propos sont d'une extrême gravité. Ils sont gravissimes.
*Me Tchoungang
Q/ Comment avez-vous été informé de l'enlèvement de Martinez Zogo?
R/ Par mon commandant de compagnie et par radio.
Q/ Quels actes avez-vous posés pour sécuriser la scène de crime?
R/ Aucun. Mais le commandant avait déjà commencé à poser les actes. Pour moi, Il était question de comprendre ce qui s'est passé.
Q/ Avez-vous la planche photographique de la Yaris dans la rigole?
R/ Non.
Q/ Où est le deuxième téléphone de Martinez Zogo?
R/ Je ne sais pas.
Q/ Si je vous dis que c'est le Commissaire Meva qui l'a retenu par devers lui?
R/ Je ne peux pas l'assumer.
Q/ Quelle piste avez-vous explorée?
R/ Nous menions nos pistes, la police mène les siennes.
Q/ Saviez-vous que dans les cas d'enlèvement, les premières 48 heures sont décisives ?
R/ Me. il y a les principes et la réalité.
Q/ Durant vos investigations, avez-vous cherché à connaître la scène de crime ?
R/ La scène du crime était à dix mètres du lieu du traitement de la cible. Les auteurs ont affirmé que tout s'est passé à cet endroit-là.
Le 27 février 2023, vous avez amené le suspect à renoncer à son avocat ?
R/ On ne l'a pas amené à renoncer. Ce n'est pas un vulgaire bandit. On appelait certaines d'entre vous au télephone qu'on veut faire entendre vos clients. Il y a même tout un service traiteur disponible. Vous ne pouvez pas dire cela Me.
Q/ Pensez-vous avoir bien mené l'interrogatoire du Colonel Danwe?
R/ Il avait la liberté de ses réponses.
R/ Confirmez-vous qu'il a changé son audition du 29 janvier?
R/ Je préfère qu'on dise qu'il a modifié.
Q/ Les termes de la 3ᵉ audition du Colonel Danwé. Vous confirmez ?
R/ Oui, je le confirme.
Il y a donc eu suspension à 19h47 pour permettre au témoin de retrouver une déclaration dont a évoqué Me Tchoungang.
Me Tchoungang a voulu aussi attribuer les travaux de l'expert Oloumiu au 34e témoin, mais la vigilance du Tribunal l'a stoppé net.
*Reprise de l’audience : 20h05
Q/ Dites au tribunal les raisons pour lesquels, vous dites ce que le DGGRE n'a pas dit.
C'était une citation que Me Tchoungang voulait attribuer au 34e témoin. Vigilant, le 34e témoin a dit qu'il s'agit d'une citation et que cette citation ne constitue pas sa synthèse de son rapport.
Il y a donc eu objection de Me Manyim
- la défense doit poser des questions pour lesquelles elle est habilitée.
Pour Me Kenmoe : Me Tchoungang ne peut pas poser des questions au nom et à la place de Me Mbuny qui a terminé sa cross-examination.
Pour réagir, Me Mbuny a dit:
Nous sommes de la défense et vous de la partie Civile. C'est aussi ça la solidarité.
Toutes ces observations ont été rejetées par le PT Missé.
Me Tchoungang : Confirmez-vous que vous avez déféré le suspect le 03 février 2023 ?
R/ Je confirme.
Le suspect était à la gendarmerie ?
R/ Non.
Pour revenir sur la question des 3 millions, le 34 e témoin affirme que : les 3 millions que vous Me ont évoqués ne représentent pas l'aide au galon du Colonel Danwé, mais la planification de l’opération.
Ce dernier en fait des affirmations et c'est dans un PV
La cause a été renvoyée aux 31 août et 1er Septembre 2026 pour la continuation des débats et la suite de la contre-interrogation du témoin Otoulou par la défense, à 10h00.
NB : Ce décalage des dates du 24 au 25 août est dû au fait que les membres de la collégialité siègent dans d'autres procès.
Par Polycarpe Xavier A »









