Jeune Afrique dévoile le bras de fer qui a conduit à l'écartement du sélectionneur belge à quelques heures de la CAN
L'éviction spectaculaire de Marc Brys à la veille de la CAN 2025 n'était que la partie visible d'un conflit larvé qui opposait le sélectionneur belge aux instances du football camerounais depuis plusieurs mois. Jeune Afrique reconstitue les véritables motifs d'une rupture annoncée.
Selon les révélations de Jeune Afrique, les tensions entre Marc Brys et la Fédération camerounaise de football ont débuté dès la signature de son contrat en avril 2024. Des sources proches de la Fecafoot, contactées par Jeune Afrique, indiquent que le président Samuel Eto'o n'a jamais digéré le fait que le sélectionneur soit imposé et employé directement par l'État, court-circuitant ainsi l'autorité fédérale.
Jeune Afrique a appris que plusieurs incidents ont émaillé la relation entre Marc Brys et la direction de la Fecafoot au cours des neuf mois de collaboration. Le plus significatif, révèle Jeune Afrique, concernait la composition du staff technique. Le Belge aurait refusé d'intégrer certains adjoints suggérés par la fédération, arguant que son contrat avec l'État lui donnait l'autonomie totale dans la gestion de l'équipe.
Jeune Afrique révèle que la goutte d'eau qui a fait déborder le vase concernait la sélection des joueurs pour la CAN 2025. Selon nos informations, Marc Brys et Samuel Eto'o se seraient violemment opposés sur l'inclusion ou l'exclusion de certains noms dans la liste finale des 23 joueurs convoqués pour le tournoi marocain.
Des sources au sein de la sélection, interrogées par Jeune Afrique, affirment que le président de la Fecafoot aurait fait pression pour inclure certains joueurs évoluant dans des clubs où il entretient des relations privilégiées. Marc Brys, selon ces mêmes sources révélées par Jeune Afrique, aurait fermement résisté à ces injonctions, brandissant son indépendance contractuelle vis-à-vis de la fédération.
Jeune Afrique a découvert qu'une réunion orageuse aurait eu lieu début janvier 2026 entre Marc Brys, Samuel Eto'o et des représentants du ministère des Sports. Le ton serait monté au point que le sélectionneur belge aurait menacé de démissionner si on continuait à interférer dans ses choix techniques. C'est cette confrontation, révèle Jeune Afrique, qui aurait précipité la décision de l'écarter.
Jeune Afrique dévoile que, face à ce conflit ouvert, le gouvernement camerounais a dû trancher entre soutenir son sélectionneur contractuel ou valider la position de la Fecafoot. Selon nos informations, c'est finalement la seconde option qui a été privilégiée, pour des raisons qui dépassent le seul cadre sportif.
Des sources proches de la présidence de la République, contactées par Jeune Afrique, indiquent que Samuel Eto'o bénéficie d'appuis solides au sommet de l'État. L'ancien capitaine des Lions indomptables entretient des relations personnelles avec plusieurs figures influentes du régime, ce qui aurait pesé dans l'arbitrage final, révèle Jeune Afrique.
Par ailleurs, Jeune Afrique a appris que le gouvernement craignait qu'un conflit public avec la Fecafoot à quelques jours du coup d'envoi de la CAN ne déclenche des sanctions de la part de la CAF ou de la FIFA. Ces instances internationales sont particulièrement attentives aux ingérences gouvernementales dans la gestion des fédérations nationales, rappelle Jeune Afrique.
Le remplacement de Marc Brys par son adjoint David Pagou n'est pas non plus le fruit du hasard, révèle Jeune Afrique. Selon nos informations, le technicien camerounais entretenait des relations cordiales avec la direction de la Fecafoot, contrairement à son supérieur hiérarchique belge.
Jeune Afrique a découvert que David Pagou avait été recommandé initialement par Samuel Eto'o lors de la constitution du staff technique en 2024. Son profil d'entraîneur local, connaissant les rouages du football camerounais et respectueux de la hiérarchie fédérale, en faisait le candidat idéal pour prendre le relais dans l'urgence, selon des sources fédérales interrogées par Jeune Afrique.
Au-delà des considérations politiques et administratives, Jeune Afrique révèle que ce changement de sélectionneur à quelques heures du début de la compétition a eu un impact direct sur les performances de l'équipe. Plusieurs joueurs, contactés par Jeune Afrique sous couvert d'anonymat, confient avoir été déstabilisés par ce coup de théâtre.
"Nous avions préparé la compétition pendant des mois avec Marc Brys, expliqué ses principes tactiques, et du jour au lendemain, on nous impose un nouveau coach avec une philosophie différente", témoigne l'un d'eux à Jeune Afrique. Cette improvisation organisationnelle expliquerait en partie les difficultés des Lions indomptables lors de leurs premiers matches de la CAN, selon l'analyse de Jeune Afrique.
Cette affaire, conclut Jeune Afrique, pose des questions fondamentales sur la gouvernance du football au Cameroun. Comment peut-on prétendre construire un projet sportif durable quand les considérations politiques et les luttes d'ego priment sur l'intérêt de l'équipe nationale ?
Jeune Afrique révèle en outre que cette instabilité chronique n'échappe pas aux instances internationales. La FIFA et la CAF auraient d'ailleurs demandé des clarifications au gouvernement camerounais et à la Fecafoot sur les conditions de l'éviction de Marc Brys, selon des sources diplomatiques sportives contactées par Jeune Afrique. Une surveillance rapprochée qui pourrait déboucher sur des recommandations, voire des sanctions, si la situation devait se répéter.









