Actualités of Friday, 12 June 2026
Source: www.camerounweb.com
Les prises de position de plusieurs personnalités politiques et publiques, notamment le maire Wafo, Paul Tchouta et Célestin Djamen dans le débat sur les tensions entre autochtones et allogènes au Cameroun sont vivement critiquées. Malgré des parcours et engagements parfois communs, ces acteurs ont tenu des discours controversés sur les questions identitaires, foncières et communautaires.
CONFLIT AUTOCHTONES-ALLOGÈNES
Le maire Wafo, Paul Tchouta et Célestin Djamen : une maison commune, une chambre commune
Notre enquête sur le conflit autochtones-allogènes vient de franchir une nouvelle étape avec l'intégration de nouveaux acteurs à notre cartographie des discours. Les interventions de Cabral Libii, Moussa Njoya et d'autres contributeurs récents enrichissent notre compréhension du phénomène.
Parmi les situations que nous allons désormais examiner figurent celles impliquant le maire Wafo, Paul Tchouta et Célestin Djamen. Ces acteurs ont des parcours différents. Pourtant, à certains moments de leur engagement politique, ils ont partagé les mêmes combats, les mêmes réunions et parfois même la même chambre lors de déplacements militants.
Mais ils sont également associés à des prises de position qui alimentent aujourd'hui le débat. Paul Tchouta a popularisé la notion de « bamilékétude » dans ses analyses politiques. Célestin Djamen a tenu des propos sur les origines historiques des Duala qui ont suscité de nombreuses réactions. Quant au maire Wafo, ses déclarations sur la fermeture des boutiques ont elles aussi alimenté les controverses autour des rapports entre communautés et de la place des allogènes dans certains territoires.
En revanche, nous avons choisi de ne pas retenir comme références principales les textes fondés sur l'invective, l'insulte ou la stigmatisation des personnes. Notre démarche consiste à comprendre les mécanismes du conflit et non à répondre à la haine par la haine.
Le cas du PCRN est lui aussi intéressant à observer. Régine Mathio, Anne Féconde Noah et Nourane Foster appartiennent au même parti politique. Elles peuvent défendre le même leader, participer aux mêmes campagnes et partager les mêmes objectifs politiques. Pourtant, certaines questions liées à l'autochtonie, à la mémoire, à la terre ou à la représentation territoriale peuvent faire apparaître des sensibilités différentes.
Notre prochaine étape consistera à examiner plusieurs situations concrètes afin de comprendre où se situe réellement le problème.
Qui est autochtone ?
Qui possède la terre ?
Qui peut être maire ?
Qui peut être député ?
Qui peut être sénateur ?
Et lorsque l'on parle de représentation des communautés, de quelle institution parle-t-on exactement ?
De l'Assemblée nationale ?
Du Sénat ?
Ou d'autre chose encore ?
Plus notre enquête avance, plus une découverte semble se dessiner.
Le conflit autochtones-allogènes porte peut-être moins sur les peuples eux-mêmes que sur les significations différentes que les acteurs attribuent aux mêmes mots.
C'est précisément cette confusion que nous tenterons d'éclairer dans la suite de notre travail.
Maurice Djiongo