Actualités of Friday, 11 September 2026
Source: www.camerounweb.com
Mis en cause par d’anciens dirigeants de la Fécafoot pour un versement de plus de 500 000 euros lié au match Cameroun-Russie d’octobre 2023, le président de la fédération camerounaise a répliqué sur les réseaux sociaux, dénonçant une campagne coordonnée en raison de son soutien affiché à Gianni Infantino et de sa défense des intérêts africains.
C’est une affaire qui éclabousse une nouvelle fois la gestion de Samuel Eto’o à la tête de la Fédération camerounaise de football. Selon des informations révélées par le quotidien britannique The Times, deux paiements de 455 056 euros et 112 514 euros, soit un total de plus de 567 000 euros, auraient été versés sur le compte bancaire personnel de l’ancien attaquant à la Qatar National Bank de Doha. Ces sommes correspondraient à 80 % de la rémunération du match amical Russie-Cameroun, disputé à Moscou en octobre 2023 .
L’argent « disparu » et les plaintes ignorées
D’anciens dirigeants de la Fécafoot, qui affirment avoir été contraints au départ sous la présidence d’Eto’o, soutiennent qu’aucune preuve comptable ou bancaire ne démontre que ces fonds ont ensuite été transférés vers un compte officiel de la fédération ou enregistrés dans sa comptabilité . « Ni la Fécafoot ni Samuel Eto’o n’ont nié l’existence ou l’authenticité de ces transactions », a déclaré Guibai Gatama, ancien membre du comité exécutif, au Times .
Ces anciens responsables affirment avoir saisi la commission d’éthique de la FIFA il y a plus d’un an, sans recevoir la moindre réponse. Une plainte distincte avait également été déposée en 2024 par l’ancien vice-président Henry Njalla Quan Junior, portant sur des accusations de trucage de matchs et d’abus de pouvoir .
Le lien avec Infantino au cœur des interrogations
Le timing de ces révélations interpelle. La semaine précédente, le nom d’Eto’o avait été cité dans des documents judiciaires déposés par la FIFA devant un tribunal de New York, en lien avec son soutien au projet Fifa Forward Enterprise de Gianni Infantino, un plan avorté de cession de parts de la Coupe du monde à des investisseurs privés .
Ce soutien affiché au président de la FIFA alimente les soupçons de protection. « Lorsque des accusations aussi graves et documentées ne donnent lieu à aucune enquête visible, alors que le responsable concerné continue d’être publiquement mis en avant par la FIFA, il devient légitime de parler de protection », estime Gatama . Un porte-parole de la FIFA a rejeté toute influence d’Infantino sur les organes disciplinaires, rappelant leur indépendance .
Eto’o dénonce une campagne ciblée
Face à ce qu’il qualifie d’acharnement, Samuel Eto’o a répliqué jeudi soir sur les réseaux sociaux. « Il a suffi que je prenne la parole pour défendre nos intérêts, les intérêts de l’Afrique, pour qu’ils soient tous de sortie », a-t-il écrit. « Comme par hasard, les mêmes attaques, les mêmes éléments de langage, relayés presque simultanément par des journalistes qui leur sont acquis. Si certains avaient encore des doutes sur la réalité de ce que nous dénonçons, en voici une nouvelle illustration » .
Le président de la Fécafoot inscrit ces attaques dans un contexte plus large de résistance aux ingérences extérieures. « Ceux qui passent leur temps à nous donner des leçons de démocratie semblent avoir beaucoup plus de mal à l’accepter lorsqu’un Africain s’exprime librement, défend ses convictions et refuse de se taire. Nous avons le droit de parler. Nous avons le droit de défendre nos intérêts. Nous avons le droit de penser et de décider pour notre football » .
Ce nouvel épisode s’ajoute à une série de controverses qui jalonnent le mandat d’Eto’o depuis son élection en 2021. Condamné en Espagne en 2022 à 22 mois de prison avec sursis pour fraude fiscale, il a également été visé par une amende de 200 000 dollars de la CAF en 2025, finalement annulée, pour un contrat d’ambassadeur avec le site de paris 1XBET . Le site Sportingintelligence avait par ailleurs rapporté une demande d’enquête du FBI sur la disparition présumée d’une prime de 600 000 dollars liée à un match Mexique-Cameroun en 2023 .
Pour l’heure, ni Eto’o ni la Fécafoot n’ont répondu aux sollicitations du Times sur la destination exacte des fonds russes . La commission d’éthique de la FIFA, gardienne du silence depuis plus d’un an, n’a pas non plus communiqué sur l’état des procédures. Une chose est certaine : l’affaire ne fait que commencer.