C'est à Elecam que cela se produit. Elections Cameroon, cet organisme indépendant chargé de l'organisation, de la gestion et de la supervision des élections et des référendums dans le pays, est vivement critiqué depuis le dévoilement de ce salaire ignoble.
Selon Boris Bertolt, les vigiles de cette entité publique dénoncent des salaires de 35 000 francs CFA versés tous les trois mois.
Des agents chargés de la surveillance des antennes d'Elections Cameroon à Douala dénoncent une rémunération faible, l'absence de repos et des années de travail sans bulletin de paie. Ils assurent la surveillance de locaux d'Elecam, mais disent attendre une amélioration de leur propre situation professionnelle depuis plusieurs années.
Les vigiles affectés aux antennes des premier, deuxième, troisième, quatrième et cinquième arrondissement de Douala travaillent dans des conditions qu'ils jugent particulièrement difficiles.
Premier grief, une rémunération annoncée de 35 000 francs CFA par mois, soit environ 1 167 francs par jour, sur une base de 30 jours. Les intéressés affirment pourtant ne bénéficier d'aucun jour de repos. Les horaires précis, l'existence de rotations et les modalités de remplacement restent à établir.
À cette faiblesse du revenu s'ajouterait l'irrégularité de sa disponibilité. D'après leur récit, le salaire serait versé une fois par trimestre, à hauteur de 105 000 francs CFA. Les travailleurs devraient ainsi attendre trois mois pour percevoir une rémunération destinée à couvrir leurs dépenses quotidiennes et celles de leurs familles.
Environ deux semaines après ce versement, ils seraient rappelés pour recevoir 15 000 francs supplémentaires, présentés comme une prime trimestrielle. Rapportée au mois, cette somme représente 5 000 francs. Si ces deux composantes sont intégralement versées, la rémunération totale annoncée atteint donc 40 000 FCFA par mois, soit 120 000 FCFA par trimestre et 480 000 FCFA par an pour chaque agent.
Pour ces pères de famille, le problème porte autant sur le montant que sur le calendrier des paiements : nourriture, transport, logement et scolarité doivent être financés pendant les semaines d’attente.
Les vigiles affirment également ne recevoir aucun bulletin de paie, malgré plusieurs années de service. Cette absence laisse sans réponse des questions essentielles : quelle qualification leur est attribuée ? Comment leur rémunération est-elle calculée ? Quelles cotisations sociales sont déclarées et versées ?
Une démarche a pourtant été engagée avant octobre 2025. Selon les intéressés, il leur avait été demandé de déposer individuellement une demande d’embauche. Ils assurent avoir remis les dossiers, sans avoir reçu depuis de réponse clarifiant leur situation. La nature de cette démarche — recrutement, régularisation ou constitution d’un dossier administratif — n’est pas précisée dans les éléments disponibles.
Le témoignage signale enfin l’absence de toilettes accessibles aux vigiles dans certaines antennes, ajoutant une difficulté matérielle aux préoccupations salariales.
Les vigiles demandent que leur situation soit examinée et leurs conditions d’emploi clarifiées.









