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Source: www.camerounweb.com

30 octobre 1991 : comment la tripartite a permis à Paul Biya d’éviter la conférence nationale souveraine, selon Jeune Afrique

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En ce début d’année 1991, le vent de la démocratie souffle sur le Cameroun, rappelle Jeune Afrique. Le magazine précise qu’en décembre 1990, Paul Biya avait accepté de légaliser le multipartisme pour calmer la contestation née de l’arrestation puis du procès de l’avocat et opposant Yondo Black, et qu’il répondait aussi au discours de La Baule de François Mitterrand.

Un refus net de la conférence souveraine. Selon Jeune Afrique, le président camerounais, conscient de l’air du temps défavorable au parti unique, entendait ne pas se laisser embarquer dans une aventure démocratique qu’il pourrait ne pas maîtriser. Alors que d’autres chefs d’État africains acceptaient les conférences nationales, il a refusé, estimant qu’un tel événement serait sans objet puisque le multipartisme avait cours. Le magazine rapporte que le 27 juin 1991, il a rejeté publiquement la conférence nationale souveraine réclamée par l’opposition, portée par Samuel Eboua, John Fru Ndi, Mboua Massock ou Jean-Jacques Ekindi.

Villes mortes et état d’urgence de fait. Jeune Afrique indique que plusieurs mois de manifestations et d’émeutes ont agité les grandes villes, avec grèves générales et arrestations en masse. « On parle de centaines de morts », écrit le magazine, sans donner de bilan précis. Face à l’ampleur des mobilisations, le président a décrété, selon lui, un état d’urgence de fait et créé des « commandements militaires opérationnels ». Lors d’une visite à Douala le 20 septembre, il a dénoncé les villes mortes et appelé à la réconciliation.

Une tripartite de 300 délégués. D’après Jeune Afrique, elle s’ouvre le 30 octobre 1991 au Palais des Congrès de Yaoundé, avec environ 300 délégués du gouvernement, de l’opposition et de la société civile. Le Premier ministre Sadou Hayatou, nommé cinq mois plus tôt, en est le personnage central et préside les travaux. Paul Biya, lui, ne participe pas aux discussions. Le magazine y voit une façon de ne pas se retrouver personnellement engagé dans les compromis négociés. Il cite parmi les participants John Fru Ndi, Samuel Eboua, Adamou Ndam Njoya, Hamadou Moustapha et le cardinal Christian Tumi.

Une déclaration qui ne change pas le fond. Selon le magazine, la déclaration finale, signée le 13 novembre 1991, prévoit des mesures d’apaisement, une évolution du code électoral et une révision constitutionnelle, sans transférer le pouvoir à une instance de transition ni remettre en cause la position institutionnelle de Paul Biya. Jeune Afrique estime que le compromis ne fixait pas de cadre assez contraignant pour garantir son application et conclut : « Paul Biya a conservé le contrôle. »