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Actualités of Friday, 1 October 2021

Source: Info Matin

1er Octobre 2021: vers une montée de la tension dans le Noso ce jour

Selon nos sources, l’idéologie séparatiste est marginale dans le Noso Selon nos sources, l’idéologie séparatiste est marginale dans le Noso

Alors que les autorités interdisent toute manifestation dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, les sécessionnistes maintiennent la célébration de leur ‘’indépendance”.

Le Cameroun tout entier a le regard tourné vers le Nord-Ouest et le Sud-Ouest (Noso), aujourd’hui. Et, pour cause, depuis 4 ans, les séparatistes s’entêtent à célébrer chaque 1er octobre l’indépendance de l’Ambazonie. En réalité, un État virtuel qui n’existe que dans l’esprit des écervelés. Selon nos sources, l’idéologie séparatiste est marginale dans le Noso.

Mais, des exactions sont d’autant plus à craindre que les sécessionnistes s’en prennent, avec une barbarie inouïe, aux civils qui boycottent leur mot d’ordre. Prenant ses responsabilités, le préfet de la Mezam (Nord-Ouest), Emile Mooh, a interdit, ce 29 septembre, toute manifestation «jusqu’à nouvel ordre». D’autres chefs de terre, dans la zone anglophone, ont fait de même. Pour leur part, les forces de sécurité et de défense sont parées, afin que force reste à la loi.

Bon à savoir, le 1er octobre 1961 marque la Réunification du Cameroun oriental (sous tutelle de l’Onu, mais administré par la France et indépendant le 1er janvier 1960) et le Cameroun occidental (sous administration de la grande Bretagne). Cette fusion historique donne naissance à un État fédéral.

Conséquence, le drapeau (vert-rouge-jaune) du Cameroun porte deux étoiles d’or sur sa partie verte. Symbolisant les deux États fédérés. Les artisans de la Réunification sont John Ngu Foncha, côté Cameroun oriental, et Ahmadou Ahidjo, Cameroun occidental. Avec les évolutions de l’histoire, le pays de Ruben Um Nyobe passe de la fédération à l’unification, en 1972.

Malheureusement, la belle dynamique de l’unité nationale est remise en cause, dès 2016, par des hérétiques. Surfant sur des revendications corporatistes, notamment celles des enseignants et des avocats, des sécessionnistes veulent redéfinir, par la force des armes, les frontières, héritées des pères de la Réunification. Un dessein qui rencontre l’opposition de l’immense majorité des Camerounais.

Grand dialogue national

Pour sa part, le président de la République, Paul Biya, a tendu la main aux bandes armées, en les conviant, entre autres, à un grand dialogue national, tenu du 30 septembre au 4 octobre 2019 à Yaoundé.

Quelques recommandations phares ont, d’ores et déjà, fait l’objet d’application, à savoir la promulgation de la toi portant Code général des collectivités, qui attribue un statut spécial aux deux régions anglophones, la démobilisation et la réinsertion des rebelles, l’élection de 900 conseillers régionaux lors du scrutin du 6 décembre 2020, l’annulation des postes de délégués du gouvernement au profil des maires élus, la promulgation de la loi portant promotion des langues officielles le 24 décembre 2019, le recrutement de 500 traducteurs et traducteur-interprètes sur une période de 5 ans, la nomination, le 10 juillet 2021 de publics indépendants conciliators en les personnes de Simon Tanfu dans le Nord-Ouest et de Dorothy Atanbong dans le Sud-Ouest.

Malgré ces bonnes volontés de Yaoundé, et deux ans après le grand dialogue national, les armes se font toujours entendre dans le Noso. Le conflit a, même, pris un tournant, avec l’utilisation, par les séparatistes d’armes sophistiquées, suivie de la montée en puissance des forces de défense.

Selon des Ong, la crise dite anglophone a déjà fait 4000 morts et près de 6000 déplacés.

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