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Henri Hogbe Nlend

Henri Hogbe Nlend

Henri Hogbe Nlend
Date de naissance:
1939-12-23
Lieu de naissance:
Cameroun

Henri Hogbe Nlend est un mathématicien et un homme politique camerounais. Il est né le 23 décembre 1939 à Ibaikak, dans le département de la Sanaga-Maritime. Il est marié et père de trois enfants.

En septembre 1969, il fut le premier camerounais à obtenir le titre de docteur d'État en sciences en mathématiques. Sa thèse en analyse intitulé « Complétion, tenseurs et nucléarité en bornologie », est soutenue à l'université de Bordeaux, sous la direction de Jean Colmez et de Laurent Schwartz, et est publiée au Journal de mathématiques pures et appliquées.

Le mathématicien a exercé à l'université de Bordeaux en qualité de maître de conférences de 1969 à 1974, puis de professeur titulaire de 1974 à 1997. Il est l'un des principaux fondateurs de l'école bordelaise d'analyse fonctionnelle école qu'il a développée avec ses premiers élèves Jean François Colombeau, Jean-Pierre Ligaud, Jean Esterle, Mohamed Akkar, Bernard Perrot, Vincenzo Moscatelli et entre autres celle qui devint plus tard son épouse, Marie-Thérèse Saux, agrégée de mathématiques. Il a été le premier noir Africain titulaire d'une chaire scientifique en France (Chaire N°170 PR 0028). En 1994, il a été élu directeur de l'UFR en mathématiques et informatique de l'université de Bordeaux. Henri Hogbe-Nlend est membre de la Société mathématique de France (SMF) et de « American Mathematical Society » (AMS).

Il a ensuite exercé à l'université de Yaoundé en 1977-1978 dans le cadre d'une convention de coopération entre l'université de Bordeaux et celle de Yaoundé. Depuis 1976, il est le représentant du Cameroun à l'Union mathématique internationale. Il a été le premier président de l'Union mathématique africaine en 1976 pendant 10 ans ; premier président de la commission Développement et échanges de l’union mathématique internationale de 1978 à 1986 ; premier président du Centre international de mathématiques pures et appliquées (CIMPA) de Nice sous les auspices de l'Unesco de 1979 à 1988. Il a aussi été le rapporteur général du colloque international Culture et Développement organisé à Dakar en octobre 1976 à l'occasion du 70e anniversaire de Léopold Sédar Senghor, colloque dont l'un des thèmes portait sur Négritude et mathématique.

Henri Hogbe Nlend est aussi co-fondateur de l'Association africaine pour l'avancement des sciences et des techniques (AAAST) Dakar, de l'Académie africaine des sciences en Nairobi et de l'Académie des sciences du Cameroun (Douala, 1990). Il a été en 1979, avec le lauréat du prix Nobel de physique Abdus Salam, membre du groupe des conseillers scientifiques de l'Unesco et co-lauréat de la médaille Albert Einstein. De 1980 à 1986, il a été vice-président et rapporteur général du comité consultatif de l'ONU sur la science et la technique au service du développement. Membre du conseil scientifique du Centre Mondial Informatique et Ressource Humaine de Paris présidé par Jean-Jacques Servan-Schreiber, il invita ce dernier à une session de ce comité de l'ONU à New York en 1985 pour présenter ses thèses sur la Révolution informatique et la problématique du Développement. En 1987, Henri Hogbe Nlend a été le coordinateur scientifique du Premier congrès des hommes de science en Afrique tenu à Brazzaville du 25 au 30 juin 1987 sous le patronage de l'OUA et de l'Unesco.

Sous les l’appui du Conseil international pour la science, Henri Hogbe Nlend a effectué en 1988 une mission scientifique en Afrique du Sud à l'époque de l'apartheid en vue de préparer les premières rencontres scientifiques non gouvernementales entre les scientifiques africains et les scientifiques d'Afrique du Sud, blancs et noirs, opposés à l'apartheid.

En octobre 1997 et octobre 2011, Henri Hogbe Nlend a été candidat à l'élection présidentielle au Cameroun, pour le compte du parti historique, l'Union des populations du Cameroun (UPC), élection de 1997 dans laquelle il est officiellement sorti second après le Président sortant réélu. En décembre 1997, il a été invité à participer au Gouvernement en qualité de Ministre de la recherche scientifique et technique. C'est sous sa direction que furent notamment lancés les importants programmes scientifiques tels que: dégazage des Lacs Nyos et Monoun, surveillance permanente du volcan Mont-Cameroun, cartographie géographique et géologique détaillée du Cameroun, programme national de recherche sur le sida comprenant notamment la création du Centre de Recherches sur la Santé des Armées (CRESAR), programme national de recherche sur le palmier à huile, création, avec le concours de l'Union Européenne du Centre africain de Recherches sur les Bananes Plantains (CARBAP), création avec le concours de la Banque Mondiale du Prix de la recherche agricole sur base compétitive avec en priorité la recherche sur les cultures vivrières, réalisation avec le concours de l'Organisation de l'Unité Africaine d'une Encyclopédie des plantes médicinales du Cameroun, relance avec le concours de l'Unesco de la recherche camerounaise en sciences sociales et humaines, handicapée depuis 1990, année de la dissolution par le Gouvernement de l'Institut des Sciences Humaines (ISH).

En octobre 2001, le Comité consultatif international pour le Dégazage des lacs-tueurs NYOS et MONOUN, patronné par le Pr Henri Hogbe Nlend a été co-lauréat du Prix des Nations Unies « Sasakawa Award for Disaster Reduction ». Il a quitté le Gouvernement le 22 août 2002 et poursuit depuis lors son œuvre scientifique et universitaire nationale et internationale et l'animation de son parti politique, l'Union des Populations du Cameroun (UPC). Henri Hogbe Nlend est membre d’Amnesty International.

Henri Hogbe Nlend a assumé d'importantes responsabilités au sein du mouvement historique de libération nationale notamment : président de la Jeunesse démocratique du Cameroun(JDC, Jeunesse de l'UPC) au Lycée Leclerc de Yaoundé en 1959, président de la section de France de l'UPC en 1962-1963, représentant permanent de l'UPC auprès du gouvernement Ben Bella en Algérie, auprès du gouvernement du Congo- Brazzaville dirigé auprès du l'Organisation de solidarité des peuples afro-asiatiques de 1963 à 1966.

BIBLIOGRAPHIE

- Les Fondements de la bornologie moderne, Bordeaux, Université de Bordeaux, département de mathématiques, 1970.

- Théorie des bornologies et applications, Berlin, Springer-Verlag (Lecture Notes in Mathematics Vol.213), 1971. MR 625157 | Zbl 0225.46005

- Les Racines historiques de la bornologie moderne. Séminaire Choquet. Initiation à l'analyse, 10 no. 1 (1970-1971), Exposé No. 9, 6 p2.

- Topologies et bornologies nucléaires associées. Applications, Annales de l'Institut Fourier, 23 no. 4 (1973), p. 89-1043

- Mathématiques et développement de l'Afrique, Actes du Premier Congrès panafricain des mathématiciens, Université Mohamed V, Rabat, 26-31 juillet 1976

- L'Afrique, berceau de la mathématique mondiale?, Université des Nations unies, Tokyo. Comité spécial sur l'Afrique, Nairobi: 10-15 novembre 1985

- Rapport Final du Premier Congrès des hommes de science en Afrique, Brazzaville, 25-30 juin 1987.Publication Unesco Paris octobre 1987

- Programme stratégique du Gouvernement en matière de science et de technologie pour le développement 1997-2004, Ministère de la Recherche scientifique et technique, Yaoundé, Cameroun (1997)

- Programme minimum d'action pour la renaissance scientifique de l’Afrique, Commission de l’Union Africaine, Addis-Abeba, 2004, Actes de la Conférence des Intellectuels d’Afrique et de la Diaspora (CIAD), Dakar, 6-9 octobre 2004.