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Regional News of Tuesday, 3 December 2019

Source: camer.be

Pénurie de carburant à Bertoua!

Le carburant manque dans la ville de Bertoua depuis le vendredi 29 novembre 2019. La nouvelle de cette pénurie circulait encore comme une rumeur au sein de la population, mais c’est depuis le depuis du weekend que les consommateurs vont le pied de grue dans les stations-services afin de se procurer le précieux liquide: « J’ai déjà parcouru toutes les stations mais le tableau est le même, je préfère venir m’aligner ici et attendre car il y a une petite réserve que l’on vend », laisse entendre Souley Dandjouma, un exploitant de moto taxi rencontré dans une station-service au quartier Yadémé à Bertoua. Les cuves des différentes stations-services sont vides, les pompistes se tournent les pousses, l’activité est au ralenti.

Le personnel semble être surpris par cette pénurie: « C’est vrai que les citernes ne sont pas arrivées mais nous ignorons les raisons, et par conséquent je ne peux pas vous en dire plus », confesse Julien Bissoga, un pompiste dans une stationservice au quartier Nkolbikon. Dans le même univers, l’on appelle à la patience des consommateurs car les camions de livraison sont en chemin : « Dans les prochaines heures, les camions citernes vont faire leur entrée et nous serons ravitaillés ce n’est qu’une question de temps », rassure le gérant d’une station au quartier Bamvélé.

Une réaction qui ne calme pas les ardeurs des populations qui ont du mal à se contenir : « C’est la même chose qu’on nous dit partout et ce depuis quelques jours », martèle avec colère Jacques Woulbessong, un consommateur. « Ce refrain est rayé, il ne passe plus, nous allons encore croire à ces gens lorsque nous allons voir le carburant être servi », se résume Paul Tchatat, un taximan moto.

Hausse des prix

Cette pénurie de carburant a eu des répercussions sur le coût du transport urbain car la course de moto qui était payé à 100 FCFA est passée à 150 FCFA voir plus, selon les distances. Une augmentation qui est justifiée par les manœuvres de certains pompistes véreux et mal intentionnés : « Dans certaines stations des pompistes ont fait des réserves de carburant qu’ils ont caché et ils nous vendent le litre à 1300 FCFA, et dans le secteur informel dans les quartiers le litre s’achète à 1500 FCFA, voilà pourquoi nous aussi on a revu à la hausse le prix », se justifie Paul Tchatat.

Cette pénurie de carburant à Bertoua n’est pas isolée car elle a déjà secoué la ville d’Abong Mbang mercredi dernier. Là-bas, les populations sont même descendues dans les rues pour exprimer leur colère.

D’une manière générale le tableau de ravitaillement en services sociaux de base est sombre dans la région de l’Est : l’eau, du moins l’eau potable n’est pas la chose la mieux partagée, l’énergie électrique n’est pas disponible de manière permanente et les multiples délestages créent un environnement propice à une recrudescence de l’insécurité. Une tentative de soulèvement des populations du quartier Nkolbikon a été savamment étouffée à Bertoua par les forces de sécurité au niveau des agences de voyages la semaine dernière.

Batouri, Yokadouma, Bélabo et bien d’autres localités de la région de l’Est sont dans le même bateau de revendications que Bertoua et Abong Mbang.