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Regional News of Wednesday, 9 January 2019

Source: Mutations n° 4768

Kidnapping: le gouverneur de l’Adamaoua tance le maire de Belel

Kildadi Taguiéké Boukar reproche à Abbo Aboukara de défier les autorités administratives dans la lutte contre les enlèvements.

Depuis quelques temps, le gouverneur de la région de l’Adamaoua, Kildadi Taguiéké Boukar est très remonté contre le maire de la commune de Belel, dans le département de la Vina. L’on reproche à Abbo Aboukara, par ailleurs président du Conseil d’administration de Camrail, de compromettre l’action des autorités administratives et des forces de sécurité dans la lutte contre l’insécurité et principalement les prises d’otages.

Cela fait suite à une récente sortie médiatique du maire de Belel qui a déploré l’enlisement de l’insécurité dans sa commune. Au cours d’une interview accordée à la presse au sortir d’un conseil municipal, Abbo Aboubakar avait alors indiqué : «nos recettes ont complètement chuté, presque disparu parce que les éleveurs ont déserté les prairies, les commerçants ont déserté les marchés à bétail. C’était notre principale source de recettes. Nos populations ont également déserté les villages et ont replié en ville (Ngaoundéré, Belel-centre ou Meiganga)».

Ce qui n’a pas été du goût du gouverneur qui est monté au créneau pour tancer le magistrat municipal. Dans une correspondance datée du 3 janvier, le gouverneur Kildadi Taguiéké Boukar a dénoncé «le comportement équivoque du maire de la commune de Belel».

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L’autorité administrative indique à son sujet que «des informations concordantes et dignes d’intérêt révèlent que Abbo Aboubakar, maire de la commune de Belel s’illustre comme une personnalité désormais convertie à la désinformation de la population relativement à la lutte contre l’insécurité dans notre région ».

Kildadi Boukar indique également que le maire de Belel n’est pas à son premier forfait du genre puisque, précise-t-il, «de manière constante, Abbo Aboubakar prend le malin plaisir à inciter les populations à défier les autorités locales et les forces de sécurité et de défense au mépris du sens du patriotisme et du loyalisme». Et que la duplicité de cette personnalité rend difficile la lutte acharnée que l’Etat mène contre le phénomène d’enlèvement des personnes avec demande de rançon. Le gouverneur considère cette attitude comme un manque de loyalisme alors qu’il se serait attendu à ce que Abbo Aboubakar soit le dernier rempart dans la défense de l’Etat.

L’autorité administrative enjoint donc au préfet du département de la Vina de «rappeler à l’intéressé à s’amender et de s’abstenir de toute action contraire aux idéaux de paix et de cohésion nationale si chers au président de la république, Paul Biya».