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Actualités Régionales of Wednesday, 15 September 2021

Source: Le Point

Cameroun - Misère dans l'Extrême-Nord: Abdoulaye Yaouba, indésirable

Ça cogne dur sur Abdoulaye Yaouba et les grandes gandouras Ça cogne dur sur Abdoulaye Yaouba et les grandes gandouras

Membre du gouvernement depuis septembre 2006, le ministre délégué auprès du ministre des Finances, chargé du budget, a toujours brillé par un mutisme et un recroquevillement qui camouflent à peine son orientation nombriliste.

Et ça jase désormais au sein de l’élite de l’Extrême-nord. Abdoulaye Yaouba exacerberait désormais les siens. La dernière indélicatesse, ce dernier s’était hasardé en début du mois courant, de dresser de grands portraits de cette partie du pays dans un média de la place.

Provoquant ainsi l’ire des autres fils de cette partie septentrionale du pays, dont Pierre Hervé Madougou Yagong se veut le porte-voix. Il s’indigne de la pauvreté ambiante qui caractérise le nord Cameroun, et, dénonce dans la foulée, le mutisme des dignitaires du grand nord pourtant aux affaires depuis de longues années, face à la spoliation à ciel ouvert de leurs terres, sous de fallacieux prétextes.

Et ça cogne dur sur Abdoulaye Yaouba et les grandes gandouras qui, désormais, seront face au boomerang de cette misère qu’ils auraient entretenues et implémentées depuis des années. L’illusion ne marche plus. Il devient donc difficile de tromper le peuple tout le temps…

Des dix Régions que compte la Cameroun, les trois Régions septentrionales sont les plus marquées par les effets nocifs de l’action pernicieuse de la crise économique et autres fluctuations des prix des ma-‘tières premières au niveau du marché mondial.

Dans cette partie du Cameroun située en zone sahélienne, son retard est une pilule amère pour nombre de ses ressortissants. Surtout que le pouvoir en place a fait du septentrion, un vivier politique. Chose qui tranche avec la misère rampante qui la caractérise. Pourtant, certains fils de cette partie nord du pays, occupent des positions stratégiques dans l’appareil de l’Etat.

Et ce, depuis de nombreuses années. Mais, ce que n’arrivent pas à comprendre les autres, c’est pourquoi le grand nord en général, reste touché par une ou un manque de façon chronique, des services essentiels. L’auteur du pamphlet, Pierre Hervé Madougou Yagong qui reprend vertement le ministre Yaouba Abdoulaye, qui a dressé un portrait biaisé de sa région d’origine le grand Nord.

Dans sa lettre ouverte, Pierre Hervé Madougou Yagong s’insurge contre un certain nombre de faits, qui ont quasiment fait lit indifféremment dans les Régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord. Aussi, demande-t-il à s’entretenir avec le ministre Yaouba Abdoulaye, «de ce septentrion des gênes et de nos gênes avec vous».

Les abysses

Sans faire dans la langue de bois comme un fidèle musulman égraine son chapelet, Pierre Hervé Madougou Yagong va s’appuyer sur la capabilité des populations pour étayer sur l’argumentation. Ainsi, il attire l’attention de Yaouba Abdoulaye, membre du gouvernement depuis septembre 2006, sur certaines situations alambiquées que vivent les populations du septentrion en général, et qui, certainement, ne les ignore pas, parce qu’étant fils et élite du septentrion.

«Si vous observez la capabilité des populations, vous vous rendrez compte que la misère est plus noire que ne l’indique les indicateurs de développement. Même quand on a de l’argent, on n’a pas accès à l’éducation. Éduqué, on n’a pas accès aux services de santé. On dispose de centre de santé, mais pas de service d’eau (le potable est un luxe de plus en plus ignoré) d’hygiène et d’assainissement encore moins d’électricité.

Le sous-emploi est la norme et le chômage des jeunes endémique. Les menaces de famine ont fait place a une réalité qui gangrènent les estomacs et métastasent dans tout le corps social». Il faut le dire, cette liste du rédacteur Pierre Hervé Madougou Yagong qui vient faire un pied de nez à son élite, n’est certainement pas exhaustive.

Le paradoxe

Mais, dans les Régions septentrionales du Cameroun, il veut faire comprendre aux différentes élites, qu’il existe des faits et bien d’autres qui fâchent dans le grand nord. Pierre Hervé Madougou Yagong qui sait qu’avec de l’argent, on peut probablement construire un certain bonheur, est ahuri que l’on puisse avoir de l’argent, mais ne pas avoir accès à un certain nombre de biens et services élémentaires, dans la région d’origine du ministre Yaouba Abdoulaye, qui indique avec légèreté, grâce aux indicateurs et statistiques pris dans les rapports de Bretton woods, les maux qui tirent vers le bas cette partie du pays.

Des faits et des situations qui le poussent à déclarer qu’il «ne suffit pas d’avoir 1,2 dollars par habitant pour pouvoir avoir accès au bien-être, simplement parce que lès services essentiels manquent de façon chronique». Avant de mettre à nu la cause réelle qui amène les grosses légumes du grand nord à fuir et à snober leurs frères et parents.

«C’est cette faible capabilité qui justifie sans doute que, vous élites du septentrion élus parlementaires surtout, vous vous décampez pour avoir résidence permanente dans les grandes métropoles du pays, loin de vos terroirs si misérables, où se traînent les populations faméliques et terrorisées, vos électeurs pourtant à qui vous ne ressemblez en rien».

Au nom du ventre

Pierre Hervé Mgdougou Yagong qui fustige le nombrilisme et même l’indolence . dont ses élites font montre, leur prouve que le temps où les grandes villes Douala et Yaoundé étaient loin des trois Régions du nord est révolu.

De nos jours, tout le monde a la capacité de migrer vers ces mêmes métropoles. D’ailleurs, on y trouve dans les rues de celles-ci, une forte population de ressortissants du septentrion, qui ne cesse d’ailleurs de grossir au jour le jour. Selon l’auteur qui reprend le membre du gouvernement, les fils du septentrion sont le gros effectif des enfants de la rue.

Preuve s’il en faut selon Madougou Yagong, que «la pauvreté du septentrion ne se combat plus seulement dans le septentrion. Cette pauvreté se combat partout dans le pays. D’où sa question «pourquoi parlez-vous du chômage des jeunes ? Le chômage des moins jeunes serait-il moins pénible ? Chômage, c’est chômage» lâche-t-il.

La pauvreté endémique de cette partie de Cameroun est telle que, pour le signataire de la lettre ouverte adressée au membre du gouvernement Yaouba Abdoulaye, le sens de dignité et de la noblesse de certains fils de ces Régions en est véritablement blessé car, ces enfants de la rue et autres ressortissants du grand Nord, «se bousculent aux rangs des plus vieux métiers du monde».

La perdition

Seulement, ces élites qui méprisent leur électorat et qui se rendent invisible pendant l’inter mandat, ont pourtant la maladresse de revenir vers ce dernier dès lors qu’il s’agit de politique. Mais, en ce qui concerne le social, elle ne se fait seulement petit, elle a l’art de se cacher quand elle ne veut pas se dissiper. Faut-il encore ici chercher à comprendre pourquoi l’élite du septentrion ne défend pas son peuple et le sacrifie au contraire ?

Très occupées en réalité par leur avenir, une source se targuant d’une parfaite connaissance de la scène politique locale souffle que le ministre délégué auprès du ministre des Finances se serait entiché d’un proche collaborateur et parent du président de l’Assemblée nationale, à l’insu de la 3e personnalité- de l’État, dans une démarche mue par des intérêts personnels.

Le Mindel/Finances «souhaite se maintenir au gouvernement qu’il a intégré grâce à l’entregent du président de l’Assemblée nationale et le second espère y faire son entrée si d’aventure son patron n’est pas maintenu en mars prochain au perchoir», susurre-t-elle. Par ailleurs, dans l’hypocrisie qui le caractérise, Comme pour corroborer cette lecture, une autre source dans l’entourage du président de l’Assemblée nationale confesse que ce dernier a reconnu la pertinence des problèmes posés par.le «Mouvement 10 millions de Nordistes».

10 millions de nordistes

Dans la foulée, selon notre source, la plupart des caciques du pouvoir dans les régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord sont de tout cœur avec le « Mouvement 10 millions de Nordistes». En témoigne le mémorandum du Grand-Nord, qui posait déjà les problèmes de cette partie du pays il y a 16 ans. Et de rappeler que Guibai Ga-tama, le porte-parole du mouvement dissous, était au cœur de cette revendication dont la plupart des meneurs ont par la suite rejoint le pouvoir.

Tout puissant, Yaouba Abdoulaye est comme tous ces poids lourd de la République ressortissants de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord. Ils se sont constitués en caste solide et solidaire, pour ne pas défendre la cause commune mais, pour s’assurer chacun une base arrière ou, constituer un butin de guerre.

La preuve patente de leur égoïsme aigu est l’accaparement des terres quand ils ne donnent pas la caution pour la braderie de celles-ci aux étrangers, à. des fins d’exploitation minière. Conséquence, la jeunesse ainsi dépouillée et désœuvrée, ne trouve alors son salut que son enrôlement facile à Boko-Haram.

S’agissant de Yaouba Abdoulaye, qui est entré au gouvernement en septembre 2006 comme ministre délégué auprès du ministre de la Planification, la Programmation du développement et l’Aménagement du Territoire, a inauguré un an après avec Louis Paul Motaze, le ministère de l’Economie, de la Planification, et de l’Aménagement du territoire.

Laxisme

Depuis ce temps, il siège à la présidence du comité de pilotage de la stratégie de développement du secteur rural. Ses frères s’étonnent qu’avec sa connaissance des milieux ruraux, il ne contribue pas au déploiement avec succès du programme Agropole dans les localités du grand nord Cameroun.

Sous sa férule, on cherche les communautés rurales camerounaises qui ont bénéficié d’appuis financiers et techniques de l’Etat pour le développement de filières agropastorales porteuses de croissance. Son arrivée au ministère des Finances, en tandem avec Louis Paul Motaze, est perçue comme la continuité d’une action inefficace.