Vous-êtes ici: AccueilInfosSanté2021 04 09Article 587794

Health News of Friday, 9 April 2021

Source: cameroonintelligencereport.com

Yaoundé: des patients dialysés protestent contre les mauvais traitements

Des dizaines de Camerounais souffrant d'insuffisance rénale et leurs proches ont bloqué la circulation depuis lundi autour d'un hôpital de Yaoundé pour protester contre une pénurie de traitements de dialyse. Les autorités camerounaises accusent les procédures administratives et les perturbations liées aux coronavirus d'avoir ralenti l'importation de machines de dialyse et de médicaments.

La circulation était au point mort dans le quartier Melen de Yaoundé cette semaine alors que des centaines de patients souffrant d'insuffisance rénale et leurs proches ont protesté contre l'arrêt du traitement à l'hôpital universitaire de Yaoundé.

Parmi les malades du rein assis ou allongés sur la route devant l'hôpital, il y a Emmanuel Pierre Essi, 54 ans.

Il dit que leur manifestation a commencé lundi après la mort d'au moins sept patients rénaux dans les trois semaines en raison d'un manque de traitement.

Essi dit que lui et plusieurs de ses pairs pourraient mourir après avoir manqué au moins six séances d'hémodialyse au cours des deux dernières semaines. Il dit que le CHU de Yaoundé ne dispose que de cinq appareils d'hémodialyse pour plus de 160 patients. Essi dit que la vieillesse et la surutilisation ont émietté les machines et que les patients qui ont besoin de quatre heures de dialyse par séance prennent maintenant sept heures pour filtrer et purifier leur sang dans la machine de dialyse. Il dit que les patients rénaux manquent également de kits d'hémodialyse et de liquide de dialyse.

Les responsables camerounais de la santé implorent les patients de mettre un terme à leur manifestation pendant que le gouvernement tente de résoudre les problèmes.

Le gouvernement affirme que depuis le début de la pandémie de coronavirus l'année dernière, il n'a pas été en mesure d'importer du matériel de dialyse et des médicaments auprès de fournisseurs à l'étranger en raison des restrictions de voyage et du ralentissement économique.

Le directeur adjoint de l'hôpital, Felicien Ntone, a déclaré que les responsables tentaient de sécuriser l'équipement nécessaire au traitement de dialyse.



Il dit que le Cameroun et ses fournisseurs en Europe et en Chine étudient les meilleurs moyens d'accélérer l'expédition de kits de dialyse et de pièces détachées de machines de dialyse au Cameroun. Ntone dit que le gouvernement a accepté de débloquer de toute urgence des fonds pour l'achat de kits d'hémodialyse.

Ntone dit que les patients rénaux qui deviennent critiques seront transférés vers d'autres centres de dialyse.

Il dit que les hôpitaux négocient avec le gouvernement pour permettre l'achat de médicaments et d'équipement sans passer par un long processus d'achat.

Pendant ce temps, au troisième jour de la manifestation, certains des manifestants refusent de reculer.

Le parent de Donald Yaje, étudiant à l'Université de Yaoundé, souffre d'insuffisance rénale. Yaje promet de continuer à protester jusqu'à ce que le gouvernement fournisse le traitement nécessaire.

«Nous ne pouvons pas être indifférents pendant que nos proches meurent», a-t-il déclaré. «Nous voulons que le gouvernement cherche un moyen d'importer des équipements au lieu de toujours se plaindre que le coronavirus a [imposé] des restrictions à l'expédition de marchandises depuis l'Europe. Ils ne doivent pas oublier les patients atteints de reins tout en luttant pour arrêter la corona. »

Les autorités sanitaires camerounaises affirment que le pays compte environ 2500 patients atteints d'infections rénales aiguës, contre 400 en 2012.

Il y a environ sept villes au Cameroun avec des centres de dialyse, avec cinq appareils de dialyse à chacun.

Yaoundé a deux de ces centres - le plus grand avec 20 appareils de dialyse. Mais les autorités sanitaires reconnaissent qu'elles ne fonctionnent souvent pas en raison d'une surutilisation et d'une mauvaise alimentation électrique.

Vous êtes témoin d'un fait, vous avez une information, un scoop ou un sujet d'actualité à diffuser? Envoyez-nous vos infos, photos ou vidéos sur WhatsApp +237 650 531 887 ou par email ! Les meilleurs seront sélectionnés et vérifiés par la rédaction puis publiés sur le site.

Rejoignez notre newsletter