Vous-êtes ici: AccueilActualitésSanté2021 09 27Article 620377

Infos Santé of Monday, 27 September 2021

Source: Le Messager

Trafic d’organes à l’hôpital central de Yaoundé: les faits sont graves !

On a frôle l’émeute vendredi dernier devant les bureaux de la direction de l’hôpital On a frôle l’émeute vendredi dernier devant les bureaux de la direction de l’hôpital

Plusieurs fois sur la sellette au sujet des mutilations d’organes humains, cet établissement sanitaire a été pris d’assaut vendredi 25 septembre dernier par la famille du jeune Ahissi Mengue Hilaire qui s’indigne contre l’extraction de ses organes à la morgue de cet hôpital.

On a frôlé l’émeute vendredi dernier devant les bureaux de la direction de l’hôpital central de Yaoundé. Il a fallu l’intervention manu militari des forces de maintien de l’ordre pour calmer les esprits et éviter que le Pr Joseph Pierre Fouda ne soit copieusement molesté par les membres de la famille d’Ahissi Mengue Hilaire dont le corps à moitié nue, gisait dans un cercueil exposé à dessein devant le lieu de travail du patron de cette institution sanitaire fondée en 1933.

Ulcérée par une découverte macabre au moment du retrait de la dépouille à la morgue de l’hôpital, la famille veut des réponses et qui mieux que le directeur pour les lui apporter? Pour comprendre les raisons de ce ras-le-bol, il faut s’en remettre au récit des frères du défunt qui ont promis de ne lâcher du lest que lorsque justice sera faite.

« Nous avons conduit Ahissi dans cet hôpital dimanche 12 septembre car il avait reçu un coup de couteau dans le bas du côté droit. Ce même jour, il a été opéré après radio et échographie d’après le médecin en service ce jour-là. Une deuxième opération a été programmée la nuit du vendredi à samedi (du 17 au 18 septembre Ndlr).

L’opération a duré 6h (de2h de la nuit à 8h du matin Ndlr). Le fait qu’il n’ait pas reçu d’anesthésie l’a poussé à crier durant toute l’opération. Il en est donc ressorti fatigué et saignant abondamment, avec des bandages sur tout le corps. Il a glissé du lit et est mort dimanche pendant le pansement. C’est alors que nous l’avons conduit à la morgue », raconte l’un des frères du défunt.

Eplorée par la disparition tragique d’Ahissi, la famille va recevoir un second coup dur lorsqu’elle se rend compte à travers les photos prises avant l’entrée à la morgue, qu’il y a anguille sous roche.

« Nous voulions comprendre pourquoi il avait saigné autant, pourquoi son corps était bandé de partout et surtout pourquoi on l’avait mis à la morgue avec tous ses bandages », explique sa sœur aînée. Une curiosité qui n’aura de réponse que le silence puisque aucun responsable de l’hôpital ne daigne trouver des explications aux inquiétudes de la famille.

Allégations mensongères et calomnieuses

« Nous sommes revenus le lundi pour voir le corps à la morgue mais ils ont refusé. Nous sommes allés rencontrer le médecin qui l’avait opéré mais il était absent. Nous avons déposé une lettre chez le directeur de l’hôpital et parlé au major des urgences chirurgicales qui a répondu n’avoir rien à dire, nous conseillant de revenir mercredi.

Mais nous n’avons rencontré personne du staff administratif pour nous répondre ce mercredi-là. Nous sommes restés dans l’incertitude et le doute jus qu’à cette découverte après la mise en bière», poursuit notre inter- locutrice inconsolable.En effet, la famille pense que la dépouille a subit des mutilations. A preuve, « ils ne nous ont jamais rien dit.

D’ailleurs nous n’avons à aucun moment vu les rapports des radios et échographie. Même les ordonnances, rien du tout. Nous ne savons même pas quel est l’organe qui avait été touché pour qu’il soit opéré par deux-fois. Nous pensons qu’ils ont enlevé ses organes. Sinon pourquoi ne nous ont-ils rien dit ? Ils ont refusé qu’on entre dans la salle lors de la levée. Je veux des réponses. Pourquoi mon fils est-il dans cet état charcuté comme un animal à qui on a enlevé la peau?»,se lamente la maman d’Ahissi, désemparée.

L’affaire a provoqué un tel tôlé que le Pr Fouda n’a eu d’autre choix que de rendre public un communiqué relatant sa version des faits, mais aussi, jugeant mensongères et calomnieuses, les allégations soulevées par la famille du jeune homme.Informé, le Commissaire central a débarqué sur les lieux et après échanges avec le procureur de la République, il a prescrit la procédure à suivre.

Dans les faits, «le corps va être remis à la morgue sous scellé. La famille va déposer une plainte formelle afin que le procureur ordonne une autopsie. T out le monde sera entendu afin que la lumière soit faite sur cette affaire. Les résultats détermineront la suite. Mais en attendant, la solution n’est pas de procéder par de la violence », a-t-il recommandé, invitant la famille à faire preuve de sang-froid et de patience.Lorsque nous quittions les lieux, le corps de l’infortuné regagnait la morgue, ouvrant le boulevard à des commentaires à n’en plus finir.

Vaste réseau de trafiquants

Des sources proches de la direction sou- tiennent mordicus que la famille tente simplement de salir la réputation de cet hôpital et de son « illustre directeur ». A les croire, le malade est arrivé à l’hôpital le 10 septembre dernier avec un pronostic vital engagé.

Physiquement dégradé, il est quand même sorti de l’hôpital contre avis médical malgré toutes les explications sur les risques encourus. Puis, est revenu le 14 septembre 2021 presque à l’article de la mort. Chose intrigante, ce n’est pas la première fois que l’hôpital central de Yaoundé est cité dans une affaire (vraie ou sup- posée) de trafics d’organes.

En mars dernier, c’est le journaliste J. Rémy Ngonoqui en remettait une couche en faisant des révélations fracassantes sur les heures, le mode opératoire et en nommant les responsables commis pour la sale besogne.

Entre la mise à nu du vaste réseau de ces trafiquants d’organes humains (particulièrement des organes génitaux) et les gros sous que cette pratique génère, l’ancien chef de chaîne de Radio Tiémeni Siantou (Rts), aujourd’hui activiste, avait ouvert la boîte de Pandore.

« Chez les hommes il s’agit du sexe, chez les femmes, on prend tout l’utérus. La seule partie qu’on ne prend pas c’est le rectum. On prélève également les seins. On met ça dans les glacières et ils appellent ça le courrier», confiait-il, arguant au passage que loin des élucubrations que certains tentent à faire croire, ces révélations étaient le fruit d’une enquête minutieusement menée par ses soins. Affaire à suivre !