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Health News of Wednesday, 25 November 2020

Source: Actu Cameroun

Insuffisance rénale: le calvaire des malades

L’un, d’eux raconte leur détresse sur le terrain de ceux qui meurent comme des mouches, faute de soins. Très loin de la propagande que font les pouvoirs publics à travers les médias d’Etat.


«Chroniques d’hémodialyse au Cameroun

Il y’a des situations pour lesquelles continuer à se taire est un crime. Un proverbe de la cosmogonie Bassa’a dit cecj: « les vautours commencèrent par enlever les poussins, les habitants du village dirent weeeh laissez-les ce ne sont que des poussins, quand les vautours s’attaquèrent aux bébés il était déjà trop tard. »

Ce qui a commencé à Bertoua va s’étendre à tout le pays.

J’ai regardé.avec effroi et colère le reportage diffusé ce jeudi 19 novembre au journal télévisé de 20h30 de la Crtv présenté par Adèle Mballa qui relatait la fermeture depuis juin 2020 du centre d’hémodialyse de Bertoua pour cause de rupture du stock de kits de dialyse . Et à la date de diffusion de ce reportage, des 22 patients initialement transférés à Yaoundé, 15 sont déjà morts. C’est GLAÇANT. Et ce n’est pas le pire.

Dans une démarche « KILAVedesque” les esprits de Mballa 2 ont cru bon, de diffuser, à la suite un reportage- qui présente le MINSANTE en visite à l’hôpital régional de Bertoua devant le personnel de cette formation hospitalière à qui il a promis le ciel et la terre. Rien sur la crise des kits. Rien sur les malades en détresse…

Oui, c’est ça notre sort à nous malades d’insuffisance rénale et soumis à la dialyse pour notre survie. Mourir en silence. Mourir dans ce Bertoua lointain, loin des priorités de la Capitale ? « Si Yaoundé vit le Cameroun respire » entend-on souvent.

Qui va-t-on accuser ? La réponse est toute trouvée : la COVID-19. Le MINSANTE est devenu ministre COVID-19. La maladie star a même une plage horaire permanente dans le journal de notre bien aimée chaîne nationale. Il n’y a pas d’insuline pour les diabétiques, pas de kits de dialyse pour les hémodialysés et bien d’autres médicaments nécessaires à la prise en charge d’autres pathologies…Mais c’est rien ! Pas besoin d’en faire un drame, encore moins des . reportages, on est déjà assez pris avec la Covid.

Dites-moi combien de morts cette mauvaise grippe a t-elle fait à Bertoua ?

Parce qu’entre juin et novembre 2020, à Bertoua 15 personnes ont péri à cause du manque de dialyse.

Pourtant, l’Etat a fait de lourds investissements pour mettre en place le centre de Bertoua: le personnel a été formé (des infirmières sont venues en stage ici à Douala); un néphrologue affecté ; des équipements installés qui aujourd’hui se dégradent du fait de leur non utilisation et le personnel se tourne les pouces. Et tout ceci parce qu’au MINSANTE on n’arrive pas à approvisionner le centre en consommables qui permettront à ces machines de fonctionner et donc à ce centre de faire ce pour quoi il a été créé…SAUVER DES VIES

Je répète, il y’a des situations pour lesquelles se taire est un crime. Qu’est ce qui justifie la rupture de la chaine d’approvisionnement pendant 6 mois ? Est-ce toujours la mal gouvernance ? Ou n’a-t-on pas confié la résolution ‘ d’une équation complexe de mathématiques au dernier de la classe ? Oui peut-être qu’il faut •revenir, à ça, tout le monde ne pas résoudre les problèmes complexes.

L’un des objectifs recherchés à la création des hôpitaux généraux de Douala et Yaoundé était de stopper les évacuations sanitaires vers l’Europe du fait de la dialyse. Plus de 35 ans après la première dialyse au Cameroun, rien de significatif n’a été fait pour la prise en charge définitive de la maladie rénale. On a ouvert des centres d’hémodialyse fantômes à l’instar de celui de Bertoua (pas de de kits de dialyse), celui de l’hôpital militaire de Yaoundé (inauguré à grand frais et qui n’a jamais fonctionné), celui de l’hôpital Laquintinie (dont la salie Mercy Ship censée abriter les machines reste désespérément vide). Bamenda et Buea ne sont que l’ombre d’elles-mêmes.

Nous réclamons à corps et à cris l’avènement de la transplantation au Cameroun afin que la maladie rénale trouve une toute autre issue que la mort.

Les ministres de la santé arrivent et passent, les nouveaux malades affluent dans les deux centres pilotes que sont HGD et l’HGY et découvrent que nous malades hémodialysés, sommes condamnés à mourir, mourir dans l’anonymat de nos maisons.

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