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Health News of Tuesday, 14 May 2019

Source: L’Épervier No 1353

Hôpitaux publics: Manaouda Malachie sonne la fin du ‘laisser-aller’

Hopital Garoua Quatre personnels de l'hôpital de Garoua viennent d'être sanctionnés

Quatre (4) personnels de l’hôpital régional de Garoua viennent de rallonger la liste des sanctions du ministre de la Santé publique depuis son arrivée à la tête de ce département ministériel.

Dans un communiqué rendu public, le 12 mai 2019, le ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie indique que « faisant suite au décès d’une fillette de huit mois le vendredi 10 mai 2019 à l’hôpital régional de Garoua, le ministre de la Santé publique après une première évaluation du dossier qui a été portée à son attention a instruit les mesures conservatoires ».

En fait, il s’agit de la suspension pour une durée de trois mois de toute activité au sein de cette formation hospitalière de la major et de trois personnels soignants. Il est reproché à ces derniers des manquements graves à l’éthique et à la déontologie professionnelle. Un autre personnel qui a subi les foudres du ministre de la Santé publique est accusé de « trafic et vente illicite des médicaments au sein de l’hôpital ». Le communiqué du Minsanté indique ensuite que tout ne s’arrête pas là.

Les conclusions de l’enquête permettront d’établir la responsabilité de chacun dans cette affaire. Au terme de cette enquête, le Minsanté envisage en plus des mesures conservatoires faire appliquer les mesures disciplinaires prévues par la règlementation en vigueur, sans préjudice. Le Minsanté par la même occasion a adressé à la famille éprouvée ses condoléances. Par ailleurs, une commission de revue des décès sera mise sur pied pour évaluer les dossiers médicaux des patients décédés pour des besoins soit d’amélioration des différents référentiels, soit le cas échéant, de détermination des responsabilités en cas de négligence ou de mauvaise pratique.

La fin de l’impunité

Cette décision du ministre de la Santé publique est la deuxième en l’espace d’un mois. En effet, Manaouda Malachie a signé, le 02 avril 2019, une décision similaire portant suspension des personnels de l’hôpital de district de Deido à la suite du décès d’un jeune élève de la classe de seconde victime d’une agression au couteau. Les infirmières ont fait des vidéos au moment où l’un de leur collègue tentait vainement de réanimer le jeune élève qui a finalement succombé ont été sanctionnés. La vidéo a soulevé un tollé au sein de l’opinion publique. De nombreux spécialistes se sont indignés de ces manquements à l’éthique professionnelle.

La réaction du ministre de la Santé publique ne s’est pas fait attendre. Ils ont été suspendus pour une durée de trois mois de toute activité professionnelle. Cette semaine qui vient de passer le Minsanté a effectué des visites inopinées dans certains hôpitaux de la région du Centre, Mfou, Mbankomo, Ngoumou. Une visite surprise qui a permis au patron de la Santé, de toucher du doigt la réalité qui est alarmante. Pas de plateau technique, absentéisme de certains personnels, insuffisance et surtout l’arrivée tardive de certains responsables à leurs lieux de service.

Certains de ces personnels ne reconnaissaient même pas le Minsanté, d’autres n’ont pas caché leur étonnement habitué comme ils étaient d’attendre une visite officielle avec tout le brouhaha possible. Il ne fait l’ombre d’aucun doute que la réaction prompte du ministre rassure les populations et le personnel travaille désormais avec la peur dans le ventre, car diton souvent, la peur du gendarme est le début de la sagesse. Vivement qu’il ne s’agisse pas d’un feu de paille car les hôpitaux publics camerounais ont grandement besoin d’un changement de mentalité.