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Health News of Monday, 7 June 2021

Source: Le Soir n°1163

Hôpital régional de Bertoua : une infrastructure en décrépitude

Dans la ville de Bertoua Dans la ville de Bertoua

27 ans après sa mise en service, cette formation sanitaire de 3ème catégorie souffre d’un réel problème d’infrastructures. Le plateau technique actuel est en état de dégradation très avancée. Dr Hu-guette Nguele Meke et son personnel se battent comme ils peuvent sans réussir. Voici le cri de détresse.
« L’hôpital régional de Bertoua est doté “ d’un centre de traitement agrée du Vih-Sida avec une file active de plus de 5000 patients. Notre laboratoire est un fleuron qui réalise de nombreuses analyses et dispose d’une unité de biologie moléculaire qui depuis le début de la pandémie du Covid-19 a pu réaliser plus de 8000 prélèvements. Nous disposons aussi d’un centre d’hémodialyse en bon état de fonctionnement. Cependant, cette vieille dame qu’est l’Hôpital régional de Bertoua souffre de maux dus au poids de son âge», a indiqué d’emblée le directeur de cette unité sanitaire de renommée régionale.

«L’infrastructure et les équipements craquent à tour de rôle. Ce qui occasionne lorsque c’est encore possible de nombreuses et très onéreuses réparations. En effet, certains équipements n’ont pas été changés ou renouvelé depuis son ouverture en 1994. Les problèmes et besoins sont donc ‘très nombreux au sein de cette formation sanitaire», fait savoir Dr Huguette Nguele Meke.



Sur le plan sécuritaire, elle a évoqué la nécessité de la construction d’un poste de police dont la seule présence des éléments suffirait pour dissuader les usagers véreux et protéger les personnels de santé en proie aux agressions de toutes sortes de la part des patients et des garde-malades. Par ailleurs, l’on apprend que l’éclairage public n’est pas une réalité. Une fois la nuit tombée, la pénombre attire les malfaiteurs notamment à l’entrée principale et vers la partie arrière. Ce qui expose les usagers et les personnels à plusieurs dangers.



La récurrence des cas de vols des biens matériels du personnel et des usagers dans cet hôpital est une preuve suffisante. Tout à côté, l’on évoque au chapitre des problèmes de l’Hôpital régional de Bertoua, les difficultés liées à l’accessibilité à l’eau potable et l’énergie électrique.

«Au sujet de l’alimentation en eau potable, l’on note que les tuyaux de canalisation n’ayant pas fonctionné depuis des lustres, sont bouchés et l’eau fournie par la Camwater n’arrive pas dans de nombreux services. Au sujet de l’énergie électrique, notre hôpital dispose de deux vieux groupes électrogènes qui tournent en longueur de journée. Ce qui crée une importante poche de dépense. Nous avons besoin d’une nouvelle adduction d’eau potable et d’un nouveau groupe électrogène ou alors l’installation d’une centrale solaire photovoltaïque pour mettre un terme aux souffrances due aux nombreux dé lestages», souligné Mme le Directeur.

Avec l’avènement de la pandémie de la Covid-19, l’image de l’Hôpital régional de Bertoua a été écornée pour des raisons inavouées (désinformation) à travers les réseaux sociaux. Le taux de fréquentation a largement chuté malgré les multiples campagnes de sensibilisation à travers les médias. Dans le chapelet des doléances, Dr Huguette Nguele Meke rappelle l’urgence de la mise à disposition d’un scanner, d’un appareil de mammographie, un panoramique dentaire et d’une, rénovation entière du bâtiment d’imagerie médicale.


Au bloc opératoire d’anesthésie et réanimation, il est question d’outiller ce service d’un appareil d’anesthésie, d’un moniteur de type paramétrique, de deux tables opératoires, de nouveaux scialytiques, de nouveaux terminaux de bistouris électriques , de nouvelles boites de chirurgie dans toutes les spécialités. Le service de stomatologie a également besoin de nouveaux équipements notamment un fauteuil dentaire et autre. Le service d’ophtalmologie n’est pas épargné. En bref, tous équipements des différents services connaissent les difficultés similaires. Last but not the least, c’est le service de la morgue.

«Le projet d’extension de là morgue est inachevé. Nous disposons d’un nouveau bâtiment dont les travaux ont été livrés depuis au moins 5 ans mais dont les équipement tardent à arriver», renseigne Dr Nguele. Celle-ci souhaite que l’épineux problème des ressources humaines soit résolu.

« En effet, les médecins spécialistes affectés ici, ont la moins bonne assiduité. Chaque jour, nous n’avons de cesse de leur rappeler leurs obligations vis-à-vis des patients et de la haute hiérarchie mais le message peine à être suivi. Nous avons besoin d’un chirurgien viscéral, d’un nouveau gynécologue, d’un médecin et d’infirmiers anesthésistes réanimateurs, d’un neurologue, d’un traumatologue, d’un pédiatre, d’un ophtalmologue et de nombreux infirmiers diplômés d’Etat (IDE). Ceci vise à assurer un suivi et une meilleure prise en charge des populations. Dr Huguette Nguele Meke renseigne qu’elle donne le meilleur d’elle-même pour fidéliser ses collaborateurs par des motivations pécuniaires malgré la modicité des moyens.

En réaction à toutes ces doléances, le ministre de la Santé Publique a fait la promesse d’apporter des solutions à court, moyen et long terme. «J’invite le président du comité de gestion à vous accompagner pour la mise à disposition urgente d’un point potable. Dans les prochains jours, je vous invite à Yaoundé pour venir décharger le matériel disponible. Le reste va suivre selon la disponibilité des moyens. J’exhorte le personnel mis à votre disposition à rester en poste.

Ceux qui ne veulent pas rester à leurs postes de services doivent démissionner et nous en prendrons acte. Au sujet des agressions dont sont victimes les personnels de santé, nous allons recommander que la loi soit appliquée sans faiblesse contre1 les auteurs de ces actes intolérables. En retour, nous exigeons la mise en œuvre de la politique de l’humanisation des soins», a fait savoir Malachie Manaouda. Les populations de la Région de l’Est attendent impatiemment, la matérialisation de toutes ces promesses.

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