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Infos Santé of Thursday, 17 June 2021

Source: L'oeil du Sahel

Extrême Nord: un déficit annuel de plus de 7000 poches de sang

Le problème est qu’il y a de moins en moins des donneurs bénévoles Le problème est qu’il y a de moins en moins des donneurs bénévoles

Les besoins en sang dans la région de l’Extrême-Nord sont largement en deçà de l’offre. Le problème est qu’il y a de moins en moins des donneurs bénévoles. Mais la journée mondiale du donneur de sang a été célébrée le 14 juin 2021 sans tambour, ni trompette. Pourtant, le thème de cette édition «Donnez votre sang pour faire battre le cœur du monde», souligne la contribution essentielle des donneurs de sang dont le geste sauve des vies.

Mais des préjugés entourent ce geste. Alors que les besoins de la région sont de l’ordre de plus de 10 000 poches de sang, seulement 3086 poches ont été collectées en 2020 au Centre de transfusion sanguine (Cts) de l’hôpital régional de Maroua. Selon le major de cette structure, Abraham Adamou, sur les 3086 poches, 2853 provenaient des membres des familles des demandeurs, et seulement 233 ont été données par des bénévoles. La réticence des populations à faire don de sang inquiète les autorités sanitaires. En proie aux exactions de Boko Haram qui font des nombreuses victimes dans des attentats kamikazes, la région de l’Extrême-Nord a besoin des poches de sang pour ravitailler permanentent les formations hospitalières, afin de faire face à ce défi. «On a depuis de plus de 10 000 poches de sang par an dans la région, mais nous n’atteignons pas ce nombre. Le problème est qu’il y a très peu des donneurs pour couvrir ces besoins. Les gens n’ont pas la culture du don de sang. Les gens pensent que s’ils donnent leur sang, ils vont mourir ou qu’ils vont tombent malades. D’autres encore pensent qu’on va vendre leur sang. Autant des préjugés qui créent la réticence», regrette Abraham Adamou, le major du Cts. En outre, ce dernier souligne pour le déplorer que «Les gens pensent que quand on leur demande de présenter deux donneurs, c’est une façon de les arnaquer. Alors que ceci est une condition qu’on exige partout dans le pays dans les centres de transfusion sanguine».

En dépit des quelques actions de sensibilisation menées, la donne n’a pas changé. L’Extrême-Nord reste au bas du classement dans le Grand-Nord. «En dehors du poste fixe à l’hôpital, nos équipes se déploient chaque trimestre à l’université de Maroua, à l’Enieg, à l’école d’agriculture et dans d’autres grandes écoles de la ville. L’hôpital est en partenariat avec une association qui passe dans les quartiers pour sensibiliser les populations», explique le major du centre de transfusion sanguine. Ces efforts sont loin de convaincre les populations à avoir la culture du don de sang. Pour la petite quantité disponible, les demandeurs du précieux liquide doivent remplir des conditions jugées difficiles. En effet, pour bénéficier d’une poche de sang 500 CC, il faut débourser 15 000F et présenter deux donneurs sains. S’agissant d’une poche de 250 CC, il faut le même montant d’argent mais présenter un seul donneur. «Connaissant le niveau de vie des camerounais moyens, ces conditions ne sont pas à la portée de tous. Si vous avez besoin de 2 ou 3 poches de sang, ce n’est pas facile. Il faut que le gouvernement revoie ces conditions pour donner la chance aux Camerounais de basse classe sociale de pouvoir aussi sauver leurs vies en cas de besoin» plaide Oumarou Haman, habitant de Maroua.

Au centre de transfusion sanguine de l’hôpital régional de Maroua, les groupes sanguins O et A sont les plus demandés, suivis des groupes B et AB. Malgré la faible quantité de poches de sang collectées, le major du Cts indique que sa structure n’a jamais connu de rupture. «Bien que nous n’ayons pas assez, nous parvenons quand même à satisfaire les demandeurs» rassure-t-il.