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Health News of Thursday, 3 June 2021

Source: Expression Economique n°219

Covidgate: Madeleine Tchuinté et la vraie histoire de la chloroquine

Madeleine Tchuente, ministre de la Recherche scientifique Madeleine Tchuente, ministre de la Recherche scientifique

Selon le rapport d’étape de la Chambre des comptes de la Cour suprême sur la gestion des fonds du Covid-19, le ministre de la Recherche scientifique et de l’innovation (Minresi), Madeleine Tchuinté, n’a pas été capable de produire la chloroquine comme promis.
En effet, en ce qui concerne le volet production de la chloroquine et de l’azithromycine par l’institut de recherches et d’études des plantes médicinales, organisme sous-tutelle du Minresi, «au 31 décembre 2020, un montant total de 657 088 524 FCFA de dépenses a été exécuté au titre de cette activité, que l’IMPM a présenté comme la fabrication au Cameroun de 5 millions de comprimés d’hydroxychloroquine et 5 millions de comprimés d’azithromycine», écrit le la Chambre.

Cependant, précise la chambre des comptes, «en réalité, l’IMPM n’a pas lancé la fabrication locale, mais a plutôt procédé à l’acquisition en Inde, de 5 millions de comprimés d’hydroxychloroquine, 500000 comprimés d’azithromycine et 300 kg d’inlrants d’azithromycine, livrés le 29 juillet 2020».



En clair, à en croire ce rapport d’étape, qui n’intègre cependant pas les éléments du mémoire de défense des personnalités incriminées, la ministre Madeleine Tchuinté, qui a reçu le 9 avril 2020, à sa demande, l’autorisation du chef de l’Etat de faire produire par l’IMPM des médicaments pour la lutte contre le Covid-19, avec en prime une dotation financière de plus de 4 milliards de FCFA, a plutôt fait recours à des importations depuis l’Inde.



Ligne de défense
Pour sa défense, le Minresi déclare que, dès l’apparition des premiers cas de COVÏD-19 au Cameroun, le Ministère de la Recherche Scientifique et de l’innovation et ses structures sous tutelle se sont mobilisés tous azimuts, en vue de proposer dans l’urgence, une démarche scientifique pour contrecarrer Ja propagation de cette pandémie.

A cet égard, les responsables des différents instituts concernés se sont proposés de mener un certain nombre d’actions et d’activités, dans le cadre de la stratégie nationale de riposte contre cette crise planétaire. Ainsi, s’appuyant sur le fait qu’il y a quelques années, l’institut de Recherches Médicales et d’Etudes de Plantes Médicinales (IMPM) fabriquait la chloroquine, le Directeur de cet institut, Pr. Jean Louis ESSME OYONO a indiqué que sa structure a toutes les capacités requises pour produire localement l’hydroxychloroquine et lazilhromycine, médicaments retenus dans le protocole de traitement de la COVID-19 au Cameroun.



En outre, il a souligné que l’IMPM a acquis des machines de dernière génération, et qui ont du reste été installées et mises à jour pour la fabrication des susdits médicaments. Au demeurant, celui-ci a d’ailleurs fait de nombreuses déclarations dans ce sens dans la’presse écrite et sur les plateaux des médias audio-visuels. C’est fort de cette assurance reçue du Directeur de l’IMPM et des informations reçues de ses autres collaborateurs, que Madeleine Tchuinte a, par correspondance n°0068/L/ MINRESI/CAB/A40 du 06/04/21)20, proposé au Président de la République de mandater l’IMPM pour la fabrication des médicaments susvisés.



Dans cette même lettre, elle a suggéré au Chef de l’Etat de prescrire au Centre de Recherches sur les Maladies Emergentes et Réémergentes (CREMER) l’acquisition des tests de dépistage et au Comité National de Développement des Technologies (CNDT) la fabrication des matériels de protection (masques de protection en tissu, gels hydroalcooliques etc).

Suite à celle proposition de le Minresi, le chef de l’Etat a ordonné, à travers la lettre n° 185/CF/SG/PR du 09/04/2020 du Ministre d’Etat, Secrétaire Général de la Présidence de République, le déblocage de la somme de 1,01 milliard de FCFA.

« Au demeurant, affirme le Minresi, chacun des gestionnaires ci-dessus cités a reçu du payeur spécialisé auprès du ministère de la Santé, détenteur des fonds COVID-19 à’ce moment, une correspondance lui annonçant la mise à sa disposition de la somme à lui affectée. Ces lettres ont directement été envoyées à chacun de ces gestionnaires, sans passer par le couvert de Madame le Ministre comme l’exigerait la démarche hiérarchique ».

El d’ajouter : « Voilà comment a été gérée la première dotation Covid-19 affectée au Minresi. L’on peut se rendre compte (et les preuves sont disponibles), que madame le Ministre Tchuinte Madeleine n’a rien géré de cette somme. Il y a donc lieu de s’interroger au sujet de cet acharnement contre elle, alors que les gestionnaires desdits fonds, du reste désignés par la (Très Haute Hiérarchie sont connus ».

Dotation de six milliards
Dans le cadre de ce Fonds Spécial de Solidarité Nationale pour la Lutte contre le Coronavirus et ses Répercussions Economiques et Sociales (CAS COVID), indique le Minresi, une somme de 6,1 milliards de FCFA a théoriquement été allouée à certaines structures sous tutelle du ministère, suivant les termes du décret n° 2020/3221/PM du 22/07/2020, pour la mise en œuvre de sept activités réparties en deux actions.

Conformément à la circulaire n° 00000220/C/MINFI du 22/07/2020 précisant les modalités d’organisation, de fonctionnement et de suivi-évaluation du Fonds Spécial de Solidarité nationale pour la lutte contre le Coronavirus et ses répercussions économiques et sociales, le MINRESI a désigné des points focaux pour la gestion desdits fonds et la conduite des activités y afférentes, sur proposition des responsables des instituts de recherches concernés.

C’est ainsi qu’entre autres, le Pr. Nnanga Nga, Chef du Laboratoire des Techniques Pharmaceutiques de l’IMPM a été désigné point focal pour la fabrication des comprimés d’hydroxychloroquine et d’azithromycine, pour un coût total de quatre milliards de francs CFA. Celui-ci a du reste été désigné sur proposition du Directeur de l’IMPM, le Pr. Essame Oyono Jean Louis.

« Mais, révèle le Minresi, ce Directeur semble avoir fait cette proposition à son corps défendant. C’est ainsi que contre toute attente, visiblement de connivence avec le Conseil d’administration, celui-ci va s’inscrire aux antipodes de ses affirmations antérieures relayées par plusieurs médias, en déclarant que l’IMPM n’a pas les capacités pour produire les médicaments supra mentionnés. L’on peut facilement deviner que c’est en raison de sa non-désignation comme gestionnaire des quatre milliards de francs CTA susmentionnés que le Pr. F.SSAMF. OYONO a décidé de tout saborder. Pourtant, en tant que gestionnaire des 657 088.524 francs CFA évoqués plus haut, il a entre autres commandé des intrants (quoique incomplets) pour la fabrication des médicaments sollicités ».

Instructions et contre-instructions
Le Minresi ajoute par ailleurs que, la dotation prévue dans le décret du Premier Ministre rappelé plus haut n’a jamais été mise à la disposition du Minresi. En effet, par correspondance n° B393/SG/ PR du 17/11/2020, le Ministre d’Etat, Secrétaire Général de la Présidence de la République a notifié au Madeleine Tchuinte, les Très Hautes Instructions du Chef de l’Etat, lui prescrivant de surseoir à l’activité de fabrication par l’IMPM de l’hydroxychloroquine et de l’azithromycine, pour un coût total de quatre milliards de francs CFA de francs CFA.

Dès lors, sur les 6,1 milliards de FCFA initialement budgétisés pour ce département Ministériel, il devrait rester là somme de deux milliards cent millions (de francs CFA. « Malheureusement, déclare le Minresi, jusqu’à ce jour, les points focaux chargés de la gestion de ces fonds pour la conduite des activités à eux confiées n’ont encore rien reçu. Voilà, la vérité! ».

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