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Health News of Friday, 2 October 2020

Source: Actu Cameroun

Cancer du col de l’utérus: près de 400 000 jeunes filles à vacciner au Cameroun

La première phase d’introduction de ce vaccin a lieu le 12 octobre 2020 dans le PEV de routine.

Le gouvernement camerounais va introduire dès le 12 octobre 2020, Gardasil dans la vaccination de routine du PEV. Elle va se dérouler en deux phases. La première, dans les formations sanitaires et les communautés, et à partir du 23 novembre dans les écoles privées et publiques. 339 908 jeunes âgées de 9 ans sont concernées par cette opération. Près de 400 000 doses de ce vaccin contre le cancer du col de l’utérus et les autres infections liées au virus du papillome humain (VPH) destinées à la première phase sont déjà disponibles au Cameroun. Cette cible recevra deux doses de Gardasil qui lutte contre 4 types de virus. Ces doses-seront espacées de 6 mois car pour être protégée à vie contre ce cancer causé principalement par le VPH, après la première dose, la fille doit attendre au moins 6 mois avant de recevoir la deuxième dose.

Des fiches de consentement seront au préalable remises aux élèves, à l’attention de leurs parents. « Chacun porte sa croix», prévient Adalbert Tchetchia, Chef de l’Unité Plaidoyer et Partenariat au GTC-PEV. D’après le Dr Hassan Ben Bachire, secrétaire permanent du Programme Elargi de vaccination jusqu’à hier 1er octobre, le vaccin qui sera administré est le Gardasil quadrivalent avec deux valences (16 et 18) pour protéger contre le cancer du col et les valences (11 et 13) pour prévenir la survenue des condylomes et verrues génitales. Ce dernier précise que le vaccin protège les filles vaccinées contre le cancer du col de l’utérus à vie ; permet d’éviter le traitement très long, coûteux et souvent inefficace de la maladie ; réduit le nombre de malades et de décès dus au cancer du col de l’utérus.

Une campagne expérimentale lancée en 2010 a ciblé les jeunes filles de la tranche 9-13 ans. Elle a permis, entre 2010 et 2012, de vacciner 6851 filles de cette tranche dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest et 14 365 autres dans les districts de santé de Foumban et Edéa entre 2014 et 2016. Dr Hassan Ben Bachire réitère que la vaccination permet de «réduire de 70% les cas de cancer de col de l’utérus». D’après les statistiques du PEV, le Cameroun enregistre chaque année 2356 nouveaux cas de ce type de cancer pour 1546 décès.

Réticences

Seulement, malgré ces assurances et ces chiffres alarmants, cette opération d’envergure que s’apprête à mener le PEV se heurte à la campagne «anti vaccin contre le cancer du coi de l’utérus». C’est que, cette vaccination recommandée chez l’adolescente en prévention du cancer du col de l’utérus reste controversée. Elle est accusée de provoquer des effets secondaires graves et invalidants. Et donc, les initiateurs et une frange de la population doutent de l’innocuité, de l’efficacité et de la fiabilité de ce vaccin. Ils craignent que ce dernier entraîne l’infertilité chez ces jeunes filles. Ce d’autant plus qu’à leurs yeux, il n’a pas encore été prouvé que ce vaccin va protéger les femmes contre cette maladie.

Bien plus à leurs yeux, les statistiques en provenance des pays qui ont expérimentés Gardasil ne sont ne sont guère rassurants et les effets secondaires peuvent être très dangereux. Par exemple, après avoir introduit ledit vaccin dans son programme de vaccination en 2010, le Japon avait dû le retirer trois ans plus tard du fait de certains effets secondaires observés chez certaines patientes. En France, d’après «Santé magazine», il fait l’objet d’une longue bataille judiciaire. En effet, la première plainte a été lancée en novembre 2013, contre Sanofi-Pasteur MSD, le laboratoire qui fabrique le Gardasil, et contre l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Motif : atteinte involontaire à l’intégrité de la personne.

Le S P du PEV est formel : «Ce vaccin est homologué par l’OMS et validé par toutes les instances de contrôle qualité. Lé circuit d’approvisionnement est connu et peut être vérifié. Nous mettons en place -un dispositif sécurisé de conservation à tous les niveaux. Nous proposons à ceux qui ont encore des doutes de faire un tour à Edea ou à Foumban voir dans les régions du Nord-Ouest et Sud où ce vaccin avait été déjà administré pour se rassurer de son innocuité» ; martèle ce dernier.

En guise de stratégie, «Nous allons poursuivre la sensibilisation et l’information de tous les acteurs ; leur expliquer les bienfaits de la vaccination et les mettre en face de leur responsabilité devant la société», a précisé le Dr Hassan Ben Bachire. Pour lui, «Ils doivent comprendre que dans aucun pays au monde la vaccination a posé des problèmes de santé.

Au contraire beaucoup de maladies ont disparu grâce à la vaccination. Nous n’arrêterons que lorsque nous aurons réussi de vacciner toute la cibler En rappel, le cancer du coi de l’utérus est une croissance incontrôlée de cellules anormales dans le coi de l’utérus chez la femme, causée dans plus de 99% des cas par le Virus du Papillome Humain (HPV), qui se transmet par voie sexuelle. Il représente le 4e cancelle plus fréquent dans le monde et le 2ème au cancer chez la femme au Cameroun. Il représentait 14,9% de tous les cas de cancer en 2018. «Le vaccin est sûr, efficace et gratuit», rappelle-t-on au PEV.

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