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Opinions of Thursday, 22 July 2021

Auteur: FRANZ

Éveil et Renaissance des Camerounais : deux principales revendications

La vie de luxe du président BIYA en est une cause La vie de luxe du président BIYA en est une cause

L'ambiance devient de plus en plus invivable pour Paul Biya et plusieurs de ses collaborateurs en Europe depuis que les activistes de la Brigade Anti-Sardinards (BAS) ont décidé de manifester leur colère à chaque présence du président camerounais à l'étranger. Elle (la BAS, ndlr) justifie ses manifestations par deux principales revendications sur lesquelles revient beaucoup plus en détail FRANZ dans le texte ci-dessous.

Plusieurs Camerounais de l’étranger se sont retrouvés samedi à Paris pour manifester publiquement leur opposition au système politique et à la gestion des affaires publiques dans leur pays.

Pendant longtemps réduits au silence et ignorés, les Camerounais semblent désormais s’intéresser aux processus de décisions sur à l’avenir de leur pays. Ils portent des revendications, militent pour leur implémentation avec une détermination et une constance que personne n’avait vraiment vues venir.

La vie de luxe du président BIYA

Le Président camerounais, Paul BIYA, n’a jamais fait mystère de son attachement à sa « haute fonction ». Il ne cache pas, montre à qui veut bien les voir, les « fruits » de son ascension au sein des meubles de l’État du Cameroun:

Villégiatures en Europe, en Suisse, hôtels et boutiques de luxes…etc. Rien n’est assez cher, rien n’est assez beau, rien assez somptueux pour le président et pour les membres de sa famille proche.

Ecœurés par cette situation, des députés du Grand Conseil de la ville de Genève avaient en 2020 essayé, quoiqu’en vain, de faire déclarer Paul BIYA « persona non grata » dans cette ville où il résidait régulièrement, loin de son pays, loin de ses responsabilités, et où il se plaisait à rédiger, à ses heures, ses « hautes instructions » à l’endroit de ses collaborateurs.

Ses ruses et ses détours ne semblent plus l’aider

Seulement, quiétude et confort politiques ne sauraient être éternels pour le président d’un pays de plus 24 millions d’habitants, dont une large majorité vie en dessous du seuil de pauvreté.

Et c’est cette douloureuse expérience de la déchéance, qui est dans l’essence de tout pouvoir dictatorial, que fait désormais le président camerounais.

Ses ruses et ses détours ne semblent plus l’aider. Autrefois, il pouvait pourtant à coup sûr compter sur la crédulité de ses citoyens.
Il suffisait notamment de jouer sur le temps ou de faire, par exemple, circuler la rumeur de la propre mort, et de « réapparaitre » quelques temps plus tard, pour faire oublier les frustrations amassées contre lui au sein de la population.

Mais rien ne marche plus en effet. Paul BIYA est plus que jamais sous pression. Contre toute attente, les Camerounais remettent en question sa légitimité, manifestent leur opposition contre son régime, portent des revendications. Deux principales exigences sont sur sa table, à savoir:

* La résolution politique du conflit armé dans les Régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun

* La réforme consensuelle d’un système électoral particulièrement cynique

La résolution de la guerre civile dans les Régions anglophones

Depuis 2016, les Régions d’expression anglaise du Cameroun, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, sont en crise. Le gouvernement a eu, dès le début de la crise, une approche particulièrement dure et violente.

Les difficultés dans ces deux Régions étaient pourtant initialement basées sur des revendications essentiellement corporatistes des enseignants et des avocats.

Ces deux corps de métier, et avec eux les populations, faisaient au gouvernement centrale le reproche de porter un projet d’assimilation de la minorité anglophone aux habitudes francophones de fonctionnement.
Ce qui pouvait encore être facilement contrôlé à travers des démarches d’apaisement des tensions, basculera très bientôt en conflit armé, et échappera totalement au contrôle du gouvernement.
« La riposte dure et violente des forces de sécurité camerounaises a conduit à une radicalisation accrue des anglophones. », affirme Juliette Paauwe, analyste et chercheuse au Centre mondial pour la responsabilité de protection (GCR2P).

Mais « les groupes armés séparatistes ont également commis des exactions, notamment des enlèvements et des meurtres de civils. », poursuit Juliette Paauwe.

Face à cette situation désastreuse, plusieurs Camerounais, anglophones comme francophones, exigent aujourd’hui du Président BIYA la résolution pacifique de cette guerre civile qui a déjà fait des milliers de morts.

La réforme consensuelle du système électoral

Propice à toutes sortes de fraudes, le système électoral camerounais, dans l’état actuel, ne permettra pas au pays de connaître une alternance pacifique à sa tête.
« Notre système électoral a montré ses limites, il faut le réformer. Nous avons élaboré une proposition de loi en 2014 et nous l’avons déposée à l’Assemblée, mais elle n’a toujours pas été portée à l’attention de son bureau. », déclarait Maurice KAMTO du MRC à la presse.

« Depuis le retour du multipartisme au Cameroun dans les années 1990, toutes les élections organisées ont été, selon les partis politiques de l’opposition et de nombreux observateurs nationaux et internationaux, entachées de nombreuses irrégularités parmi lesquelles figure en bonne place la fraude », peut-on lire dans une publication intitulée : « PRÉVENIR ET LUTTER CONTRE LA FRAUDE ÉLECTORALE AU CAMEROUN », de l’ONG Friedrich Ebert Stiftung.

L’Union Européenne et les États-Unis, quant à eux, ont à plusieurs reprises relevé l’importance d’une réforme consensuelle du sytème électoral. Il est question de préserver la stabilité politique et sécuritaire du Cameroun. Plusieurs Camerounais s’accordent aujourd’hui sur l’urgence de cette réforme.