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Opinions of Friday, 10 January 2020

Journaliste: Michel Biem Tong

Voici pourquoi Seta Kevin a été décapité

D’après une source bien informée proche de l’armée camerounaise qui a requis l’anonymat, Seta Kevin, le caporal-infirmier du Bataillon d’intervention rapide (BIR) dont l’image de la décapitation a fait le tour des réseaux sociaux le 23 décembre 2019, a été tué par les milices terroristes du régime de Yaoundé. Il s’agit de ces escadrons de la mort suggérés par les services secrets camerounais (dont la Sécurité Militaire)dont le but est d’assassiner avec décapitation civils et militaires, filmer, répandre les images sur les réseaux sociaux et prétendre qu’il s’agit d’un crime des séparatistes armés, à des fins de propagande.

En effet, nous raconte la source, Seta Kevin vivait en parfaite harmonie avec les populations de Mbengwi (nord-ouest anglophone) dont certains sont aussi membres des forces indépendantistes. En octobre dernier, il s’y trouvait pour se remettre d’une grosse blessure qu’il a contracté au niveau de son pied droit : « c’est un de ses camarades d’armes qui lui a tiré dessus parce que soupçonné d’être proche des ambazoniens », nous confie notre informateur.

Après 3 semaines passées auprès des siens à Mbengwi, poursuit la source, Seta Kevin a reçu l’ordre de sa hiérarchie de remonter sur Bamenda où alors il sera affecté à Yaoundé. Seta Kevin n’a pas obtempéré. D’où son arrestation et sa détention pendant 2 semaines (courant novembre 2019) dans un camp militaire à Bamenda : « durant sa détention, son téléphone a été confisqué et passé au peigne fin afin de vérifier s’il a reçu ou va recevoir le moindre appel téléphonique ou Whatsapp d’un Amba Boy. Ce qui n’a pas été le cas. Voilà pourquoi il a été relâché. Il est reparti à Mbengwi ».

Selon notre source, Seta Kevin a été tué par le régime de Yaoundé parce qu’il le soupçonnait de vouloir déserter l’armée. En effet, nous explique l’informateur, Seta Kevin avait obtenu un visa tourisme pour Dubaï, aux Emirats Arabes Unis où il devait demander l’asile. Au moment où il est enlevé par la « brigade criminelle » du régime, Seta Kevin se rendait à Douala pour prendre son vol. C’est dans ces circonstances que le 21 décembre 2019, il été tué et décapité.

Crédible ou pas, ce témoignage de notre informateur ne nous conforte pas moins dans nos précédents écrits : l’assassinat de l’infirmier-caporal Seta Kevin présente des traces de phalanges criminelles du pouvoir de Yaoundé. La preuve en est que les toutes premières personnes à partager l’image du supplice de ce jeune soldat ce sont les agents de ce régime assassin sur les réseaux sociaux tels que Nkonda Titus aka Ma Kontri Pipo Dem, Roland Mua (tous deux proches d’Atanga Nji), Patrick Duprix Mani, Patrick Mballa, Armand Willy, Rolly Londell Klein, Hervé Parfait Mbapou (ami du criminel Joël Emile Bamkoui, patron de la Sécurité Militaire). Ces derniers se sont empressés d’attribuer cet acte criminel aux séparatistes armés, l’objectif étant que la communauté internationale classe les groupes armés indépendantistes parmi les organisations terroristes.

Plusieurs fonctionnaires et hommes en tenue (militaires, policiers, gendarmes, gardiens de prison), anglophone d’origine, sont de plus en plus ciblés par cette brigade criminelle parce que les liens familiaux avec leurs frères qui luttent pour leur autonomie en font des soutiens des « ambazoniens ». La gardienne de prison Florence Ayafor en a souffert le martyr. Elle qui a été égorgée le 29 septembre 2019 par la milice criminelle du pouvoir de Yaoundé. Son seul crime : avoir accordé son attention aux prisonniers de la crise anglophone détenus à Bamenda.