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Opinions of Thursday, 27 December 2018

Journaliste: Dieudonné ESSOMBA

Voici pourquoi Kamto et Nganang veulent engager les Bamiléké au front

Quand nous dénoncions violemment la Meute Tribale de KAMTO, certains esprits retors nous ont classé comme tribaliste, alors que nous mettions le doigt sur un terrible phénomène qui ne peut que s’amplifier au cours du temps, et dont le Cameroun subira plus tard les terribles effets.

On veut nous parler de tribalisme au Cameroun, bien sûr que ce tribalisme existe. Mais ce qui est visible au Cameroun, ce n’est pas le tribalisme latent et instinctif, somme toute inoffensif qu’on serait en droit d’attendre d’un pays aussi divers. Car dans ce tribalisme dénoncé dans les réseaux sociaux, on n’a pratiquement jamais eu de débats tribalistes entre les Bassa, les Bakweri, les Moundang, les Mboum, les Bamoun ou les Makia.

Par contre, il existe une idéologie, le « bamilekisme » ou « ndogmisme » et son pendant, « l’antindogmisme » qui alimentent 99,99% des débats de nature tribale au Cameroun.

Le « ndogmisme » est le droit revendiqué par certaines franges Bamileke à avoir un accès préférentiel aux avantages collectifs sur la base d’une supériorité ontologique autoattribuée.

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Les arguments de cette doctrine s’appuient sur une sorte de nazisme tropical qui classe les tribus camerounaises en « tribus de médiocres » qui devraient céder la place et l’espace vital à la « tribu des travailleurs ».

Cette prééminence sera donc bâtie sur des supériorités plus ou moins surfaites : large supériorité démographique, contrôle de toute l’économie, parasitisme des autres communautés, notamment de celle qui est au pouvoir, réussites commerciales dans les grandes villes, résultats des étudiants dans des disciplines scientifiques, etc.

Naturellement, le ndogmisme suscité des réactions hostiles, sous la forme d’un « antindogmisme » aux formes aussi diverses que les auteurs. On y trouve dans un extrême des spécialistes qui tentent de remettre les pendules à l’heure, en présentant les données sociologiques et économiques réelles du Cameroun, données qui ne confirment nulle part la moindre supériorité d’une communauté camerounaise sur les autres.

A l’autre extrême, il y a d’autres qui croient réellement à cette supériorité qu’ils considèrent comme une menace, la redoutent et sont prêts à y mettre fin.
Voilà le paysage du débat dit tribal au Cameroun. Le débat tribal proprement dit n’existe pratiquement pas. C’est plus le ndogmisme et son pendant qui alimentent ces débats.

A certains égards, le ndogmisme est au tribalisme ce qu’est l’antisématisme au racisme : il s’agit ici, non pas d’une haine généralisée de chaque communauté vis-à-vis des autres, mais d’une hostilité collective que suscite une communauté spécifique pour des raisons plus ou moins fondées.
Le ndogmisme lui-même comprend des tendances. Dans la plupart des cas, les partisans réclament tout simplement un peu plus de justice.

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Mais il existe une frange qui croit dur comme fer à cette prééminence et surtout, qui veulent l’utiliser pour obtenir, de gré ou de force, les réformes du système dans le sens qui leur plaît. L’un de leurs axes d’action est la conquête du pouvoir d’Etat qui leur permettrait de confectionner un système à leur guise.

Convaincus de leur large supériorité, ils ne supportent pas qu’une Communauté aussi nombreuse que les Bamileke acceptent de subir l’autorité d’une « petite tribu » comme les Bulu, ni même qu’ils se soumettent à des règles acceptées par tout le monde comme l’équilibre régional, ou le respect des minorités, alors que ces règles entravent leur expansion et qu’ils ont les moyens d’y mettre fin.

Les échecs politiques, loin de les ramener sur terre, ne font qu’aiguiser leur colère et leur acharnement. D’où le désir impatient d’une guerre dont l’issue pour eux ne ferait l’ombre d’aucun doute, puisque manifestement, ils la gagneraient.

Leur attitude devient dès lors simple : inciter compulsivement les Bamileke à attaquer en premier lieu, ou, à défaut, si les Bamileke ne le veulent pas, provoquer les autres pour attaquer les Bamileke, l’essentiel pour eux étant de déployer la formidable puissance des Bamileke pour assujetir définitivement les autres.

Il n’y a aucune différence entre KAMTO, ses Meutes et NGANANG : c’est la même équipe, avec une stratégie où chacun joue son rôle.