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Opinions of Tuesday, 4 February 2020

Journaliste: Douala Ngando

Voici la somme que le RDPC veut dépenser pour contrer le boycott de Kamto

La montée inéluctablement grandissante du Boycott a déjà obligé le régime de Yaoundé à débloquer près de 2 milliards de prime pour les responsables de l’opposition qui vont les accompagner. Mais apparemment cela ne suffit pas à arrêter la popularité du boycott. C’est pourquoi le régime envisage de mobiliser 30 milliards de Fcfa pour attirer aux urnes la minorité d’électeurs d’ELECAM tenaillée par la famine.

Beaucoup de Camerounais, tout comme beaucoup d´autres Africains, ont du mal à s´imaginer le phénomène de famine au Cameroun, un pays riche de l´Afrique Tropicale. Les Camerounais ont faim. A titre d´illustration. le salaire moyen d´un enseignant Sénégalais est le quintuple de celui d´un enseignant Camerounais. Le salaire minimum (dont se vante le Professeur Joseph Owona) est de 36 000 Fcfa/mois. Les artistes Camerounais ont reçu, au titre de la redevance annuelle, 10000 francs chacun pour l’année 2019., etc.

A travers toutes ces illustrations, ceux qui connaissent le niveau de cherté de la vie au Cameroun, peuvent très facilement conclure que les Camerounais ont faim. Une famine que le régime entretient méticuleusement pour mieux manipuler et contrôler les Camerounais. Et jusqu’à présent cela a marché avec des résultats très spectaculaires. Par exemple, le Cameroun est le seul pays où les partis d’opposition proclament qu’ils font la politique pour accompagner le régime au pouvoir. Le Cameroun est aussi le seul pays où les responsables de l’opposition, après un passage par la case prison, doivent s’excuser auprès du régime avant de le remercier pour cette punition salutaire, ultime étape avant de le rejoindre dans un soutient qui constitue une vraie leçon sur la notion de virage à 180 degré. Et pour quelques millions de plus, ces mêmes opposants se battent pour une légalisation de la fraude électorale qui doit consacrer la victoire éternelle du parti au pouvoir. Etc…

Ce contrôle sur les Camerounais est si granitique que les résultats des élections au Cameroun sont connus pratiquement 5 ans à l’avance et toute la mission de ELECAM ne se résume qu’à justifier un fort taux de participation qui plébiscite le RDPC et sa gestion calamiteuse du pays. Mais voilà, tout cela était avant le veto d’un certain Maurice Kamto qui va non seulement dénoncer le jeux trouble, malsain et mortifère des responsables politiques de l’opposition mais il va appeler les Camerounais à ne pas participer à ce cirque en lançant le boycott. Cet appel du président Maurice Kamto a pris le régime et les opposants de court et le MINAT, très renseigné sur la santé de fer du boycott, a porté le message en haut lieu sur les ravages de l’urgence de la pensée. Et comme à leurs habitudes, le patron du MINAT lui a prescrit une solution alimentaire. Ce dernier va faire une sortie annonçant le déblocage de près de 2 milliards de FCFA pour les partis politiques.

Mais malgré cette sortie, le boycott caracole en tête des sondages (qui je vous le rappelle sont interdits au Cameroun). C’est pourquoi les ténors du RDPC se sont réunis en conclave pour proposer une assistance alimentaire, generalisée, directement aux électeurs. Une idée que les membres du régime ont initialement saluée avant de très vite se rebiffer quand on leur a présenté la facture de 30 milliards de Fcfa. Ce montant émane d’une simulation classique que le régime maitrise très bien.

En effet, le Cameroun est un pays qui a plus de 30 millions d´habitants. Ce qui peut représenter un corps électoral de près de 16 millions d´électeurs. Or d´une façon frénétique et rhétorique, le régime de Yaoundé avance, sans aucune justification, 7 millions d´inscrits et pour être plus précis, ELECAM reconnait environ 3 millions d´électeurs ou de votants.Autrement dit, au vu de ces chiffres, le boycott électorale au Cameroun est structurel. Et s’il faut sauver les apparences d’une fausse élection, alors il faudra mobiliser les 3 millions d’inscrits. Sachant que les Camerounais peuvent réclamer près de 10 000 Fcfa par votant, alors 30 milliards de Fcfa sera suffisant pour satisfaire l’abdomen des 3 millions de votant d’ELECAM et faire barrage au boycott.

Finalement, même si l’idée a été retenue, nous avons beaucoup de doute pour sa mise en application généralisée parce que :

Les Camerounais ne sont plus prêts à brader leur liberté dans cette grossière mascarade qui leur accorde un jour de ventre plein et 5 ans de famine, de misère et de tribulations.
Le régime, clairement en manque de ressources (tous les voyants sont au rouge) aura du mal à réunir une telle somme.
Et si le régime, qui s’est spécialisé dans la braderie et la mendicité, réussissait à réunir cette somme, personne ne croit que les radins du RDPC pourront acheminer ces sommes jusqu’aux électeurs.
Même si l’on confiait cette somme au plus meilleurs distributeur du régime, il n’arrivera pas à le faire en une semaine.
Bref, même si le boycott au Cameroun reste et demeurera l’option gagnante dans les élections organisées par le régime de Yaoundé, la victoire est déjà acquise au RDPC. Par contre, en cette année 2020, si le RDPC veut contrer le mot d’ordre de Maurice Kamto pour justifier le faux taux de participation, il faudra effectivement faire voir à l’électeur de ELECAM la couleur du billet de 10 000 Fcfa.

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