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Opinions of Tuesday, 5 February 2019

Journaliste: Abdelaziz Moundé Njimbam

Voici l'arme fatale pour abattre à jamais le régime Biya

Il faut s'appeler Israël...

- Pour que le Gouvernement de mon pays, le Cameroun, tremble. Un communiqué à la seconde, comme on reunit un Conseil des ministres en 10 mn, pour se desolidariser de la goujaterie et de l'ignoble propos, antisemite et tribaliste, d'un ministre pourtant recruté pour lutter contre son frère du village.

- Pour que le ministre de la Communication de mon pays, publie dès la seconde où l'Etat hebreu condamne la sortie d'un sous-ministre revisionniste, un texte pour se dedouaner comme on évite de parler de policiers et gendarmes qui tirent à vue, se gaussant du sang de manifestants pacifiques.

- Pour que le ministre des Relations extérieures reçoive en urgence un ambassadeur pour lui présenter des excuses qui ne sont completes que si elles sont accompagnées d'une ferme denonciation et punition des graves entorses à la cohésion nationale.

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Mais si vous êtes une composante, tribu, ethnie ou groupe de notre belle étoile nationale...
- On peut vous humilier, denigrer, balafrer et couvrir de toutes les saillies : le Gouvernement restera aussi silencieux que pour les détourneurs de milliards de la CAN, honteusement retiree au pays de Roger Milla.

- Un ministre peut, en artilleur d'une Armée de l'ombre, vous inonder des postillons les plus vils et abjects, le Gouvernement sera aussi muet que les carpes de Congelcam.

- On peut, parce que l'un de vos adversaires politiques les plus redoutables appartient à l'une de ces composantes, faire l'impasse sur des propos et attitudes graves d'humiliation publique d'une ethnie.

Imaginez un tel communiqué au plus fort de la crise dite anglophone pour recadrer Atangana Nji : on n'aurait pas eu le choc des pyromanes et des faucons.

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Imaginez un tel communiqué pour annoncer des sanctions contre ces hommes en tenue qui tirent sans relache sur les Camerounais manifestants. La condamnation juste du saccage des ambassades donnerait le change aux carnages.

Imaginez un tel communiqué pour recadrer le déni du ministre Tchiroma face à l'horreur des femmes et des enfants exécutés par des éléments de nos Forces de défense : Honneur et fidelité, antienne de notre Armée, aurait encore plus de sens.

Le Cameroun, nous ne cesserons de le répéter, n'est pas un problème pour les Camerounais mais les Camerounais sont un problème pour le Cameroun. C'est en prenant conscience de notre cancer national, celui du tribalisme non assumé, que nous parviendrons à en guerir.

Dans chacune de nos Aires culturelles, il existe des rites, methodes et techniques de catharsis, de therapie collective, de reunion et de rassemblement. Pour panser les plaies. Pour se parler. Pour circonscrire le mal. Pour vivre-ensemble dans la justice et la vérité.

C'est donc à cela qu'il faut collectivement s'atteler. Nous entrons dans les premisses de l'apres - Biya et il est temps d'y penser.

Ne soyons pas ceux qui restent sans s'abriter alors que les nuages s'assombrissent et que le tonnerre gronde. C'est maintenant qu'il faut travailler à ce dialogue national. Maintenant, car il risque d'être trop tard demain...