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Opinions of Wednesday, 2 June 2021

Auteur: Vincent Sosthène Fouda

Vincent Sosthène Fouda écrit un livre pour demander justice pour Jean Marie Benoit Balla

L’évêque de Bafia  a été tué il y a 4 ans L’évêque de Bafia a été tué il y a 4 ans

L’évêque de Bafia a été tué il y a 4 ans. Malgré les efforts de sa famille, Les circonstances de ce drame ne sont pas encore élucidées. Vincent Sosthène Fouda livre son enquête dans un livre

A la rentrée universitaire de janvier 2006 le Dr René Verreault du Centre d’excellence sur le vieillissement de Québec et à l’Hôpital du Saint-Sacrement, sur le chemin Sainte Foy avait accepté de m’admettre à la préparation d’une maîtrise de recherche en épidémiologie axée sur les maladies neuro-dégénératives. Compte tenu de mes parcours antérieurs, ce n’était pas gagné et plus d’un se serait posé la question de savoir pourquoi un tel revirement après des études de journalisme en premier à l’Ecole de Journalisme de Lille (70ème promotion) des études de philosophie et de théologie et enfin des études de sciences politiques à l’Institut d’Études Politiques de Grenoble. Un après-midi de mars 2019, alors que j’attends le long du boulevard Delattre de Tassigny la sortie des classes du primaire pour récupérer mon fils, j’aperçois un visage qui me semble familier. Je me dirige spontanément tout en fouillant dans mes souvenirs pour pouvoir mettre un nom sur ce visage.

C’est un visage rond, qui a pris très peu de ride depuis les années 90 ; un menton droit et des lèvres d’une sinuosité arithmétiques. Ses cheveux avaient blanchi mais il les avait toujours beaucoup sur la tête ; Loïc Hervouet m’a rappelé combien de fois je suis originellement journaliste. En me réinscrivant dans l’association des diplômés de cette école ou j’ai appris à «choisir», j’ai pu élaguer le millier de document en ma possession pour ne livrer que cette substantielle moelle. Cet ouvrage doit beaucoup aux rencontres faites notamment dans la compagnie de Jésus et au petit séminaire saint André de Bafia, tiens ! Séminaire du diocèse dont on déplore aujourd’hui l’assassinat de son troisième évêque. De nombreuses pistes ouvertes ici l’ont été à partir des archives des Pères Spiritains au 12 rue du Père Mazurié à Chevilly-Larue, c’est là que repose monseigneur André Charles Lucien Loucheur premier évêque de Bafia. Les connaissances que j’ai de la science médico-légale, je les dois non seulement à mes enseignants à l’université Laval mais aussi aux nombreuses formations ouvertes chaque année par l’Institut médico-légal de Paris sous la direction du Prof. Bertrand Ludes. Pour ce qui est de l’utilisation des images aériennes, j’ai bénéficié de la fraternité du Père Jean-Baptiste Kikwaya de l’Observatoire du Vatican et de la Nasa. Merci pour les recommandations, il m’a appris que les rencontres que nous faisons sont des paraboles que nous devons apprendre à décrypter au même titre que la phrase énigmatique trouvée aux environs de 10 h du matin dans le véhicule stationné sur le pont d’Ebebda «je suis dans l’eau». Toutes les questions liées à la police notamment scientifique, je dois tout à la promotion 97-99 de l’École des Commissaires de Police de Saint-Cyr. Je suis heureux d’avoir été à l’aumônerie de cette école et d’y avoir lié de solides amitiés.


Pour ce qui est de la connaissance du diocèse de Bafia, de la géographie, de l’anthropologie et de l’ethnologie du milieu ainsi qu’une partie du diocèse d’Obala, outre le fait d’y avoir passé une partie de mon enfance, je dois beaucoup aux travaux de l’ethnologue Jean-Pierre Ombolo prêtre de l’archidiocèse de Yaoundé et aux géographes de l’Orstom. L’homme Jean-Marie Benoît Bala j’ai appris à le découvrir sous le regard de bien d’autres témoins, évêques, prêtres, religieux religieuses, laïcs. Les enfants devenus adultes qui l’ont eu comme aumônier de l’Ace Cop Monde. Beaucoup d’hommes et de femmes dont il a été la bouée notamment en payant leurs études. Je dois beaucoup à un camarade d’enfance de Jean-Marie Benoit Balla ; installé à Mbalmayo. Il a supporté le décalage horaire entre nous, il a joué aux archivistes et recherchistes pour vérifier telle ou telle information sans jamais se lasser.

Remerciement

Au moment de sceller ce manuscrit, je voudrais remercier le prof. Paul-Hubert Poirier du département de théologie de l’université Laval pour l’aide précieuse qu’il m’a apportée en me promenant dans le grec ancien. Sa générosité n’a d’égal que son accueil. Merci au Père Eloi Messi Metogo (O.P) il nous a quittés avant de voir le grand feu d’artifice de la Vérité. Tu as été mon lien permanent et renouvelé avec la théologie. Merci à Djoumessi Jaures pour m’avoir ouvert cette piste de recherche le 31 mai 2017 au détour d’une phrase: “Ça ressemble plus à un meurtre maquillé en suicide”. Merci renouvelé à ma collègue Kavita Singh de l’African American and Diasporic Literatures de l’université de Houston, spécialiste des sociétés secrètes de l’Afrique noire. Merci aux nombreuses personnes sans visage au Cameroun qui nous ont nourris de leur souffle pour aller jusqu’au bout. J’ai envie de dire comme Finn MacColl, Sur la route de Sion j’ai rencontré une femme une belle bergère Qui murmura ces mots Et in Arcadia Ego.

J’ai voyagé vers l’Est et traversé des montagnes rouges, Saint Antoine, l’ermite, m’a parlé; “Hors d’ici! Hors d’ici! Car de Dieu je tiens les secrets.” Au temps de la moisson Je me suis reposé et cherché les fruits de la vigne ; Je les ai vues, dans le soleil de midi, les pommes bleues, les pommes bleues Et in Arcadia Ego. A l’ombre de Marie J’ai trouvé les secrets de Dieu. Oui finalement comme c’est beau de voir combien les symboles de nos coutumes nous parlent, la danse du soleil alors que le cercueil de Jean-Marie Benoît Bala quittait la cathédrale Notre Dame des Victoires de Yaoundé devint tout au long de ces jours, de ces mois l’invite intérieure pour moi d’aller jusqu’au bout...Merci à Mgr Joseph Akonga Essomba mon spécialiste de l’exégèse, son homélie fut l’unique fil à suivre pour ouvrir de nombreuses portes. Parce que je porte seul tout ce qui est dit dans ce livre, je tiens à ne citer aucun nom des hommes et des femmes, des prêtres, religieux et religieuses que j’ai rencontrés dans différents villages de Bafia, d’Oveng, de Mbalmayo et qui m’ont aidé à comprendre et à rendre intelligible je l’espère pour d’autres le drame qui s’est noué dans la nuit du 30 au 31 mai 2017 et qui s’est soldé par le décès de Jean-Marie Benoît Bala évêque.

Je voudrais dire merci à mon épouse qui est à mes côté jour et nuit. Quand je fus agressé au Cameroun dans ma résidence le 24 octobre 2017 aux environs de 7h du matin et que les images de ma nudité furent diffusées au journal télévisé d’une chaîne de télévision en violation du préambule de la Constitution du Cameroun, mon épouse disais-je qui reçut ces images avec le message suivant de la part d’un colonel de gendarmerie : «votre époux a été assassiné cette nuit dans un hôtel par un de ses nombreux amants», elle fut debout et dans le premier avion pour être à mes côtés. Merci à nos enfants, à mes filles Olga et Carine qui ont choisi de faire médecine. Merci à Jessy-Jonathan, Théry-Sosthène, Moïsha, Eithan-Stanislas, Annièla-Maguylène, ShireRose ces belles petites plantes qui verdissent notre jardin. Je me suis attaché à rendre fidèlement cette enquête, à rester le plus près de la vérité des faits. Merci à cette religieuse visiteuse de la dernière heure: “Si tu sais combien de fois je prie pour toi.” Si des erreurs s’y sont glissées, j’en assume seul la responsabilité pleine et entière. Aucune personne des personnes citées plus haut ne saurait en porter le reproche.

Quatre ans après l’assassinat de monseigneur Jean Marie Balla, incapable de demander justice, les parents qui autrefois avaient envoyé leurs enfants poursuivre leurs études secondaires dans le fameux établissement Athenée de la Sapience les ont tous retirés. Le sang de Jean-Marie Benoît Balla crie toujours justice et féconde la terre camerounaise quatre ans après. Il est de même pour l’histoire jésuite Engelberg Mveng assassiné le 22 avril 1995 à Yaoundé.