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Opinions of Tuesday, 11 August 2020

Journaliste: BORIS BERTOLT

Un fils de la Vallée du Ntem remet le milliardaire Emmanuel Neoussi à sa place

Au Cameroun, le repli identitaire a gagné du terrain et certaines personnes veulent que le vivre ensemble soit à sens unique. Tout Camerounais doit pouvoir être à l'aise partout où il se trouve. Mais pour le moment ce n'est pas le cas.

D'autres s'efforcent et d'autres sont forcés de vivre ensemble. Nous ne refusons pas que l'un des problème de Néo c'est que son PCA est soit de l'Ouest Cameroun. Mais En réalité c'est pas ça le problème.

Le processus de décentralisation prôné par Paul Biya vise à faire participer au maximum les populations dans la gestion des collectivités. Elles doivent décider elles mêmes de ce qui est bien pour leurs communautés.

Comment comprendre alors qu'en plein processus de décentralisation un paysan en se rendant dans son champ trouve qu'on est en train de planter une borne. Et surtout il ne sait pas de quoi il s'agit.

Selon certaines personnes, il ne doit pas se poser de question, il doit tranquillement rentrer chez lui et attendre qu'une certaine élite vienne lui dire de revendiquer ou vienne le manipuler comme disent certains. Ça veut donc dire que ce paysan n'a même pas le droit de connaître ce qui est bien pour elle.

Non seulement on a décidé sans lui mais il faut aussi que quelqu'un vienne lui dire que c'est le moment de revendiquer. Je crois que c'est de l'injure envers ce paysan.

La Vallée du Ntem que je connais a une ressource humaine inestimable. Même nos grands parents ont fait la bonne école. Les populations que vous voyez sont parfois d'anciens fonctionnaires à la retraite. Et n'en parlons pas de nous qui sommes leurs fils.

Nous avons tout ( les Avocats, les Magistrats, les policiers. Les militaires, les financiers les hommes d'affaires, les professeurs d'université et de lycée...). C'est cette population qui doit attendre que l'élite vienne leur dire qu'il est temps de revendiquer ses droits.

Je refuse que certaines personnes estiment qu'elles connaissent ce qui est bien pour nous mieux que nous mêmes et que nous n'avons pas le droit de revendiquer ou de nous s'interroger.

Si on prend le cas des zones au Cameroun où l'on a implanté ce genre de projet comme dans la zone de la Haute Sanaga avec le projet de la canne à sucre peut on véritablement parler de développement ? Il y a toujours le problème de route, d'école eau électricité et autres.

Donc nous avons le droit d'être septiques. Au contraire ce genre de projet est souvent porteur de beaucoup de fléaux inhabituels dans la communauté. Nos filles, les grossesses et les enfants de pères inconnus.

La procédure cavalière de concession vient renforcer ces doutes. Si c'était un bon projet qui visent le bien être de la population et non des intérêts mercantiles et capitalistes tout allait se faire dans les règles de l'art. D'ailleurs pour que ce genre de projet marche, il doit avoir l'adhésion de la population sur qui il devra tôt ou tard s'appuyer.

Des fonctionnaires à Yaoundé et Ambam ont fini de décider de ce qui est bien on doit seulement s'aligner.

Je termine en disant que Je ne doute pas que l'un des problèmes de Néo c'est qu'il est de l'Ouest mais le véritable problème ici c'est qu'il a dépensé de forte sommes d'argent pour mouiller le réseau afin d'obtenir ces terres.

Il a corrumpu les autorités, certaines élites. Il savait que tout allait rouler et est surpris par les blocages. C'est pour ça qu'il pense que cette elite est de mauvaise foi. Car c'est elle qui devait sensibiliser la population.

Contrairement aux autres, Néo a déjà bien dépensé et n'est pas prêt à perdre cet argent. C'est pour ça que c'est Néo qui gesticule beaucoup. Et c'est pour ça qu'on a l'impression que c'est le seul acteur. Alors qu'il ya PAC et autres.”

Mon commentaire: Je souhaite un débat apaisé, technique s’il le faut, mais dans le respect des différents points de vue. Je vais publier les tribunes sur le sujet mais elles doivent être courtoises. Ça prend du temps pour construire des jeunes États et démocraties comme les nôtres. Mais on y parvient toujours dans le débat et le respect de la contradiction. Car c’est de l’échange que naît la lumière.