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Opinions of Thursday, 8 July 2021

Auteur: Jean Bonheur Résistant

Tribalisme d'Etat dans la direction des Universités publiques au Cameroun

Image d'archives Image d'archives

C'est une analyse comparée au sein des Universités de Yaoundé I, Yaoundé II, Douala, Dschang et Ngaoundéré faite par l'activiste Jean Bonheur Résistant sur la représentation des différentes ethnies du Cameroun dans l'occupation des fonctions dans les universités publiques camerounaises.

La rédaction de CamerounWeb vous propose cette analyse

L'organigrammes des universités sur la base des informations disponibles sur leurs sites internet et dans lesquels quelques nominations les plus récentes n’ont parfois peut-être pas encore été mises à jour.

« FACTS ARE STUBBORN THINGS, BUT THESE ARE THE FACTS »

1. Université de Yaoundé I

Pr. SOSSO Maurice Aurélien, Recteur
Pr. OWONO OWONO Luc Calvin, Vice-recteur n°1
Pr. OWONA NGUINI Eric Mathias, Vice-recteur n°2
Pr. ABOYA ENDONG Manassé, Vice-recteur n°3
Pr. ONGUENE ESSONO Christine, SG
Pr. ANDJIGA Nicolas Gabriel, DAAC
Pr. BELLA Bienvenue Cyrille, DIPD
Pr. ZE AKAM Pauline, DAAF
Pr. MEDJA EKOTO Chanty Violette, DCOU
Pr. ZE MINKANDE Jacqueline, Doyen FMSB
Pr. EWANE ESSO Christiane Félicité, Doyen FALSH
Pr. TCHOUANKEU Jean Claude, Doyen FS
Pr. ETOUA Rémy Magloire, Directeur ENSP
Pr. BEYA WAKADA Annie Sylvie, Directrice ENS
Pr. NDJAKOMO ESSIANE Salomé, Directrice ENSET

2. Université de Yaoundé II

Pr. MINKOA SHE Adolphe, Recteur
Pr. EBANA MVOGO Côme, Vice-recteur n°1
Pr. MOL NANG, Vice-recteur n°2
Pr. BILOA Edmond, Vice-recteur n°3
Pr. MEVOUNGOU NSANA Roger, Vice-recteur n°4
Pr. MEDJO EKO Robert, Vice-recteur n°5
Pr. TANG Delphine Alice, SG
Pr. NTONO TSIMI Germain, DAAC
Pr. ZO’OBO Franck Calvin, DIPD
Pr. PETTANG Crispin, DAAF
Pr. NTEN NLATE Samuel, DCOU
Pr. ONDOUA Alain Franklin, Doyen FSJP
Pr. AVOM Désiré, Doyen FSEG
Pr. BOYOMO ASSALA Laurent, Directeur ESSTIC
Pr. AKAM EVINA, Directeur IFORD
M. EHETH Salomon, Directeur IRIC

3. Université de Douala

Pr. ONDOA Magloire, Recteur
Pr. AWONO ONANA Charles, Vice-recteur n°1
Pr. EKAMBI DIKONGUE Guillaume, Vice-recteur n°2
Pr. MBARGA BONDZI Alain Christian, Vice-recteur n°3
Pr. MODI KOKO BEBEY Henri Désiré, SG
Pr. MBARGA BINDZI Alain Christian, DAAC
Pr. NGO NONGA Fridoline, DIPD
M. WENANG Samuel Marcelin, DAAF
M. EBENDENG ONDO Valère, DCOU
Pr. AKAM AKAM André, Doyen FSJP
Pr. BEKOLO Claude, Doyen FSEGA
Pr. KPWANG KPWANG Robert, Doyen FLSH
Pr. MOUKENGUE IMANO Adolphe, Doyen FGI
Pr. NIDA NTAMAK Marie Joseph, Doyen FS
Pr. MOUELLE SONE Albert, Doyen FMSP
Pr. ANGOUA NGUEA Annette, Directeur IBA
Pr. TOMEDI EYANGO TABI ABODO, Directrice ISH
Pr. ETAME Jacques, Directeur lUT
Pr. TAMOKWE PIAPTIE Georges, Directeur ESSEC

4. Université de Dschang

Pr. TSAFACK NANFOSSO Roger, Recteur
Pr. NJOYA Jean, Vice-recteur n°1
Pr. METOU Brusil, Vice-recteur n°2
Pr. MANE MANE Jeannot, Vice-recteur n°3
Pr. MVELE MINFENDA, SG
Pr. WANDA Robert, DAAC
Pr. KAMDEM Emmanuel, DIPD
Pr. NGNOKAM WANSI Sylvie, DAAF
M. ZIE ZIE Gothard, DCOU
Pr. GASTI Jean, Doyen FSJP
Pr. BITOM Dieudonné Lucien, Doyen FASA
Pr. UM NGOUEM Marie-Thérèse, Doyen FSEG
Pr. NGAMENI Emmanuel, Doyen FS
Pr. TSALEFAC Maurice (décédé en 2021), Doyen FLSH
Pr. GHOGOMU Richard, Directeur IBA
Pr. TATSIETSE TAMO Thomas, Directeur IUT-FV

5. Université de Ngaoundéré

Pr. UPHIE CHINJE MELO Florence, Recteur
Pr. DOKA YAMIGNO Serge, Vice-recteur n°1
Pr. BEDA TIBI, Vice-recteur n°2
Pr. BIWOLE FOUDA jean, Vice-recteur n°3
Pr. Victor Emmanuel Bokalli, SG
Pr. NGAH Esther, DAAC
Pr. HALIDOU MAMOUDOU, DIPD
Mr. OUMAROU Emmanuel, DAAF
Pr. IYA MOUSSA, DCOU
Pr. NZHIE ENGONO Jean, Doyen FLSH
Pr. ONANA Janvier, Doyen FSJP
Pr. EDIMA Hélène Carole, Doyen FS
Pr. HAMADOU BOUKAR, Doyen FSEG
Dr. HAMADOU BA, Doyen FMSB
Dr. MVONDO MBOZO'O Samuel, Directeur CMS
Pr. NSO JONG Emmanuel, Directeur ENSAI
Pr. NKOUAM Bernard Gilles, Directeur EGCIM
Pr. MOHAMMADOU BOUBA Adji, Directeur IUT
Pr. KAMGANG KABEYENE Véronique, Directrice ENS
Pr. MAMOUDOU ABDOULMOUMINI, Directeur ENSV
Dr. DAYANG Paul, Directeur CDTIC

En résumé, sur plus d’une soixantaine de nomination de M. Biya à des responsabilités universitaires de premiers plan dans uniquement ces 4 universités d'Etats, près des 4/5 sont issues du même cercle clanique. Seuls des personnes aveugles ne décident pas de ce qu'ils peuvent ou ne pas voir, mais visiblement beaucoup de clanistes deviendraient bien volontairement '‘très’' aveugles dès que cela les convient claniquement. Ici il ne se s'agit que des fonctions de direction au sommet de la pyramide universitaire, mais la tendance est similaire, voire pire, lorsque vous consultez l'organigramme au niveau de la direction de chaque Faculté ou de chaque Grande Ecole. Vivement un système de gouvernance ou les responsables universitaires ne seront plus « choisis » par un décret présidentiel ou par la simple volonté d’un ministre, mais où au contraire les responsables académiques seront « élus » par leurs pairs. Car c'est ainsi que cela fonctionne en majorité dans le monde, du fait de l’autonomie des universités.

A observer uniquement la composition sociologique des responsables de premiers rang des universités de Yaoundé I et II, l’on est légitimement en droit de se demander : si près de 95% des responsables universitaires sont originaires uniquement des régions du Centre-Sud, pourquoi près de 95% des responsables universitaires des Universités de Bamenda et de Buea ne devraient-ils pas, eux-aussi, être originaires uniquement des régions du NW-SW ? Pourquoi près de 95% des responsables universitaires des Universités de Ngaoundéré et de Maroua ne devraient-ils pas, eux-aussi être originaires uniquement des régions du Septentrion ?

De même, si près de 100% des responsables universitaires de l’Université de Yaoundé sont des « Beti et Apparentés », pourquoi près de 100% des responsables universitaires de l’Université de Douala ne devraient-ils pas, eux-aussi, être des « Sawa et Apparentés » ? Pourquoi près de 100% des responsables universitaires de l’Université de Dschang ne devraient-ils pas, eux-aussi, être des « Bamilékés et Apparentés » ? Pourquoi près de 100% des responsables universitaires de l’Université de Bamenda ne devraient-ils pas, eux-aussi, être des « Anglophones et Apparentés » ? Pourquoi près de 100% des responsables universitaires de l’Université de Ngaoundéré ne devraient-ils pas, eux-aussi, être des « Sahéliens et Apparentés » ? Pour précision, le concept des « originaires et leurs apparentés » est du bonbon Pasteur Ntimbane et tous les droits de réutilisation de cette expression lui sont bien sûr entièrement réservés!

Au Cameroun du Renouveau, l’application à géométrie plus que variable de « l’équilibre régional » n’est que l’un des pans de l’imposition d’un Tribalisme d’Etat sans précédent à l’ensemble de la nation. Et toutes les régions du Cameroun se retrouvent ainsi négativement impactées par ce tribalisme d’Etat, à l’exception des clanistes et de leurs proches. Et le plus affligeant est que le « déséquilibre régional » ainsi appliqué ne profite même pas aux populations locales des régions s’arrogeant toutes fonctions de responsabilités, mais profite uniquement à ceux-là qui du sommet de l’Etat mettent en place une telle discrimination. Les populations locales baignent dans l’euphorie du pouvoir qui selon elles serraient tout de même détenues par des « ressortissants » de leurs régions respectives, mais elles ne réalisent pas toujours que la « détention » de ce pouvoir depuis plus de 40 ans n’a toujours uniquement enrichie que ceux qui les détiennent et n’a jamais véritablement profité au développement local de leurs régions respectives.

Non au tribalisme d'Etat Institutionnel au Cameroun (TEIC) et non à l'accaparement de tous les pouvoirs de décision par un cercle d'individus s'appuyant avant tout sur des critères tribaux et ethnicistes (les Clanistes). Aujourd'hui les Clanistes se victimisent et crient au tribalisme dès que leur tribalisme d'Etat est publiquement questionné. Mais ce n’est pas cela qui stoppera leur mise à nu et l’exposition crue de leur fourberie et grande hypocrisie depuis déjà 4 décennies de pouvoir. Les enfants biberonnés au tribalisme d’Etat sont parfois même encore plus dangereux que leurs géniteurs. Le venin du serpenteau n’est pas moins létal que celui d’un serpent adulte, tout au contraire, il est bien plus rapide, bien plus agressif, et bien plus virulent, et ce n’est là que l’effet normal d’un instant de survie, s’il voudrait, lui aussi, pouvoir suivre avec succès le même parcours que ses géniteurs. Stop au tribalisme d'Etat au Cameroun.

Le Cameroun que souhaite la Renaissance, contrairement à celui au régime du Renouveau dans lequel nous vivons actuellement, n’est pas un Cameroun de bantoustans ethnorégionaliste. Le Cameroun que promeut la Renaissance est un Cameroun de véritable inclusion nationale, où le pouvoir d’Etat n’est pas accaparé par des cercles individus et transmis de façon héréditaire et familiale, ou en fonction d’une appartenance à des cercles exotériques Le Cameroun que promeut la Renaissance est un Cameroun où chaque Camerounais se sentirait partout Camerounais à part entière, et pleinement pris en compte dans la construction quotidienne de la nation et d’un bien-être commun. Un Nouveau Cameroun est véritablement possible. Pour cela il ne reste plus qu’à dégager définitivement le régime RDPC-Biya qui a pris en otage ce pays et est finalement parvenu à le plonger dans la guerre civile par sa méthode de gouvernance.

Le Cameroun de la Renaissance, c'est un Cameroun où les hauts responsables au sein par exemple d'une Université d’État ne seront pas le reflet sociologique d'une même aire géographique, mais à minima le reflet du choix démocratique des pairs (des universitaires eux-mêmes) et par inévitable ricochet le reflet sociologique de la nation toute entière (car il est objectivement et même biologiquement impossible que les plus méritants ne pourraient provenir que d'une même localité du pays, fut-elle celle du président de la république). Non au tribalisme d’État et non à la Victimisation inversée. Les citoyens intègres du Centre-Sud du Cameroun sont ceux et celles-là qui en premiers prennent les devants pour dénoncer le tribalisme d’État au Cameroun et ne se complaisent pas dans des dénonciations sélectives. Et nous voyons tous très bien quel sort ce régime RDPC-Biya leur réserve également en retour au quotidien pour espérer servir d'exemples au reste des populations du Centre-Sud: maman Assomo, Sa Majesté Biloa Effa, le Chef de Minka, etc! Mais ce n'est pas cela qui empêchera la Renaissance du Cameroun à laquelle aspire tout citoyen honnête.

C'est également par l’engagement et le sacrifice des enfants opprimés du Centre-Sud que le Cameroun se débarrassera de ce régime kleptocratique et gérontocratique qui l'a désormais pris en otage, de même que du tribalisme d’État qu'il a institué en mode de gouvernance et qui ne profite qu'à quelques-uns et leurs apparentés et alliés de circonstance, tout en jetant en pâture la majorité encore silencieuse des populations du Centre-Sud, non réellement bénéficiaires de ce tribalisme d’État institutionnalisé. Mais jamais la victimisation des clanistes et apparentés ne sera une excuse suffisante pour quiconque de raisonnable pour ne pas se joindre à la bataille pour le changement.