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Opinions of Saturday, 30 May 2020

Journaliste: Par Jérôme Kamdoum

'Shanda Tonme: La chauve-souris qui vole désormais en plein jour'

Shanda Tonme ou quand l’imposture se fait homme. La création de son parti politique, le MPDR, est juste l’aboutissement de décennies de perfidie. Shanda Tonme aura été toute sa vie une taupe, jusqu’à ce que le régime décide qu’il était temps pour lui d’être cette chauve-souris qui vole en plein jour. La vérité c’est qu’on n’a pas laissé le choix au patron du Laakam. En cette fin de règne, acculé, le régime pousse certains de ses pions à se découvrir, à assumer en mondovision leur soutien. Pour ceux qui ne le savent pas, Shanda Tonme, depuis 2013, avait été choisi par le régime pour contrer Maurice Kamto dont le parti créé en 2012 prenait déjà ses marques. Il fallait atténuer sa percée, et c’est à l’originaire de Bangou qu’on avait pensé. Il faut dire qu’en prenant les devants dans l’affaire Vanessa Tchatchou en 2012, l’homme avait davantage brodé son aura de fils d’or. Sauf que Shanda ne voulut pas se lancer, conscient à cette époque qu’il ne pouvait pas faire le poids face à Kamto. Pour bien comprendre l’histoire de cet homme il faut remonter le temps. En effet, Shanda Tonme est l’une de ces fabrications de la machine Biya pour rendre des services au système. A l’époque du tristement célèbre Minat Andze Tsoungui, le Laakam (une classe de hauts dignitaires et gardiens de la tradition bamiléké) et l’Essigan furent créés. Officiellement, il s’agissait de deux entités antinomiques, chacun défendant les intérêts du groupe tribal qu’il était censé représenté ; officieusement, ces deux officines servaient le même but, œuvrer pour le règne éternitaire de Paul Biya. Spécifiquement, Shanda Tonme, le patron du Laakam, qui se passait pour le défenseur numéro un de la cause bamiléké, est celui-là qui pénétra les milieux d’affaires camerounais. Son travail était d’identifier les hommes d’affaires qui, en en catimini, offraient un soutien à l’opposition. Il dressait des fiches de renseignement sur les hommes d’affaires, qu’il remettait au régime. On comprend donc pourquoi nombre d’entre eux eurent maille à partir à un moment donné avec le pouvoir, parce que présentés comme des traitres. C’est que, certains d’entre eux, nourrissant une confiance quasi-aveugle à l’endroit de Shanda du haut de son statut de président du Laakam, s’étaient laissés allés à des confidences. Mal leur en prendra.

A la réalité, cet homme, c’est toute une vie au service de l’imposture. Même ses diplômes sont questionnables. D’où tient-il son titre de professeur ? De quelle université ? Avez-vous déjà rencontré un seul étudiant qu’il aurait enseigné ? Comment gagne-t-il sa vie ?

Voilà donc au moins30 ans que Shanda Tonme rend service au régime. Il a notamment fait ses preuves durant les années de braise. C’est la raison pour laquelle il est nourri et engraissé par le cabinet civil où il est souvent aperçu pour émargement. Voilà comment il gagne sa vie. Ce n’est pas aujourd’hui qu’il va changer. Il a pour mission, à travers son nouveau parti, d’édulcorer voire de dynamiter le dynamisme du Mrc, notamment à l’Ouest. Le pouvoir compte sur lui pour un schisme. On lui donnera les moyens de cette politique. Etant donné que des pions comme Cabral Libii n’ont pas réussi à défaire Kamto, il aura fallu qu’on aille dans le même département que le leader du Mrc pour lui dénicher un concurrent. Diviser pour mieux régner. Mais, va-t-il réussir ou son affaire ne se limitera qu’à un effet d’annonce ? Ça sent le pétard mouillé.

Par Jérôme KAMDOUM

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