Vous-êtes ici: AccueilWallOpinionsArticles2019 09 30Article 472936

Opinions of Monday, 30 September 2019

Journaliste: BORIS BERTOLT

Scandale: un enfant meurt dans le ventre de sa mère à l’hôpital de Yassa

Nous sommes le samedi 21 septembre il est presque 4 heures du matin. Carole, enceinte de huit mois, au quasi terme de sa grossesse, est dans l’ambulance de l’hôpital – soit disant de référence – de la Clinique de Yassa. Avec elle le Dr Ngalame, un Gynécologue dudit hopital qui vient de la prendre en charge. Il a avec lui une note qui lui a été remise par son Gynécologue, le Dr NGwet Bell qui lui a aussi fait un briefing sur l’état de la patiente. La tension n’est pas inquiétante mais quelques gouttes de sang postulent d’un début de décollement du placenta. Mais « la situation est sous contrôle » rassure le Dr Gwet Bell qui passe le témoin à son collègue.

Le mari de Carole, Alex a du mal à suivre l’ambulance qui fend la nuit, dans sa propre voiture mais ce sens de diligence des services de l’hôpital de référence Gynéco-obstétrique est plutôt bon signe.

A priori, les choses sont simples : Carole enceinte de huit mois, suite à une FIV, a été prise de douleurs et de contractions vers 23 heures et a commencé à perdre les eaux vers 2 heures du matin. Sa tension est en légère élévation et le placenta semble décollé; on soupçonne un pic de tension et le risque d’éclampsie n’est jamais loin. D’où l’appel en urgence de la gynécologue de Carole à l’hôpital Gynéco-obstétrique de Yassa dont le plateau technique est réputé plus complet. Un gynécologue et une ambulance arrivent, sirène hurlante, rien de plus rassurant.

C’est à l’arrivée à l’hôpital de Yassa que le calvaire de Carole et d’Alex commence :

-Carole est abandonnée seule sur un brancard dans une salle de l'hôpital toute seule SANS SUIVI PARTICULIER. Même la perfusion placée à la Clinique de l’Odyssée n’est pas réactivée. Tout au plus une prise de sang, un nouvel écho et un touché. Les seules questions qui lui sont posées sont alors « a-t-elle de l’argent ? » « Avez-vous une assurance » ? Le temps passe. Le mari s’inquiète car la poche a cédé à 2h du matin. Elle va attendre ainsi plus de deux heures dans l’angoisse –seule – car son mari et sa mère doivent attendre dans une autre salle. Pour quel motif attend-on ? Pourquoi l’opération n’a passé été immédiate ? Mystère ?

- Alex reverra le médecin vers 5 h 30 pour apprendre qu’une opération est nécessaire mais qu’il faut attendre qu’un pédiatre arrive pour procéder à ladite opération. La dite pédiatre arrivant enfin indique qu’il n’y a pas de « place » pour le bébé. Elle doit en trouver une quitte à « débrancher un enfant qui est là depuis... ». Le mari sort du bureau du médecin, le moral au talon car il n’y a aucun signe d’une mobilisation d’urgence. Les médecins ont le temps de se faire des blagues et lui l’angoisse l’étreint mais il a Confiance.

- 6 h 45 : nouveau rebondissement : on tend un papier à Alex : il doit payer 200 000 F de caution pour l’opération TOUT DE SUITE. Il doit donc quitter l’hôpital pour trouver un distributeur de billets qui fonctionne. Il devra aller jusqu’à Bonanjo.

- Vers 7 heures du matin – enfin – Carole est transférée au bloc. Elle est sereine car « je sens encore mon bébé bouger ». Alex n’a pas pu la voir pour la rassurer ou lui glisser un petit mot d’amour ou d’encouragement : il devait absolument payer d’abord. Ce qu’il fera vers 7 h 20.

- A 8h10 Alex est appelé par Une infirmière : l’accouchement ne s’est pas bien passé. L’enfant était mort quand on a ouvert. Sur ce, le personnel de l’hopital rentre chez lui et laisse Alex seul. On lui avait pourtant dit que Carole la –presque- mère était au courant. Mais il découvre en allant la voir qu’elle ne sait rien : « Chéri, comment va le bébé demande-t-elle ? »

- C’est vers 16 heures ce samedi que le Dr Ngwet Bell et Alex seront obligés de lui dire la vérité.

- Entretemps, Alex sera seul désemparé ne sachant pas comment annoncer la nouvelle à son épouse. Détail sordide : comme rien n’a été prévu pour l’enfant mort-né il errera, désemparé, le petit corps de son enfant dans les bras car personne n’est là pour l’assister et lui dire quoi faire de la maman.

En désespoir de cause, il sera obligé d’appeler le Dr Gwet et de prendre une chambre climatisée – à ses frais bien sur – pour conserver pendant quelques heures dans la dignité le corps de ce petit être qui n’aura pas eu la chance de voir la lumière du jour.

Vous êtes témoin d'un fait, vous avez une information, un scoop ou un sujet d'actualité à diffuser? Envoyez-nous vos infos, photos ou vidéos sur WhatsApp +237 650 531 887 ou par email ! Les meilleurs seront sélectionnés et vérifiés par la rédaction puis publiés sur le site.

Rejoignez notre newsletter