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Opinions of Thursday, 8 April 2021

Auteur: Jean-Pierre Du Pont

Sales temps pour la diplomatie camerounaise

Michèle Esso, journaliste de formation mais déguisé sous les oripeaux de diplomate en raison de sa qualité de nièce de Laurent Esso, ministre combinard de la justice, qui officiait comme 2e secrétaire de l'ambassade du Cameroun aux États-unis, vient de se faire signifier être persona grata au pays de l'Oncle Sam, pour cause maltraitances infligées à sa femme de ménage et à l'enfant de cette dernière.

En lieu et place des protestations d'usage, c'est silence radio à Yaoundé où Biya a déjà maille avec la nouvelle administration américaine, et notamment avec son bouillant secrétaire d'Etat Anthony Blinken, qui nourrit une incompatibilité d'humeur à l'endroit du tyran de Mvomeka'a.

C'est le moment qu'un puissant lobby financier de la diaspora camerounaise, a choisi pour ficeler un solide dossier à l'intention de toutes les agences de notation, et institutions financières, pour dénoncer le caractère illégal et abusif de la souscription financière que vient d'ordonner Biya sous la forme d'eurobonds de 45 milliards.

Dans les faits, cette souscription publique en économie, est une « dette souveraine » et représente une dette émise par un émetteur souverain, c’est-à-dire en général un État. Elle englobe l'ensemble des déficits cumulés du fait de la mauvaise gestion et de la corruption de l'Etat, auquel on ajoute l'ensemble des dettes contractées illégalement et abusivement par les institutions qui en dépendent (les collectivités locales, les établissements publics...).

La dette souveraine a pour fonction prioritaire d’aider l’État à se financer mais aussi de servir de réserve de valeur. Mais de quelle réserve de valeur peut-on véritablement dans un État qui ne bat pas sa monnaie propre, et qui ne fixe pas son taux directeur, et où le CFA, la monnaie de singe se change au taux fixe et immuable ?

Le financement de la dette est principalement assuré par le recours à des titres de créances émis par l'Etat sur le marché financier. Or, parlant de marchés financiers précisément, plus aucune institution financière ne prête le moindre centime à cette kleptocratie moribonde de type mafieux. Le Cameroun de Paul Biya est déclaré persona no grata aux clubs de Paris et de Londres, qui totalisent entre eux 1200 banques commerciales.

Cet indicateur est par ailleur surveillé de très près par les agences de notations financières comme Standard & Poor's ou Moody's. Car l'usage abusif que font les autorités camerounaises de cette pratique jugée nocive par les économistes, par temps normal, s'apparente à du racket mafieux, dans un pays où on vit avec moins d'un dollar par jour. Dans les jours qui viennent, nous escomptons que le FMI et la Banque Mondiale fassent une injonction aux autorités camerounaises, pour retirer cet appel de souscription.

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