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Opinions of Tuesday, 31 August 2021

Auteur: Nna Ndong Samuel

Renouvellements des organes: une menace plane sur le RDPC à mbandjock

Des militants du RDPC Des militants du RDPC

Natif de Mbandkock, Nna Ndong Samuel tire sur sonnette d'alarme sur Mbandjock, qui consitute d'après lui "une poudrière qu’il vaut mieux maîtriser à temps!". Il dénonce le repli identitaire dans cette ville peuplée d'"étrangers" et annonce qu'une menace plane sur le RDPC qui subit une situation exécrable lors des renouvellements des organes de base.



Mbandjock est une ville cosmopolite composée en majorité par des « allogènes», car elle s’est agrandie et se développe essentiellement grâce à ceux-là qui sont taxés en périodes électorales « d’étrangers ». Ce repli identitaire est régulièrement exacerbé pendant les périodes électorales, comme c’est le cas en ce moment avec les renouvellements des organes de base du RDPC.

Monsieur Bagdama Amati René Degaulle a passé 34 ans à la tête de la Mairie de Mbandjock, une longévité qui a fini par faire croire à ses enfants et aux Babouté en général qu’ils sont les Maîtres, et les seuls à pouvoir occuper les postes importants de cet arrondissement. Cette attitude met en mal le vivre-ensemble et crée d’énormes frustrations au sein des autres communautés pourtant majoritaires, à savoir celles issues du grand Nord et autres, qui sont par ailleurs établies à Mbandjock depuis plusieurs décennies.

De son vivant, l’ancien Maire avait favorisé l’installation des ressortissants de la Lékié dans l’arrondissement, ce qui fait croire à ses enfants que ces Eton « venus d’ailleurs » sont leurs « obligés » éternels, ils ne loupent d’ailleurs aucune occasion pour leur rappeler que c’est leurs parents qui les ont « amenés » dans l’arrondissement. C’est ainsi que les populations des villages Camp Pionnier et Doua, ont ouvertement reçu des avertissements et intimidations de l’actuel Chef de groupement, Michel Amati.

La Haute-Sanaga a toujours été le bastion du RDPC, même si les combats en interne ont souvent été rudes. Mais ce qui se passe actuellement à Mbandjock est tout simplement exécrable, et entraine à coup sûr des fissures qui non seulement creuse inexorablement la tombe du RDPC dans cet arrondissement, mais aussi pose des jalons d’une révolte, si rien n’est fait.

Pour éclairer la lanterne des lecteurs, le Président sortant de la section RDPC est devenu Chef traditionnel de 2ème degré succédant ainsi à son père décédé le 23 mai 2020. Ayant démissionné de la SOSUCAM, il se trouve sans emploi, mais vit toujours dans les souvenirs du temps où son paternel régnait encore en maître absolu. Ebranlé devant la dernière circulaire de son parti qui exclue désormais des postes du parti les Chefs de 1er et de second degrés, il a voulu se rétracter de la fonction de Chef, malheureusement de façon tardive. Ne devant donc plus se contenter que de son rôle de Chef traditionnel dans un groupement où les Chefs de 3ème degré ne lui vouent pas le même respect qu’à son défunt père, du fait de son arrogance et de son manque d’humilité, Monsieur Amati Michel a décidé de faire carrément « disparaître la section RDPC » de la Haute-Sanaga Sud. Selon lui, et il le crie partout, si la personne qu’il a choisie pour être Président de cette section n’est pas retenue, il fait disparaître celle-ci. Et sans attendre, il a déjà commencé à disqualifier des listes qui sont en règle, du moment que ce ne sont pas « ses listes », pour valider celles dont les membres n’ont ni carte d’adhésion, ni cotisé, et qui n’ont pas payé la caution exigée.

Ces manœuvres sont de plus en plus courantes dans le parti des flammes, à savoir favoriser les mêmes familles, intimider, encourager la médiocrité et étouffer les vraies valeurs. Et ce qui choque le plus les populations c’est que régulièrement, sans aucune honte, les présidents des commissions choisis par la hiérarchie du parti depuis Yaoundé ne prennent pas en considération les réserves des militants à la base, les abandonnant dans leurs frustrations.

Mais cette fois, la situation est particulièrement délicate, les populations de Mbandjock ayant été étouffées pendant plus de 3 décennies, vivant dans la peur et l’intimidation. Et maintenant que femmes, hommes et jeunes se sentent enfin libres, avec désormais à la tête de l’exécutif municipal une dame dynamique qui change considérablement la physionomie de Mbandjock, et qui est adulée par les populations, maintenant que les popualtions s’inscrivent massivement dans le parti, il leur est rappelé qu’une seule famille est digne de dicter sa loi.

Mbandjock est ainsi un véritable challenge non seulement pour Monsieur Antoine Samba, le Président de la commission, mais aussi pour tout le RDPC en tant que parti, et même pour le vivre-ensemble dans cette ville. Car les tensions nées de cette situation créent des « camps » qui se radicalisent, avec des actes de violence qui se multiplient. Une véritable poudrière que les responsables de ce parti gagneraient à maîtriser tant qu’il est encore temps.

Ces dérives du Président sortant de la section RDPC de la Haute-Sanaga Sud vont probablement fragiliser ce parti à Mbandjock.

Vivement que le doigté et les qualités d’impartialité reconnues à Antoine Samba soient mis à contribution pour désamorcer cette bombe.