Vous-êtes ici: AccueilWallOpinionsArticles2020 07 03Article 524650

Opinions of Friday, 3 July 2020

Journaliste: Iyo Gogo

Regroupement des Bassa'a: réaction aux propos du Pr Bahebeck, le RDPC se trahit

Le 28 Juin 2020 lors de l’émission « La Vérité en Face » à la chaîne TV Équinox, le Pr Jean BAHEBECK s’est exprimé sur plusieurs questions d’actualité politique (processus de réconciliation dans la crise anglophone, l’alternance politique, l’UPC, la gestion du Covid 19…), Et en argumentant sur ses positions, il a défendu avec vigueur la nécessité de retoucher la Carte Administrative du Cameroun pour réparer une « injustice historique » contre les Bassa’a éparpillés dans trois régions de la République. C’est exactement sur ce point que j’aimerai, ici, échanger avec le Professeur de Médecine. Mais avant, de m’aventurer à dire quoique ce soit, je veux me rassurer d’avoir BIEN COMPRIS sa position et son raisonnement sur la question en résumant ainsi avec mes PROPRES MOTS :

1. Le Pr Bahebeck n’est pas fondamentalement en faveur d’une « Région » typiquement Bassa’a et apparentés, ou en faveur d’un « regroupement continu et homogène » des Bassa’a et apparentés. Il est d’ABORD préoccupé par une question de JUSTICE GÉNÉRALE : celle de donner à toutes les Ethnies du Cameroun le même statut sociologique spatial. « Soit on disperse tout le monde, soit on regroupe tout le monde ; il n’est pas juste de regrouper les uns et de disperser les autres ». Cette précision me permet déjà d’éviter le hors-sujet du tribaliste génocidaire Dieudonné Essomba qui a directement vu dans cette position un soutien à sa thèse irrédentiste et génocidaire du « Fédéralisme communautaire et ethnique ».

2. Le Pr Bahebeck estime que la dispersion des Bassa’a, et le maintien de leur « éparpillement » dans le Cameroun, est une punition coloniale et néo-colonialiste et les fragilisent politiquement et culturellement (rites, coutumes, traditions…) face aux autres Communautés ethniques (qui, à l’exception des Tikars), sont regroupés et seraient plus influents politiquement. Ce qui nous révèle la spécificité du mythe et roman complotistes Bassa’a vis-à-vis de la vie en Nation, en l’Etat et dans la République.

Voilà UNIQUEMENT les deux points sur lesquels j’aimerai ici échanger avec le Professeur Upéciste, tout en souhaitant qu’aucun mot ou raisonnement ici ne soit mal interprété comme de l’effronterie.

LES ERREURS DE SENS HISTORIQUES PROPREMENT DIT.

S’il est vrai que l’« éclatement » des Bassa’a, et le maintien de leur « éparpillement » dans la République actuelle du Cameroun est respectivement une punition du colon français, et de l’élite camerounaise aujoulatiste néo-colonialiste, il est cependant discutable que leur regroupement administratif ou l’éparpillement «pour justice » des autres Communautés ethniques renforcera politiquement les Bassa’a dans la République. Et c’est ici la première erreur de sens historique de notre Professeur.

POURQUOI ?

Premièrement, parce que le « problème Bassa’a » au Cameroun est fortement lié au « problème Bamiléké », et strictement lié à l’héritage de Ruben Um Nyobe sur l’image qu’on projette sur les Bassa’a en général. Le colon français et l’Elite camerounaise néocolonialiste, architectes de la tribalisation de la politique au Cameroun et du tribalisme entre les Camerounais a toujours projeté sur l’Homme Bassa’a un préjugé révélé plutôt favorable à la fin qui fait présumer que tout Bassa’a, comme tout Bamiléké est politiquement imprévisible, incontrôlable, car en lui sommeille un « nationaliste incorruptible », et une vengeance contre l’impérialiste.
Attention : ici, je parle bien de perception du Colon. Merci de ne pas Comprendre que j’ai dit que les Bassa’a et les Bamiléké sont les plus vertueux en politique. Vraiment Merci!

La même hargne et lâcheté avec lesquelles les Français et Ahidjo, Ministre de l’Intérieur et plus tard Premier Ministre se battaient à empêcher l’arrivée des Bassa’a à la Présidence (Um Nyobe que, ni De Gaulle dans les couloirs de l’ONU, ni Houphouët-Boigny lors des Congrès de la RDA en Côte d’Ivoire n’avaient réussi à corrompre et à retourner) est la même hargne et lâcheté avec laquelle les Français et Paul Biya se battent pour empêcher un Grassfield (Fru Ndi et Kamto) d’entrer à Etoudi, car on craint la fin des Accords politiques, économiques et militaires secrets avec la France, redoute le rapprochement avec les USA et surtout (et surtout) le retour de l’Allemagne comme le premier partenaire pour le saut industriel et technologique du Kamerun/Cameroun. D’ailleurs statistiquement parlant les Bassa, les Bamiléké et les Anglophones de la diaspora, sont les plus nombreux dans les filières industrielles, financières et technologiques de ces deux pays (Allemagne et USA). Et c’est là-bas qu’on retrouve les Camerounais les plus pro-Kamto, les plus anti-Français, et les plus anti-Biya. Merci encore de ne pas Comprendre que j’ai dit que les non-Bassa’a, les non-Bamiléké, les non-Anglophones de la Diaspora sont bêtes. Vraiment Merci!

Ceci dit, un éclatement administratif des autres Ethnies du Cameroun ou un regroupement territorialement continue de tous les Bassa’a ne règlera pas le problème de prétendue faiblesse ou représentativité politique des Bassa’a, car le problème de fond c’est ce préjugé plutôt positif que Ruben Um Nyobe a laissé sur vous : le Bassa’a est un guerrier nationaliste imprévisible, inflexible et incorruptible, tout comme Ouandié a laissé sur les Bamiléké le préjugé que le Bamiléké est un anti-impérialiste rancunier qui peut taper le colon où il a le plus mal : les intérêts économiques. Je vous parle ici, non des faits mais des perceptions et préjugés. Ni les Colons français, ni les Aujoulatistes Ahidjo et Biya n’ont voulu prendre de risque avec les Bassa ‘a et des Bamiléké en leur confiant des postes hautement sensibles ou sans les faire encadrer et surveiller de très près.

Et c’est pour tout cela (je réponds enfin au Pr Bahebeck sur ce premier point) que l’éparpillement en réalité n’est pas au fond une injustice dirigée contre les Bassa’a à proprement parler ; mais contre les Upécistes. C’était non pour affaiblir politiquement les Bassa’a, mais les Upécistes. Et cette technique révèle un paradoxe assez amusant qui relativise du coup cette approche complotiste contre les Bassa’a en général et révèle au passage l’imposture mortifère d’un Cabral Libii, ce faux républicain, qui veut le fédéralisme ethnique, et qui, sur commande du RDPC, réclame la région typiquement Bassa’a.

C’est que premièrement, le Professeur ne semble pas saisir que l’objectif, tuer les Upecistes était le but à atteindre, car chez les « Bassa’a » on a procédé par écartèlement, dispersion, déperdition, éparpillement territoriale…, tandis que chez les « Bamiléké » on a procédé par compression, étouffement, écrasement asphyxie territoriale…

Si vous comprenez ceci, vous ne direz plus qu’éparpiller est une injustice contre les Bassa’a d’abord, mais contre Upécistes en pays Bassa’a, une « distanciation » contre la pandémie du Covid-19-48/UPC ! tout comme l’appropriation de plus le 7000km2, plus de la moitié de tout l’Ouest dit Bamiléké-Bamiléké est un « confinement » pur et dur, en faveur du Noun Bamiléké de type Bamoun des Njoya Arouna, et Sultan Njimoluh contre les Upécistes en Pays Bamiléké !

Si le Professeur Bahebeck s’offusque du fait que les Bassa’a sont les plus éparpillés dans 03 trois régions, il doit savoir que l’Ouest, déjà la plus petite de toute au Cameroun (environ 13000 km2) est la seule région au Cameroun ou on a créé des camps de concentration spéciaux, transformés en sous-région administrative de fait pour isoler en réalité des Upecistes qu’on massacrait et génocidait, mais cela a eu pour effet pervers d’isoler et stigmatiser un groupe ethniques du reste du Cameroun, les Bamiléké-Bami, et créer en eux une très forte mentalité de survie et de solidarité qu’on retrouve exactement chez les Juifs.

Depuis toujours, le Bamiléké-Bami qu’il soit Upéciste, Ahidjoiste ou Biyaiste perçoit ses 7 départements (Mifi, Nde, Menoua, Hauts-Plateaux, Nkam, Bamboutous et Nkou-Nki) comme une espèce d’Israël entouré de personnes hostiles, qui vit en République du Cameroun, son Pays comme un paria menacé de génocide, interdit d’accès à certaines fonctions, et victime du racket et du chantage de voir ses efforts et investissements détruits. Je parle bien de perception : Merci toujours de bien lire et comprendre.

Pour finir, je pense, humblement que le Professeur Bahebeck a fait une erreur de sens historique, car lui, Upéciste fondamentaliste, c’est-à-dire fidèle à l’Esprit du 10 Avril 1948, et pis encore (ai-je envie de dire), ressortissant du Nyong-et-Kelle, comme… Ruben Um Nyobe, il sait très bien que cette version du Cameroun/Kamerun, celle des fédéralismes ethniques n’a jamais été celle défendue par Felix Moumié, Ndeh Ntumazah, Ernest Ouandié, Ossende Afana…, car en vérité quoique séduisante par son cote préservation des identités, elle cache des projets de bantoustan minier, de sécession, et sont incapables de contenir le tribalisme génocidaire, puisque construit idéologiquement et actionné par des politiciens sournois incapables de construire un discours nationaliste et surtout rassembleurs.

Le Professeur Bahebeck, (je suis sincère), ne le sait pas, mais les tenants de ce type de discours au Cameroun actuel sont les ultra-tribalistes du RDPC et affiliés, effrayés par la fin de règne de Paul Biya, et surtout la reddition des comptes sur la gestion inhumaine et calamiteuse de la crise anglophone, le pillage économique, financier, minier du Cameroun, et qui sentent la prison s’ouvir du fait de l’arrivée certaine de Maurice Kamto à Etoudi. Car remarquez bien l’hypocrisie qui se passe : Quand Biya avait toutes sa vigueur, ce sont les mêmes démons qui encourageaient à lutter contre l’avènement de la Démocratie et des Libertés dans les années 90, à arrêter, fermer les chaînes de TV/Radio, torturer et raser tous les journalistes, activistes ou Camerounais qui réclamaient l’application de la Décentralisation, du Bilinguisme ou du Fédéralisme, etc…. au nom de la « République Une et Indivisible » (Entendre le pouvoir et la mangeoire uns et indivisibles).

Depuis qu’ils ont vu que leur dieu Biya ne marche plus sans être soutenu du bras, qu’il vieillit et s’affaiblit à vue d’œil, et surtout depuis qu’ils ont de plus en plus la certitude qu’un non-RDPCiste, Maurice Kamto, risque d’être Président, ils votent des lois et financent à grande d’échelle la communication, l’éveil et le réveil des thèses irrédentistes, régionalistes, tribalistes, sécessionnistes : autochtonie sur les postes de maires des villes, fédéralismes Ekang, Bassa, Grand Sawa, régionalisme Bamoun, Mbamois, mouvement 10millions de Nordistes, Etat des Grassfields… Bientôt vous entendrez même le projet de khalifat du grand Nord !

C’est pour cela que défendre ou donner l’illusion de défendre le fédéralisme ethnique, qui est à zéro pas de la sécession, c’est être contre le MRC et le Président Elu. Et c’est aussi pour cela que je dis toujours que tous les prétendues Camarades qui défendent le tribalisme, le genocide de certains Camerounais, la création d’un Etat Ekang, Grassfields, Ambazonien ou du régionalisme ethnique…. sont en réalité les agents infiltrés ou retournés du RDPC. Je vous le JURE. Du coup, tout ceci invalide, s’il était encore besoin les thèses mensongères selon lesquelles Maurice Kamto est pour la sécession anglophone.

Voila ma modeste réaction aux arguments du Pr Bahebeck.

Je voudrais donc CONCLURE en rappelant toute mon admiration pour Pr Bahebeck qui reste un grand Monsieur par ses principes, bien qu’il ne soit pas MRCiste. J’ai suivi en replay l’intégralité de son passage sur Equinoxe. Je ne suis pas d’accord avec tout ce qu’il a dit sur les autres sujets. Mais pour le reste je pense qu’il est une voix à écouter, et surtout agréable pour les joutes politiques.