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Opinions of Sunday, 23 August 2020

Journaliste: Prof. Lucien Ayissi

Que devient la République lorsque la canaille et la sotte espèce en dominent l’actualité?

Depuis un certain temps, nos comptes Facebook et WhatsApp sont encombrés de messages centrés sur des figures dont la moralité et la civilité sont tout à fait en haillon parce qu’elles ne brillent que par des propos injurieux et insultants envers soit telle ou telle communauté ethnique, soit telle ou telle personnalité de la République. Comme si l’injure et l’insulte ne suffisaient pas à illustrer parfaitement leur appétit du scandale, elles recourent à des câbles de communication marqués du sceau d’une délation et d’une dénonciation, sur fond de chantage, servant à défoncer des portes ouvertes au moyen des secrets de Polichinelle. À qui veut-on apprendre que la corruption des consciences, la prostitution, le mépris de la chose publique, le conflit des appétits, l’intrigue, etc. sont les marques de fabrique du génie de certains Camerounais ?

Mais ce que ces messages nous révèlent réellement, c’est que des personnalités chargées de protéger la moralité publique du risque de délitement éthique et déontologique de nos institutions se retrouvent paradoxalement impliquées dans des rapports de compromission avec la canaille et la sotte espèce au préjudice de la République. C’est ainsi que ceux qui ont eu la bonhomie de croire qu’en mettant le pied d’un tout-venant-social à l’étrier économique et financier, ils pourraient siphonner les finances publiques par son truchement, se dessillent aujourd’hui les yeux. Ils ne pouvaient pas s’imaginer, un seul instant, que le système mafieux astucieusement mis en place par eux pouvait se fissurer au point de mettre finalement en évidence ceux qui tirent personnellement profit de son opacité et surtout de la loi de l’omerta censée le gouverner. La rupture de l’omerta consécutive à la crise de la mafia camerounaise laisse sans voix plus d’un auditeur de ces messages où la canaille et la sotte espèce embarrassent, par un déballage dont les détails donneraient même au diable de véritables insomnies, ceux qu’elles étaient supposées couvrir.

Comme on peut le remarquer, la question posée ici est simplement rhétorique : lorsqu’on laisse la République à la discrétion de la canaille et de la sotte espèce, elle cesse d’en être une. Dans la kleptocratie à laquelle elle fait politiquement place nette dans ce cas, les idiots, les plagiaires, les musées pathologiques, les prostituées, etc. se prennent respectivement pour des surdoués, des génies, des bien-portants, des dames respectables.

Comment sauver la République de la domination de la canaille et de la sotte espèce ? À cette autre question qui mérite également d’être posée, nous répondons en disant simplement qu’il faut que soient constamment exercées les normes publiques de référence.

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