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Opinions of Friday, 27 August 2021

Auteur: Binku

Polygamie: une jeune femme raconte ses malheurs avec la femme de son père

La jeune femme est traumatisée à vie La jeune femme est traumatisée à vie

C'est l'histoire d'une jeune femme qui raconte la perte de sa mère à son jeune âge, sa vie avec sa marâtre celle qui lui a fait vivre l'enfer sur terre. Elle a réussi à s'éloigner d'eux mais aujourd'hui adulte, elle n'arrive pas à supporter l'infidélité de son copain de sa fille de 7 ans.


Je suis la sœur aînée de E et c’est avec froideur que j’ai lu son propos d'excuses. Je ne me suis pas une seule seconde sentie transpercée pas ces larmes de crocodile. Binkù, si aujourd’hui elle en est là, c’est à cause du retour qu'elle subit et qu’elle endurera jusqu’à la fin de ses jours. C’est tout le bien que je lui souhaite.

Mon père a connu ma mère en 1984, ils se sont battus ensemble bien que ma mère était orpheline de père et de mère. Seulement à 17ans elle a grandement contribué à bâtir la carrière de son homme. En 1987 papa est embauché comme technicien supérieur dans une entreprise d'hydrocarbures du pays. L'année d'après il épouse ma mère et elle conçoit de lui, je viens au monde en 89, mes parents vivent le bonheur malgré le décès de ma jumelle. Quelques mois après ma naissance, papa est envoyé en mission en mer pour 3mois, et au courant de cette période, lorsqu’ils accostent sur des quais pétroliers, on fait venir des filles de joies dans le bateau pour divertissement. La dame escorte qui amenaient ces femmes a constaté que papa n’était pas très intéressé et l'a approché. Ils ont sympathisé et elle a tout fait pour avoir son contact, il le lui a donné. Cette femme était ma marâtre, la mère de cette sorcière de cadette. Désolée quand je pense à ce qu’elles m'ont fait subir je ne peux l'appeler autrement.

Le jour où elle devait retrouver papa (le dernier jour de mission), elle s’était préparée à fond. Elle avait d’ailleurs commencé le travail à distance a-t-elle avoué la veille de sa mort. Ce jour là marqua le début de notre calvaire. Papa sortira de leur étreinte méconnaissable. De retour à la maison, mama ne reconnaissait plus son mari. Il devenait progressivement distant. Eux qui en 5ans de relation n'avaient jamais eu de dispute grave parce que les deux aimaient le dialogue, les éclats de voix à n'en point finir, ensuite violences physiques… Il ne dormait plus à la maison, ne rationnait plus. Heureusement pour ma mère elle était battante. Elle sortait avec moi accrochée à son dos, son plateau de denrées sur la tête pour faire du commerce afin de me nourrir.

Il était pratiquement installé chez cette femme, et en même temps lui construisait la maison qu’il avait prévu offrir à sa famille, avec ma mère ils vivaient chez ses parents qu’il a bien aménagé. Il décida de quitter officiellement ma mère à l’âge de 4ans. Il voulait même la mettre hors de la maison, mais c’est grâce à l'intervention de sa belle-famille que mama a pu rester dans cette maison. Toute seule elle m'a envoyée à l’école bien qu’à un âge avancé faute de moyens.

Ma mère faisait tout ce qui lui passait par la tête et les bras. Elle a vendu le poisson braisé en soirée, en journée elle était femme de ménage chez des personnes qui la respectaient avant grâce à son époux. Heureusement pour elle elle a toujours été humble, même quand sa vie avait changé. Cette vie m'a forgée et dès l’âge de 7ans je savais braiser le poisson. Je surprenais parfois ma mère en train de pleurer au milieu de la nuit pendant que tout le monde dormait. Elle pleurait en silence mais sa respiration la trahissait. Elle passait des nuits blanches et était toujours debout à 5h30 pour la prière. Car à 7h00 elle devait déjà être au boulot.

J'ai revu mon père en face de moi quand j'avais 8ans. Le jour où il est venu à la maison, tout le monde était surpris, lui aussi je pense… Et on dirait que parfois la raison lui revenait et il pointait son nez. Ma mère ne lui a jamais interdit de me voir, et elle ne m'a jamais parlé en mal de lui.

À l’âge de 14ans, mama développe l’éléphantiasi j’étais en classe de 5e. Toutes ses économies sont allées dans les soins, et heureusement qu'elle m'avait appris son activité. Elle avait été renvoyée de là où elle travaillait en journée, il ne lui restait que la braise. Je rentrais des cours et je m'occupais du reste. Je n'avais pas le temps d’étudier mais je sortais toujours parmi les premiers de la classe.

Binkù, un jour une enseignante m'a mise dehors parce qu'une fois au tableau, mon vêtement sentait le poisson. Elle m'a traitée de salle fille et m'a mise dehors. En effet j'allais parfois à la braise avec ma tenue de classe et ça arrivait parfois que je traine cette odeur. Je me rappelle des railleries de mes camarades ce jour, je suis sortie de la classe pour ne revenir que l'année d’après. Mama a traîné cette maladie pendant toute cette année et en est décédée. Avec l'aide de certaines personnes nous avons enterré ma mère sans l'avoir mise à la morgue. Papa n’était pas à l'enterrement. Je revois encore le visage de ma mère agonisant, et mise en terre. Son pied avait tellement gonflé qu’on ne lui a pas trouvé un cercueil. On l'a juste emballée dans un drap blanc. Elle est décédé un 13 avril.

J'ai continué de me battre seule derrière ce foyer à charbon qu'elle m'avait laissé en héritage. Je l'ai d’ailleurs toujours avec moi. Il suffit que je pose mes yeux sur ce précieux, que je me relève face aux épreuves. De temps en temps je le ressors, il est mon porte bonheur.

De plus en plus papa se rapprochait de moi, mais à chaque fois il se comportait comme s'il avait peur d’une sanction. Il ne mettait jamais plus de 5min à les côtés. À 16ans, contre toute attente, papa vient me chercher de chez son père pour son domicile.

Binkù, il a construit à cette femme toute une villa. Son épouse était apparemment derrière cette idée de me faire venir parmi eux, soit disant pour réunir la famille. Je n'y ai jamais cru.

Cette femme à la peau lumineuse et au visage angélique, à la voix douce et aux doigts fins… à première vue, au premier contact vous pouvez lui donner le bon Dieu sans confession. Et quand vous cohabitez avec le personnage… hum !
Binkù je vais te relater à peine les outrages que j’ai subies dans cette maison hantée, parce que si je les étale toutes tu vas remplir une bibliothèque.

Binkù je me levais à 5h et me couchais au plus tôt à minuit, ça c’est quand papa rentrait tôt. Je faisais toutes les tâches même celles des ménagères. La lessive de ma marâtre jusqu’à ses sous-vêtements et ceux de ses enfants. Je n'avais pas droit de m’asseoir avec les autres au salon. Mes frères ne se gardaient pas d’exprimer leur dégoût en ma présence. La nourriture Binkù, je ne pouvais manger à satiété que dans le plat du gardien lorsque la nourriture avait dormi. Ce monsieur était dans cette maison comme un père.

Même ses employés de maison étaient mieux traités que moi. Des coups de fouet au rythme de ses humeurs. J’étais inscrite mais n'eut été ce QI naturel, je n’aurais jamais réussi à l’école puisque c’est en journée que je trouvais le temps de repos en classe.

Binkù, à 18ans, cette femme a reçu chez elle son frère cadet. Un soir avec la complicité de ses enfants, il m'a violée. Alors que papa était en voyage, j'entends cogner à ma chambre, et quand j'ouvre il me saisit et elle à côté, enverra ses enfants assurer la garde. J’étais encore vierge. Je ne pouvais y opposer aucune résistance. La seule personne capable de me sauver était le gardien loin au portail. Elle m'a ligotée comme un gibier et lui m'a déflorée. C’était horrible. C’était un vendredi et papa était rentré 7jrs plus tard que mes bourreaux ont répété l’acte deux fois. C’était pendant les vacances 2007 donc pas de classe. Personne ne pouvait se plaindre de mon absence et puis, à qui pouvais-je raconter cette souillure ? C’était devenue une habitude.

Il entrait dans ma chambre quand il voulait, j'avais beau le supplier de me laisser, on dirait que plus je pleurais plus il prenait son pied. À un moment ça ne me disait plus rien. J’étais comme anesthésiée à la douleur, j’étais abandonnée à moi-même, seul le souvenir de ma mère me maintenait en vie. Le gardien a été renvoyé sans motif, j’ai compris qu'elle craignait que je lui en parle. Il m'a violée pendant toutes les vacances comme s'il était en mission.
Je ne permettais jamais à mes camarades de venir chez nous, d’ailleurs je n’étais vraiment proche de personne à l’école, toujours dans mon coin. Mais les autres enfants pouvaient faire entrer qui ils voulaient. Un après-midi de l'an 2008, ma marâtre a sorti de la douche mon petit seau de sous-vêtements que je venais de tremper après mes menstrues comme je le faisais toujours pour mieux les laver, elle m'a humiliée avec devant les copines de sa fille. Elle a versé le contenu dans la cours en me traitant de saleté et tout , l'autre et sa bande se moquaient.

La santé de papa allait décroissant, il maigrissait chaque jour, il perdait de son éclat à moins de 60ans. Il se plaignait toujours des douleurs au ventre, petit à petit agissait parfois comme s’il perd la raison. Parfois quand il retrouvait sa lucidité, il venait échanger deux mots avec moi. La conversation était très difficile, je ne l'ai jamais réellement connu. Un jour il m'a dit presqu'en larme qu’il ne sait pas ce qui lui est passé par la tête de nous abandonner. Qu’il était très heureux avec mama et en paix, qu’il espère un jour se rattraper dans ma vie, j'avais 20ans. Trois ans plus tard, il a rendu l’âme. Au lendemain de son enterrement, je suis partie de cette maison pour mon ancien domicile. La maison était occupée par le frère cadet de papa dont il s’était éloigné ( et papa avait également négligé ses parents pendant qu’il était avec cette femme).

Je m'y sentais plus à l’aise et en sécurité. Mon oncle vivait là avec sa compagne et ses enfants, ils m'ont fait une place. Avant le décès de papa, je passais souvent là-bas après les cours quand le chauffeur ne me récupérait pas. Je ne leur racontais pas mes malheurs, j'y allais juste pour commémorer ma mère. Sa compagne avait pris soin de son foyer à charbon je l'avais retrouvé intact. Et je continuais de braiser mon poisson pour poursuivre mes études.

Deux ans après le décès de papa, leur mère a commencé à délirer, elle a attrapé la folie. Pendant une séance de traitement, les gens nous ont invités à sa confession, où elle avouait tout ce qu’elle a fait aux autres.

Binkù pendant sa confession je me suis évanouie tellement mes oreilles avaient souffert de révélations. Elle a avoué avoir envoûté mon père, et renouvelé très souvent avec différentes potions qu’on lui donnait chez les marabouts. Mais comme ça ne lui suffisait pas, sachant intérieurement que papa ne l’aimait pas mais plutôt ma mère, elle a décidé de nuire à cette dernière. Elle a traîné son nom partout chez les marabouts.

Et elle a prélevé un jour la terre à l'endroit où ma mère vendait. Le but était de recueillir les empreintes de ses pas. Elle lui a jeté un sort aux pieds qui a eu raison de sa vie. Elle a avoué avoir amené mes cheveux vêtements et sous-vêtements chez les marabouts. Malgré tous ses efforts pour en finir avec ma vie, elle n'y est pas parvenu… Je lui ai souhaité l'enfer, c’est là-bas qu'est sa place. Les biens de mon père je n'en n'ai jamais voulu, et je n'en veux pas.

C’est à l’âge de 25ans que j'ai eu mon premier copain, le seul à qui me suis ouverte. Il a été patient envers moi et très tolérant. J'ai conçu de lui, ma fille a aujourd’hui 7ans et elle sait déjà braiser le poisson lol. Nous nous sommes séparés il y’a deux ans à la découverte d'une infidélité. J'ai préféré mettre un terme à la relation, je ne souhaiterais vivre un seul instant le calvaire de ma mère. Il prend bien soin de sa fille à distance.

Aujourd’hui, les enfants de cette femme me suivent partout pour implorer mon pardon. Je leur ai pardonné pour ma propre paix, mais de grâce, qu’ils vivent et consomment les fruits de leurs semences. Sinon qu’ils créent une machine à remonter le temps pour rendre à ma mère tout ce que leur mère lui a volé.
Quand j'ai appris que cet emploi est de toi, j'ai déposé ma lettre de démission. Je ne veux rien de vous, merci de me coller la paix.

Ma mère habite ce foyer à charbon et chaque fois que je l'allume pour avoir mon pain quotidien, ma fille et moi ne manquons de rien. Merci de m'avoir écoutée Binkù et que Dieu veille sur toi.