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Opinions of Wednesday, 14 July 2021

Auteur: Aristide Mono

Paul Biya n’a pas de moyens pour empêcher la manifestation de la BAS-Aristide Mono

il ne s'agit pas d'un défi mais simplement un voyage il ne s'agit pas d'un défi mais simplement un voyage

Le président Paul Biya est en visite privé en Suisse depuis dimanche dernier. Le président Camerounais s’est rendu sur le sol helvétique alors que le Briagade anti-sardinard avait déjà clamé partout qu’il est interdit de séjour en Europe. Ce voyage du président sonne alors pour certains comme un défi qu’il a lancé à la BAS. Dans cette interview accordée à Camerounweb, le politologue Aristide Mono pense qu’il est de l'intérêt du gouvernement suisse de prendre toutes les mesures sécuritaires conséquentes pour protéger le président.

En se rendant en Suisse alors qu’il était interdit de s’y rendre, Paul Biya –t-il défier la Brigade antisardinards ?

Parler de défis c'est donner l'illusion d'une confrontation préparée par le président contre la Bas. Or il s'agit d'un voyage qui a objet très loin d'une quelconque intention de défiance. Certes il y a des antécédents qui peuvent laisser prospérer la thèse d'un défis , notamment les précédents mouvements de la bas à Genève et à Lyon suivis des mises en garde ou ultimatum de cette diaspora radicale seulement le déplacement du président est loin de rentrer dans cet antagonisme que veut la Bas. D'ailleurs quel serait la plus-value d'une telle initiative venant du président. Non, il ne s'agit pas d'un défi mais simplement un voyage qui s'inscrit dans les raisons routinières des voyages privés du chef de l'État. Par contre côté Bas, après une réduction des séjours européens du Président il s'agit effectivement d'un défi dans la mesure où ce voyage apparaît comme une mise à rude épreuve des menaces de ce mouvement politique qui pensait avoir interdit tout voyage étranger au président. C'est pourquoi il semble plus engagé dans la confrontation que le président. Autrement, le défi c'est du côté de la Bas. Maintenant la grande question reste la capacité du président camerounais à empêcher les troubles et à ne pas subir la contrainte de pression de la Bas au point de plier ses bagages avant l'heure.

Pensez-vous que des mesures spéciales ont été ^prises pour sécuriser l’arrivée du président à Genève ?

Sous réserve de ce qui a été prévu concrètement et qui nous échappe du fait du principe de la <>, je pense que les autorités helvétiques ont tiré les leçons des derniers séjours du président à Genève, elles ont considéré les menaces qui pèsent sur quelqu'un qui est protégé par la convention de Vienne, du coup la sécurité du président a été renforcée. D'ailleurs on parle d'un dispositif spécial autour de l'hôtel continental depuis l'arrivée du chef de l'État. Il est de l'intérêt du gouvernement suisse de prendre toutes les mesures sécuritaires conséquentes pour protéger le président de tout un pays, dans le cas contraire il sera assujetti à une certaine comptabilité diplomatique, c'est le fond même de la convention de Vienne. En plus il serait naïf de penser que le président de la République ait pu faire un déplacement dans cette pluie de menaces sérieuses de la Bas sans une étude préalable des garanties sécuritaires. Mais ce qui est évident et réel c'est que le président de la République n'a pas assez de moyens pour empêcher la mobilisation de la Bas bien que celle-ci soit loin de porter atteinte à sa sécurité et à son pouvoir.