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Opinions of Sunday, 17 May 2020

Journaliste: Patrice Nganang

Patrice Nganang fait des révélations sur la vie politique de Michèle Ndoki


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J'AIME BEAUCOUP CETTE IMAGE!(Ci-dessous)

Oui, j’aime cette image, je l’aime beaucoup, et voici la raison: Michèle Ndoki est entrée dans la politique camerounaise le 1 janvier 2017, après avoir frappé à plusieurs portes, en interne et en externe. Y compris la mienne. De son propre aveu public, elle était inspirée par le soulèvement qui au Burkina Faso, a chassé Blaise Compaoré du pouvoir. C’est rare de voir des personnes se jeter dans la politique au pays sur la base d’un idéal – la plupart le font sur la base d’un calcul, d’un opportunisme – ils appellent cela chez nous intérêt. ‘La politique ne connaît que l’intérêt’ dit un proverbe typique camerounais. Mais ici c’était un idéal. Le plus important dans ce cas, je pense, c’est de rester le plus fidèle à son intuition de départ, car c’est celle-ci qui est la plantation de la grandeur future – ou la mesure de son échec bien sûr. Il se passe donc que, du 1 janvier 2017 à aujourd’hui, il y’a eu les élections présidentielles d’octobre 2018, dans lesquelles elle a accompagné le MRC – elle est avocate après tout, fraichement admise au barreau du pays, et sans doute le réflexe de la robe y a joué pour beaucoup dans son choix, Kamto étant avocat, comme Me. Sihm, le VP de ce parti. Et puis la prison pendant neuf mois. C’est plutôt punitif pour une novice, et comme quiconque dirait, un baptême de feu extraordinaire. L’intuition de départ est cependant là, le soulèvement populaire au Burkina Faso, tout comme le fait que c’est en janvier 2017 qu’elle se soit jetée dans l’arène politique du pays, comme novice.

Je n’ai pas souvent écrit sur Maitre Ndoki, parce qu’évidemment je suis tendancieux – je défends d’habitude instinctivement les femmes qui entrent en politique, parce que notre monde est plutôt biaisé contre elles. En voici une donc, mais je n’oublierai pas facilement son idéal verbalisé – il est la mesure du parcours. La question que je me suis toujours posée, et c’est juste par curiosité, c’était et c’est de savoir comment cet idéal insurrectionnaire manifesté au Burkina Faso qui l’a inspiré, sera matérialisé par le MRC qui y trouve ombrage, et le dit clairement – cf. ici le discours de Maurice Kamto a Washington DC, dont je retiens cette phrase extraordinaire (mais était-ce de Dzongang, ancien du RDPC ?), ‘si vous êtes fatigués d’être dans le train de la renaissance, descendez.’ L’avenir nous dira beaucoup de choses, mais ce que je puis déjà dire, c’est que je suis heureux de voir cette image, parce que dans notre pays, après tout, c’est bel et bien Kah Walla qui porte les oripeaux du Balai citoyen depuis 2015, et cela tous les Vendredis noirs – le t-shirt noir, le symbole du poing levé, le balai -, c’est bien Stand up for Cameroon qui en porte l’infrastructure, et c’est bien elle, Kah Walla, qui seule marche à Yaoundé, je dis bien marcher, à Yaoundé, depuis 2012, le MRC ne le faisant plus depuis le 15 mai 2019. Je ne parle pas d’amas sporadique de meute pour créer un effet foule, mais de foule en marche organisée et conséquente, avec but politique bien précis donc – ici, Stand up for Cameroon. Je suis heureux donc que Michèle Ndoki utilise ces moments ou le MRC s’est mis volontairement hors-jeu dans la politique camerounaise par son boycott sans plan B, pour composer ce qui, en mon sens, est un retour sur sa propre intuition.

Évidemment il n’y a rien de plus beau que de voir deux femmes composer quelque chose, et chacun de nous devrait applaudir. Je sais, de manière ostentatoire, Valsero avec ses ‘Enfants de la révolution’, se réclame du Burkina Faso lui aussi, mais comme je l’ai toujours dit, le Burkina est vaste, et chaque Camerounais a son Burkina – Guerandi Mbara de ‘J’Ose’, le premier à y avoir trouvé son exil en 1984, et qui était proche de Sankara et puis de Compaoré, avait son Burkina Faso, et il est tragique. Djeukam Tchameni de Cap liberté, qui était proche lui aussi de Compaoré a son Burkina, les leaders Parlementaires, révolutionnaires quinquagénaires aujourd’hui, qui y ont passé leurs années d’exil, ont chacun leur Burkina et il est épique, même si tragique aussi. Célestin Monga, lui a aussi son Burkina. J’ai mon Burkina, moi qui ai fait le tour de ce pays trois fois et donc, Generation Change. Valsero a son Burkina avec ses amis rappeurs, Smokey, etc., et donc, du Balai citoyen. Bien sûr, Kah Walla a son Burkina, et il est ostentatoire. Il y’en a d’autres que j’ai oublié. Vous avez sans doute remarqué déjà l’incapacité de tous ces gens que j’ai cité plus haut là, à se mettre ensemble pour composer quelque chose qui puisse donner un souffle à ce que nous appelons chez nous ‘Burkina’, et que je nomme Chassement. Chacun y va comme il peut, et aux dernières, le MRC coopte le symbole de la Poste centrale pour lever des fonds et distribuer des sardines au pays, sous la houlette de Penda Ekoka, un ancien conseiller de Paul Biya, avec ce qui n’est pas une association, mais plutôt un mouvement comme tout ce qui s’inspire du Burkina. Un peu de ceci, un peu de cela. C’est dans cette constellation, de l’incapacité de ceux qui se réclament du Burkina à faire coalition, que cette amitié fondée dans le genre me plait. Beaucoup.
Go girls !


Concierge de la république

Kah Walla et Michele Ndoki

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