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Opinions of Sunday, 16 February 2020

Journaliste: Michel Biem Tong

Massacres d'enfants : l'insoutenable vérité que le régime cache au NOSO


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Jusqu’ici, il était difficile de comprendre pourquoi des soldats camerounais du Bataillon d’intervention rapide (BIR) ou du Bataillon d’infanterie motorisée (BIM), au lieu de combattre les indépendantistes armés dans le Southern Cameroons s’acharnent sur des maisons et cases villageoises qui sont incendiées (parfois avec leurs occupants) et sur des civils qui sont massacrés. De sources militaires, il s’agit d’opération ciblée qui vise des habitations réputées pour être les caches d’armes des séparatistes.

Mais il y a lieu d’être surpris de la récurrence d’incendie parfois de villages entiers par des soldats camerounais, notamment ces derniers mois. En effet, d’après les confidences d’un agent de la Direction Générale de la Recheche Extérieure (DGRE), services de contre-espionnage camerounais : « il s’agit d’un plan qui consiste à déguerpir les occupants de ces villages pour les pousser à aller s’établir dans le Cameroun francophone et ainsi permettre que les Francophones puissent s’établir dans les villages désertés par les Anglophones. Il s’agit d’un plan visant à ‘francophoniser’ le Southern Cameroons », raconte cet agent des services secrets camerounais.

Entendez par francophone ici tout citoyen rattaché à la République du Cameroun (ex-Cameroun oriental français indépendant depuis le 1er janvier 1960 et reconnu aux Nations Unies le 20 septembre 1960, sans le Southern Cameroons) par les liens du sang et du sol. Entendez par Anglophone tout citoyen rattaché au Southern Cameroons/Ambazonia (transformé en régions du nord-ouest et du sud-ouest par le régime françafricain de Yaoundé en 1972) par les liens du sang et du sol.

Depuis quelques semaines, des voix commencent à s’élever côté Southern Cameroons pour constater l’occupation progressive des villages désertés du fait de la guerre par des Francophones. Jusqu’ici, l’on ignore dans quel village ou localité précis cela s’est vécu. Mais est-ce ce qui explique le fait que dans son discours au peuple du Southern Cameroons/Ambazonia du 12 février dernier, le chef du gouvernement indépendantiste en exil, Samuel Sako Ikome, a demandé aux Francophones de quitter le Southern Cameroons ? Cette injonction participe-t-elle de la stratégie visant à contrecarrer le plan élaboré par le régime de Paul Biya et la France, lequel plan vise à ‘francophoniser’ le Cameroun anglophone ?

Si l’ordre donné aux Francophones vivant au Southern Cameroons de quitter ce territoire n’est pas à encourager du fait de la généralisation que cela risque entraîner ainsi que des représailles sur ceux des Anglophones qui vivent dans la République du Cameroun, il est cependant important de rappeler à ceux des Francophones qui sont tentés de s’établir dans les villages et localités du Southern Cameroons qui ont été désertés par les populations qui y vivaient d’éviter d’y aller pour acheter du terrain de peur de se rendre complice d’un génocide que Biya et ses maîtres français sont en train d’encourager au Southern Cameroons.

Qu’Emmanuel Macron, président français, et son valet Paul Biya le sachent : le Southern Cameroons (nord-ouest et sud-ouest du Cameroun) est à la base un Etat indépendant et souverain. Qu’ils se rappellent que c’est bel et bien contre l’indépendance du Southern Cameroons que le 19 avril 1961, la France et la République du Cameroun (côté francophone bien sûr !) ont voté lors de l’Assemblée Générale des Nations Unies.

Il n’est donc pas surprenant que la France et les régimes Amadou Ahidjo puis Paul Biya aient fait feu de tout bois depuis 59 ans pour refuser la moindre autonomie à ce peuple. Il n’est donc pas surprenant que la France, avec la contribution des présidents Ahidjo puis Biya, dès 1961, ait engagé un processus de démantèlement de tout ce qui faisait la spécificité et même la souveraineté du peuple du Southern Cameroons. C’est ainsi que les institutions démocratiques (Premier Ministère, Parlement, House of Chief, partis politiques, syndicats, etc.), le système juridico-judiciaire de la Common Law et les entreprises, qui faisaient la fierté et la dignité de ce peuple, ont été abolis. Objectif : amener les Anglophones à dépendre de Yaoundé.

Les incendies des maisons et le massacre des civils dans le Southern Cameroons par le BIR (financé et équipé par la France, selon nos confrères de Médiapart) s’inscrit dans la logique consistant pour les français à ‘francophoniser’ le Cameroun anglophone dans le but de continuer de manière opaque à exploiter les richesses de son sol et de son sous-sol telles que le pétrole, le bois, la banane, l’ananas, l’hévéa, le café, le cacao, etc. Que les Francophones refusent de contribuer à ce génocide en allant occuper les terres laissées par des populations meurtries qui ont été forcées soit à s’exiler au Nigéria voisin, soit à être déplacés internes dans le Cameroun francophone.

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