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Opinions of Friday, 8 February 2019

Journaliste: Douala Ngando

Marche du MRC: voici la vraie raison de l'arrestation de Kamto

D'après les analyses de certains journalistes et hommes de presse, proche du pouvoir de Yaoundé, L'arrestation de Maurice Kamto, et de tous les autres, qui a été une surprise, s'imposait cependant au pouvoir de Yaoundé car celui-ci, dans sa logique d'interdiction de toute marche, redoutait la date du 11 Février, une journée où les marches sont autorisées.

Avant de développer mon propos, rappelons d'abord ce que c'est que le 11 Février pour mieux comprendre le contexte.

Le 11 Février au Cameroun on célèbre la fête de la jeunesse. Initialement appelé fête « nationale » de la Jeunesse, son caractère national a été tout simplement effacé par le Pr. Paul Biya, a juste titre car cette fête exclusive de la Jeunesse ne concerne en rien les vieux Camerounais. En effet, le 11 Février 1961, ce jour-là, les Camerounais Francophones et les Camerounais Anglophones avaient décidé de s'unir dans un seul Cameroun Uni et par référendum. Ce qu'il faut préciser c'est qu'à ce referendum il semblerait qu'il n'y ait que les jeunes qui aient voté pour le « OUI » à la réunification, les vieux ayant choisi soit le boycott, l'abstention ou le « NON ». L'administrateur de la colonie d'alors, le président Ahidjo, décida de consacrer cette date comme la fête nationale de la Jeunesse. Depuis l'arrivée de Paul Biya, le terme "national" a été supprimé pour marquer la fin de la République Unie du Cameroun et la naissance de la République du Cameroun symboliquement divisée entre les vieux et les jeunes.

En effet, le régime actuel, mène une vie dure à la jeunesse Camerounaise, peut être en souvenir de ce referendum du 11 Février 1961. Cette jeunesse, dénaturée, prête a s'enflammer à la moindre étincelle à cause d'un état d'alcoolisme avancé, est aujourd'hui maltraitée, violentée et violée par une horde de vieux et vieillards qui ne décolère pas de cet affront du 11 février 1961. Cette journée du 11 Février est devenue l'unique occasion pour ces vieux de consoler la Jeunesse pour les 364 jours de misère qu'ils vont subir dans l'année, comme s'il fallait lui faire regretter son vote de ce 11 Février 1961, et toujours avec le même message d'espoir : « Vos souffrances actuelles ne sont rien à côté de ce qui vous attend, vous êtes le fer de lance de la nation, l'avenir du futur ».

Toutefois cette journée présente l'avantage d'une journée férie, payée chômée ou toutes les marches sont autorisées et même sollicitées par le pouvoir. Le gouvernement a bien perçu la portée des messages de la jeunesse en cette année 2019 et ne souhaitait pas permettre à Maurice Kamto de répondre à l'appel de la jeunesse pour l'accompagner ce jour-là, d'où son arrestation. Et surtout qu'après le 26 Janvier, il devait y avoir des marches les 2 et 9 Février. Et pourquoi pas le 11 Février ? rétorqua l'expert en panique.

Mais pourquoi l'arrestation intervient-elle dans la nuit du 28 et 29 Janvier alors que les faits qu'on lui reproche se sont déroulés le 26 Janvier ?

La réponse nous a été donnée par les hommes de presse et les journalistes Camerounais qui ont expliqué que l'arrestation de Mr Maurice Kamto était peut être illégale mais sa détention et les conditions de sa détention sont légales, car expliquent-ils, l'état Camerounais peut détenir tout Camerounais, y compris eux-mêmes, pendant 15 jours maximum. C'est ce qu'ils appellent la « détention administrative », je crois. Ce qui implique que arrêter Mr Maurice Kamto le 26 Janvier n'aurait pas permis de couvrir les 15 jours de détention arbitraire ou légale selon l'esprit de celui qui lit le droit. En tout cas, ils expliquent que le gouvernement Camerounais, qui ne respecte pas les citoyens et les droits des prisonniers, met un point d'honneur à respecter les délais légaux.

Si le pouvoir s'accroche à sa logique, le Pr. Maurice Kamto et tous les cadres du MRC seront libérés le 12 Février, 15 jours après leur arrestation et 1 jours après le 11 Février.

L'arrestation d'un messager ne dénature pas le message et n'empêche pas toujours le message d'arriver à destination. La jeunesse Camerounaise, manipulée ou pas, portera son message de « fer de lance » du désespoir de la nation. Nous invitons le gouvernement, au-delà du désastre de la jeunesse dans la zone Anglophone, de tendre l'oreille, d'ouvrir les yeux et leur narines pour entendre, voir et sentir la détresse inacceptable qui émane de cette jeunesse Camerounaise en déperdition morale, mentale et physique.

Bonne Fête (« NATIONALE (?)») de la Jeunesse 2019 à tous !