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Opinions of Thursday, 19 November 2020

Journaliste: le quatrime pouvoir

Les survivances de l'ordre dominant dictatorial au Cameroun

Paul Atanga Nji ministre de l'admnistration territoriale Paul Atanga Nji ministre de l'admnistration territoriale

Le ministre de L'Administration territoriale(Minat) a constaté, de manière curieuse et insolite, le caractère illégal du mouvement "10 millions de Nordistes". De manière claire, Paul Atanga Nji fait savoir que cette association à caractère identitaire sape les valeurs de paix, d'unité et d'intégration nationales scandées par la république du Cameroun. Soit!
Il ne s'agit pas de s'étaler, de manière répétitive, sur l'exposé des motifs éminemment spécieux, rébarbatifs et alambiqués tant ils sont fort amusants. Surtout que le communiqué de presse fait état de ce que certaines figures de la partie septentrionale se sont, délibérément, désolidarisé dudit mouvement. En réalité, le serviteur de Biya décrie, à ce sujet, la fourberie et la duplicité de certaines élites du grand Nord. Pourtant, des lobbies de cette partie du pays ont aidé à la construction de cette association. C'est comme si le Minat apprend à quiconque de quoi il en retourne aux yeux des potentiels ou réels naïfs.

Concrètement, il est aisé de constater que lorsqu'une corporation d'individus se pose en s'opposant à l'idéologie de l'ordre dominant dictatorial, cette association est étiquetée négativement et persécutée par les organes idéologiques de L'État. Le ministère de L'Administration territoriale (Minat) en est un cas patent. En effet, personne n'ignore pas que depuis l'apparition du mouvement "10 millions de Nordistes", cette association a affiché, de manière claire, des revendications, certes, ethno-régionales, mais qui posaient un problème singulier essentiel. L'on se souvient que c'est ce mouvement qui a dénoncé le non-respect des quotas dans la repartition des proportions relatives aux résultats des concours d'entrée à l'Enam(École nationale d'administration et de magistrature). Le quota de 30% des régions septentrionales n'avait, dûment, pas été respecté au regard des statistiques de représentation des admis de cette partie du pays à cette école élitiste. Cette association a,,d'ailleurs, attaqué le ministre de la Fonction publique et de la réforme administrative (Minfopra) au tribunal administratif en vue de la contestation desdits résultats. Affaire toujours pendante en justice.

En réalité, le mouvement "10 millions de Nordistes" est sanctionné négativement en raison de sa posture critique à l'égard de l'ordre dominant dictatorial. Pour parler prosaïquement, dans l'imaginaire des dirigeants de L'État policier, c'est une association qui dérange, qui importune et qui attente aux valeurs républicaines. L'Etat répressif est dans une dynamique de faire perpétuer les permanences, les rémanences et les survivances de l'ordre autoritariste. Que des concitoyens le veulent ou pas !

Des cas patents pour illustrer l'ordre dominant dictatorial sont fort évocateurs. Souvenez-vous que quand l'initiative "Survie Cameroon survival initiative (Scsi) avait été étrennée par Christian Pendant Ekoka, la figure de proue, cette association avait été labellisée négativement et frappée aussi d'illégalité par le même ministre de L'Administration territoriale (Minat) au point de multiplier des communiqués fantoches pour exécuter cette décision. Mais malheureusement, cette décision n'a guère empêché l'initiative Scsi de dérouler ses activités humanitaires dans les dix régions camerounaises. Quiconque peut revisiter le bilan des actions de Scsi rendu public par Penda Ekoka et ses collatéraux. Les actions de Scsi ne confortant pas les desiderata et logiques du pouvoir décadent en place, l'enjeu avait consisté à neutraliser et à faire basse sur cette action de solidarité en faveur de la lutte contre le coronavirus.
Tout récemment, c'est l'affaire Stéphanie Djomo qui a défrayé la chronique. Après avoir décrié l'assassinat des enfants à Kumba, cette dernière a été kidnappée le jour du seigneur et est, aujourd'hui, devant le tribunal militaire pour propagation de fausses nouvelles et de défaut de carte nationale d'identité. Cette procédure judiciaire a été enclenchée un dimanche au mépris des règles de droit devant être conformément appliquées les jours ouvrables. Comme l'Etat autoritariste est toujours au cœur des manœuvres répressives, le ministre de la Communication (Mincom) à adressé une mise en demeure au groupe de presse "Équinoxe télévision", auquel il impute la responsabilité d'avoir laissé cette dame de faire état des "faux témoignages". Ainsi, se pose-t-on la question de savoir si le Mincom se substitue, aujourd'hui, au conseil national de la communication ou même à la justice qui diligente une enquête judiciaire à ce sujet ces dernières semaines ?

Quiconque se rend donc compte que les ministres de l'Administration territoriale et de la Communication se posent, aujourd'hui, comme des appareils gouvernementaux et idéologiques de l'État au service de la caporalisation des individus et des associations qui mettent à mal le régime de Yaoundé. Des actions rétrogrades d'une telle essence sont légion et participent à démontrer que les dissidents et les opposants seront, toujours, menacés, intimidés et opprimés parce que étant marqués comme des "gens qui dérangent". Aux acteurs sociaux d'ourdir, eux aussi, des stratégies pour déconstruire la machine répressive de l'ordre dominant dictatorial ! A chacun(e) de trouver ses armes cognitives et intellectuelles et actionnalistes pour se dresser contre ces pratiques réfractaires à l'essor sociétal !
Le Don King
Mot à wou à wou!

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