Vous-êtes ici: AccueilTribuneOpinionsArticles2021 07 05Article 606277

Opinions of Monday, 5 July 2021

Auteur: cMe Christian Bomo

‘Le prochain président du Cameroun doit avoir moins de 60 ans’

‘Le prochain président du Cameroun doit avoir moins de 60 ans’ ‘Le prochain président du Cameroun doit avoir moins de 60 ans’

Me Christian Bomo souhaite pour le Cameroun un chef d’Etat qui a moins de 60 ans. L’avocat inscrit au Barreau du Cameroun estime que les jeunes leaders sont courageux alors que les présidents âgés se cachent derrière leur « sagesse » pour jouer le jeu de l’occident.

CamerounWeb vous propose l’intégralité de sa tribune


Je suivais hier un vibrant meeting du jeune leader tchadien Succès Masra que vous pouvez d’ailleurs trouver sur ce mur. Il s’est dégagé dans mon esprit, le constant constat historique que les pays africains qui réussissent et qui se détachent des jougs étrangers, ont eu à leur tête des jeunes présidents. L’âge est une donnée essentielle.


Les présidences en Afrique, face aux défis de la neocolonisation et de la postcolonie qui se posent à elles ont besoin de dynamisme, de jeunesse synonyme d’insouciance. Car c’est dans l’insouciance qu’on trouve le courage. C’est d’ailleurs pourquoi dans les armées on recrute de très jeunes personnes. La sagesse ne rime pas avec courage.


L’Afrique et particulièrement le Cameroun ont besoin de leaders courageux et non ces fameux sages pour se détacher des chaînes du néocolonialisme. Pour preuve, on voit bien que tous nos leaders âgés, ont tendance à trouver des appuis internationaux pour accéder ou se maintenir au pouvoir. Ils ont dans leur discours ce vaseux mot de coopération gagnant-gagnant, alors qu’il s’agit d’abord et avant tout de libération.


De quel rapport d’égalité de négociation peut-on parler en étant tenu en laisse par un maître ? Le jeune Succès Masra, peut dénoncer, sans mettre des gangs, ces puissances étrangères qui vicient la démocratie dans son pays, parce qu’il est dans l’insouciance, là où la fameuse sagesse « endormissante » et narcotique de l’âge, aurait pris soin de contorsionner les mots, pour les rendre à la fin stériles, inactifs et improductifs.


L’insouciance ne signifie surtout pas irresponsabilité. Mais plutôt : « Je n’ai peur de rien. Je ne calcule pas. Seul le noble but à atteindre importe « . Le miracle ganhéen est venu de l’insouciance d’un jeune: Jerry Rawlings. Quand il accède au pouvoir, il a 34 ans. Celui Rwandais avec Paul Kagame. Il a 43 ans quand il accède au pouvoir. Thomas Sankara du Burkina Faso, le père de la liberté africaine néocoloniale a 32 ans quand il devient président de la République. Ce sont des jeunes personnes qui ont éveillé les africains à leur droit à l’indépendance : Um Nyobe avait à peine 35 ans lorsqu’il prend la tête de l’UPC, et ce, après un long parcours syndical depuis l’âge de 23 ans.



Lumumba avait 34 ans lorsqu’il prononça ce discours historique de libération de son pays devant le Roi belge. Nkwame Nkrumah avait à peine la 40 ans, lorsqu’il coordonnait les mouvements panafricanistes de libération et d’indépendance de l’Afrique et son pays. C’est à 51 ans qu’il devint président. Prenons même le cas de Paul Biya qui accède au pouvoir à 49 ans.
En observant sa trajectoire politique. C’est dans sa jeunesse qu’il a eu le courage de dénoncer le néocolonialisme et les institutions de Bretton- Woods à travers ses célèbres déclarations : » Le Cameroun n’est la chasse gardée de personne » ou encore » Le Cameroun n’ira pas au FMI « . On verra qu’avec l’âge, au nom de cette fameuse sagesse opiomane, il est devenu plus que docile, l’ami, comme l’a si bien illustré le député français Didier Quentin. Cette réflexion sur l’âge du futur dirigeant d’un Cameroun qui se veut libre et fort, mérite d’être posée dès à présent.


À partir de 60 ans, on s’assagit, on devient prudent, on ne combat plus. Or nous sommes encore dans le combat pour notre libération. À plus de 60, on est bon pour la présidence des pays qui ont déjà tout construit. C’est pourquoi les Etats-Unis peuvent se permettre des Présidents de plus de 75 ans.


Car ici, les combats sont terminés. On gère les acquis avec parcimonie. Le Cameroun n’a pas d’acquis, il nous faut donc une personne vigoureuse, âgée tout au plus de 60 ans pour succéder à Paul Biya. Les aînés et autres sages, seront plutôt là pour canaliser l’insouciance combattante en prodiguant des conseils de canalisation de cette énergie jeune, lorsqu’elle débordera.