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Opinions of Sunday, 26 April 2020

Journaliste: Tchana Bopou John Michael

'Le président Paul Biya ne cède à aucune pression'

« Tout d’abord, il faut saluer l’attitude du Chef des armées, le Président de la République qui a pris le contrepied de tous ses thuriféraires pour prescrire une enquête dont le résumé des résultats a été livré au peuple camerounais et la communauté internationale. Cet état de chose se justifie premièrement par le fait que le Cameroun a adhéré a plusieurs conventions internationales de promotion et protection des droits de l’homme, d’où la présence dans notre pays de nombreux démembrements de certaines de ces institutions ; ensuite l’Etat du Cameroun est débiteur du droit à l’information de ses citoyens sur tout ce qui se passe sur le territoire ; et enfin le monde est devenu un village planétaire, il n’est pas possible que des choses puissent se passer sans que la communauté internationale ne soit informée.

C’est encore plus grave lorsqu’il s’agit des pertes en vies humaines concernant des personnes vulnérables à l’instar des femmes et des enfants. Face à ceci et vu le retentissement qu’a connu cette affaire, le gouvernement du Cameroun n’avait pas d’autre choix en dehors d’y prêter une oreille attentive. Je ne dirais pas que l’Etat a fait marche arrière car jusqu’ici, celui qui incarne au premier rang l’Etat du Cameroun, c’est le Président de la République qui, avant le rapport, ne s’était pas exprimé sur la question.

Dans son habitude de pondération et de prudence, le chef de l’État a voulu voir clair dans cette affaire avant de prendre position. Et après le résumé du rapport, nous avons la position officielle de l’Etat Cameroun qui démontre à suffire que tout ce qui a été dit, avant par des responsables du régime de Yaoundé et certains intellectuels faussaires, n’engage qu’eux et non l’Etat du Cameroun. Encore que c’est le chef de l’État qui est détenteur de la souveraineté populaire et non les ministres qui sont autour de lui.

Pour ma part, il n’y a pas de marche arrière mais plutôt la publication de la version officielle du Chef de l’Etat sur cette tragédie.

Aussi, je ne dirais pas que le Président a cédé à la pression. Je l’ai dit plus haut. Pour ceux qui connaissent le fonctionnement de l’homme, savent que le chef de l’Etat prend toujours beaucoup de temps et de recul avant de se prononcer sur une situation. En même temps, pensez-vous qu’un chef d’État puisse fermer les yeux sur la tuerie de femmes et d’enfants par l’armée Camerounaise ? Eh bien non. Seulement, il n’en demeure pas moins vrai que les nombreuses réactions des médias tant nationaux qu’internationaux associés aux actions des organisations de la société civile ont contribué à accentuer l’attention qui a été réservée à cette tragédie. Donc je ne parlerai pas de pression.

Il est difficile que cet aveu de culpabilité et la mise aux arrêts de soldats soient de nature à maintenir le calme au sein de la grande muette puisque déjà, nous n’avons pas l’intégralité du rapport d’enquête pour savoir exactement tous les contours de cette affaire et l’étendue des responsabilités. De plus, nous ne savons pas si tous les membres de la commission d’enquête ont paraphé ledit rapport où s’il n’y a pas des opinions dissidentes de la part de certains membres, car en l’absence de ces éléments, il serait difficile de savoir si ce rapport a emporté l’assentiment de tous, y compris celui de la grande muette.

J’aurais aimé cependant qu’il y ait une deuxième Commission d’enquête qui ne soit pas présidée cette fois-ci par des militaires pour garantir davantage sa neutralité afin que puisse jaillir toutes les lueurs de la lumière. On peut légitimement penser que la composition des membres de cette commission peut avoir influencé la neutralité de celle-ci. De toutes les façons, étant donné que les personnes impliquées ont d’abo





ord donné défaussés informations biaisant ainsi la communication de certains membres du gouvernement et de la hiérarchie de l’armée, ce sont les mêmes y compris les témoins qui ont été auditionnés lors de cette enquête.

La réalité de cette affaire ne sera connue que lors de leur procès devant le Tribunal militaire, si ceux-ci daignent bien nous livrer la vérité et non se renfermer derrière le secret-défense, associé aux témoignages des personnes qui ont pu voir ou entendre quelque chose ce jour-là. Si non dans ce genre de situation, comme le croient d’aucuns, la frontière n’est pas grande entre actes de bravoure et bavure.

Les prescriptions concernant les victimes pour ma part sont plus que suffisantes. Je suis content car le chef de l’État soit allé plus loin que les espérances en instruisant l’exhumation des corps à l’effet de leur donner une sépulture digne, ainsi que le recensement des différents ayants-droit pour leur verser des réparations. Loin de remplacer leurs proches, elles contribueront substantiellement à essuyer leurs larmes même si celles-ci ne se monnaient pas. Notons que ne pouvant pas leur accorder une réparation en nature face à ce genre de tragédie, la résurrection étant impossible, il ne restait plus qu’une réparation par équivalent, notamment une compensation financière.

Aussi, je souhaite que les ayants-droit soient tous identifiés. et qu’ils obtiennent intégralement entre leurs mains ce qui leur sera accordé par le Chef des armées. Nous connaissons comment ça se passe chez nous chaque fois qu’il y a du matériel ou de l’argent à distribuer. L’exemple du milliard des indemnisations octroyé aux victimes du drame d’Eseka par le Chef de l’État est encore patent dans nos mémoires et nous connaissons tous les montants dérisoires que certaines victimes avaient perçus ».

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