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Opinions of Monday, 1 February 2021

Auteur: BORIS BERTOLT

Le militaire qui a cassé la SCB de Bertoua arrêté et détenu en secret

C’est une affaire plus complexe qu’un banal incident d’un militaire en colère. Les faits se sont déroulés samedi dernier à l’agence de la Société Camerounaise des Banques à Bertoua.

Le militaire au cœur de cet affaire c’est le sergent chef Mekenda Biwole Gilbert ( en photo) du 12 eme bataillon de l’armée de terre à BERTOUA. Certes, il souffre parfois de troubles mentaux, mais le résultat des évènements de samedi c’est le fait que le sergent Mekinda suspecte des magouilles autour de son compte. Il a été arrêté par les éléments de la Sécurité Militaire.

Le 19 janvier 2020, le sergent Mekenda se rend à la SCB Bertoua pour un crédit. Son gestionnaire lui dit qu’il ne peut pas prendre de crédit parce qu’il a déjà un crédit. En septembre il avait un crédit scolaire et il avait déjà un crédit de 200 000 fcfa et devait d’abord racheter ce crédit. Il obtiendra un prêt chez un usurier qui lui permettra de racheter ce crédit à la SCB. Il rentre sur Bertoua et remet les 200 000 fcfa au gestionnaire.
Le 22 janvier 2020, le sergent Mekinda se rend à l’agence SCB de Bertoua et découvre que son compte bancaire a été crédité d’une somme de 4 544 000 fcfa. Mais le directeur de la banque lui a dit qu’il n’a droit qu’à 800 000 fcfa.

Le Sergent ne comprend pas ce qui se passe. Sur le conseil d’un membre de sa famille, officier supérieur dans l’armée, il se rend à Yaoundé pour prendre son bon de caisse et le relevé.

Il va découvrir qu’effectivement plus de 4 millions fcfa ont été déboursés sur son compte. La banque lui fait savoir qu’il s’agit d’une « avance sur sa pension retraite ». Or il est encore en fonction et n’a fait aucune requête dans ce sens.

Plus grave, il apprend que sur ce qu’on lui décrit comme « avance sur pension retraite », il n’a droit qu’à près de 800 000 fcfa sous prétexte qu’il avait pris un crédit. La SCB rajoute qu’il avait un crédit depuis 2004 et c’est ce crédit qu’il rembourse. C’est à dire un crédit qui remonte à 16 ans. Il est dans l’armée depuis 2001. Étrange.

Le sergent Mekenda conteste. Lui qui souffre déjà de troubles mentaux est bouleversé. Une plainte sera déposée chez le procureur le 27 janvier 2020. Le procureur lui demande d’attendre et quil sera appelé. Mais rien. Il décide d’aller à la banque.

Le jeudi 28 Mekenda va à la banque. On lui interdit l’accès. Le directeur arrive. Refuse de parler à sa famille. Il lui donne 1000 fcfa pour refaire sa carte d’identité et lui demande de revenir. Le directeur lui dit d’ailleurs qu’il sera placé sous tutelle par sa famille s’il continue. Le sergent revient mais on lui interdit de nouveau l’accès à la banque. Il rentre et promet de revenir samedi.

Samedi matin, la SCB refuse de nouveau l’accès au sergent Mekenda qui veut obtenir des clarifications sur l’argent qui se trouve dans son compte. Le sergent perd le contrôle et va briser les vitres de la banque. Il sera arrêté par la suite par ses collègues de la SEMIL. Jusqu’à ce jour sa famille n’a pas de nouvelles de lui.

Des questions fondamentales méritent d’être posées :
1) Qui a demandé de donner une avance sur pension de 4 544 000 fcfa à un militaire en service qui n’a pas demandé ?

2) Si ce n’est pas une avance sur pension d’où proviennent ces 4 millions?

3) Comment donner un crédit de 4 millions à quelqu’un que la banque dit déséquilibrée sans garant?

Des questions qui nécessitent des clarifications. Car il est possible que nous soyons en face d’une vaste entreprise de blanchiment d’argent qui implique de nombreux militaires.

D’ailleurs selon nos sources le téléphone du sergent a été récupéré et de nombreux éléments de preuves effacés.

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