Vous-êtes ici: AccueilWallOpinionsArticles2021 04 22Article 591877

xxxxxxxxxxx of Thursday, 22 April 2021

Source: Sismondji Bidjocka

'Le dictateur préféré de Macron, Idriss Déby, a-t-il sollicité un mandat de trop ?'

Perçu par Paris comme Elément stabilisateur de la sous-région, Tchad. Idriss Déby, l’indispensable dictateur de Paris, est mort. Le dictateur préféré de Macron, Idriss Déby, a-t-il sollicité un mandat de trop ? Doit-on croire à la version officielle de cette mort d’Idriss débiy Itno quand on connait les antécédents de la France sur le continent en matière de manigances meurtrières ? La France n’a-t-elle pas crée un environnement de confusion pour en profiter et attaquer le chef militaire zagawa qui depuis un moment commençait à être très instable et difficile à contrôler ? Voilà un environnement qu’il va falloir élaguer avant d’envisager la suite.

Mesdames et Messieurs chers auditeurs.
Bien que très sérieuse, cet angle d’attaque n’est pas notre pierre angulaire analytique de ce matin. Je vous propose à la suite de cet évènement violent, que nous nous intéressions à un autre aspect de la question, la prise des choses en main. Les études de sciences politiques ont suffisamment démontré que les pouvoirs perpétuels, c'est-à-dire au-delà de trente années sans interruption.

Le Tchad comme le Cameroun sont des pays avec une constitution bien établi, prévoyant tous les aspects en cas de disparition brusque du détenteur du pouvoir exécutif. Sur le papier, tout est formidable, tout est prévu sauf l’imprévu. Les choses ne se passent pas toujours comme sur du papier huilé. Tenez par exemple, à l’annonce du décès d’idriss Déby, son fils général d’armée, faisant fi de toute disposition constitutionnelle, et soutenu par l’armée, s’est emparé du pouvoir comme dans un coup d’état, suspendant ladite constitution, dissolvant l’assemblée nationale et bien d’autres actes dont nous ne connaissons que trop l’enchainement dans le scénario.
Dans la foulée donc, l’armée a annoncé la dissolution du gouvernement et de l’Assemblée nationale et la mise en place d’une transition. Celle-ci sera dirigée pour une durée de dix-huit mois par un conseil militaire, dont Mahamat Idriss Déby a pris la tête. Ce dernier, fils d’Idriss Déby Itno, est général de l’armée tchadienne et dirigeait depuis de nombreuses années la Direction générale des services de sécurité des institutions de l’État (DGSSIE), dont fait partie la garde présidentielle.

Si prompt à s’indigner des violences politiques signalées en Russie, au Venezuela ou ailleurs, Paris est resté une fois encore muet face à ce climat délétère, tant Idriss Déby a réussi à acheter sa tranquillité politique en se rendant indispensable grâce à son armée, l’une des plus puissantes et des plus aguerries de la région.

Car le dictateur tchadien s’est imposé comme l’un des partenaires clés de l’opération militaire « Barkhane » pilotée par la France dans le Sahel.
Les États-Unis ont également misé sur le président Déby, considéré comme un rempart aux frontières du Soudan d’Omar el-Béchir, longtemps classé État paria par le département d’État, et censé contenir la progression du groupe terroriste Boko Haram au Nigeria, qui effectue de fréquentes incursions dans la région du lac Tchad. La Chine n’est pas en reste, et avait remporté de substantielles parts de marché dans l’exploitation du pétrole tchadien.
Après la mort de Déby, un conseil militaire dirigé par son fils remplace le président tchadien décédé de ses blessures, selon l'armée.

Exportateur net d’or noir depuis 2003, le Tchad ne produit que 140 000 barils/jour. Mais au cœur d’un des pays les plus pauvres du monde, l’industrie pétrolière représente tout de même 75 % des revenus d’exportation et près de 40 % des recettes budgétaires, même si le pays souffre de l’effondrement des cours observé ces dernières années.
Le Tchad n’a cependant pas échappé à la « malédiction de l’or noir » qui rattrape la plupart des pays producteurs du continent africain. Au lieu de poursuivre le financement d’infrastructures, hôpitaux, écoles ou de développer les services publics, la manne a surtout servi, à partir de 2010, à acheter des nouvelles armes, louer les fidélités à Déby au sein de l’armée tchadienne, et consolider cette force militaire que le président tchadien monnaye auprès de tous ses sponsors étrangers. Un appui qui ôte pourtant toute possibilité de relève et d’alternance, et qui permet au système Déby toutes les audaces, persécutions, menaces.

Voici donc ma question à la fin : Nous sommes au crépuscule d’un long règne de de 38 ans, avec une constitution qui prévoit tout pour la transition comme au Tchad; peut-on toujours au vu de ce qui se passe être serein si jamais nous étions confrontés à une telle situation ? Paul Biya, du moins c’est l’impression que donnent ouvertement ses partisans est le seul qui maitrise les rouages, et les arcanes, mais il y a dans l’ombre une bonne dizaine de prétendants riches et prêts qui n’attendent que le moment.

Vous êtes témoin d'un fait, vous avez une information, un scoop ou un sujet d'actualité à diffuser? Envoyez-nous vos infos, photos ou vidéos sur WhatsApp +237 650 531 887 ou par email ! Les meilleurs seront sélectionnés et vérifiés par la rédaction puis publiés sur le site.

Rejoignez notre newsletter