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Opinions of Friday, 4 June 2021

Auteur: www.camerounweb.com

'Le Consupe vit l’un des pires moments de son existence'

Rose Mbah Acha Fomundam, Ministre chargé du Consupe Rose Mbah Acha Fomundam, Ministre chargé du Consupe

•Le Consupe a été attaqué par des bandits il y a quelques jours.

•Ces derniers n'ont emporté que des éléments de preuves de plusieurs enquêtes en cours.

•Une situation que déplore Sismondi Bidjocka.


Dans un éditorial publié ce vendredi, le Directeur général de RIS FM, commente une attaque de bandits au siège du Contrôle Supérieur de l'Etat (Consupe). Attaque au cours de laquelle, seuls des éléments de preuves de plusieurs enquêtes pour détournements de fonds de certaines autorités, contenus dans des ordinateurs ont été emportés.

Voici l'édito.

ALBERT Einstein a écrit, « je crois en la vie après la mort, car l’énergie ne peut pas mourir. » je vous cite le père de la relativité ce matin, car les nôtres se comportent ici-bas comme s’ils emporteront tout après la mort. Rien ! Volez autant de milliards que vous voudrez durant le temps qui vous convient, construisez des centaines de villas etc., mais après la mort, vous n’emportez rien, même pas un bouton de votre chemine ! que dis-je, même pas de vêtement. Le placement à la morgue c’est sans aucun habit sur soi. Je conseille aux uns et aux autres de faire de temps en temps un tour à la morgue, cela vous fera du bien en banalisant votre envie démentiel de tout prendre, quitte à priver les autres des moyens de survit. Cela vous rendra humble. Vivez en aimant les gens ; vivez en rendant service aux autres même si vous ne recevez rien en retour. Faites-le. Protégez l’image de votre vis-à-vis, même si par après, il vous méprise et coupe tout lien, toute communication avec vous, évitez la vengeance Car Confucius le philosophe Taoïste a écrit : « celui qui cherche la vengeance devra creuser deux tombes, pour lui et celle de sa victime. »

Après cette méditation utile, cherchons le lien avec notre sujet du jour.
Souvenez-vous, de 2014 à 2015, il y a cinq à six ans, le phénomène chauffait, je parle là des incendies dans les institutions ; il ne se passait pas une semaine sans qu’on annonce le feu dans un ministère, une direction générale d’entreprise d’état, jusqu’à la trésorerie nationale. Des curieux incendies qui choisissaient uniquement les bâtiments de l’état et jamais des structures privées, des incendies qui choisissaient uniquement de bruler des documents comptables avant de s’éteindre. Quand on avait pas affaire à l’incendie, c’était des cambrioleurs et des braqueurs qui emportaient les mêmes documents et des ordinateurs où se trouvaient des données propres à expliquer des disparitions de quelques millions et quelques milliards. Ça tombait toujours à pique pour éviter épervier. Désolé monsieur l’enquêteur, les documents que vous réclamez ont brûlé dans l’incendie.

Mesdames Messieurs chers auditeurs !

• Les locaux du CONSUPE ont fait l’objet d’une attaque armée il y a quelques jours par des bandits armés.

• Des ordinateurs ont été emportés.

• Aucun membre du personnel n'a été blessé et aucun véhicule n'a été emporté
L’institution dirigée par Rose Mbah Acha Fomundam vit l’un des pires moments de son existence.

Si aucun membre du personnel n'a été blessé et aucun véhicule n'a été emporté, il faut signaler selon le confrère Raoul Nkouatchouang, que les vitres des véhicules ont été vandalisées et des ordinateurs emportés. Chose curieuse, les ordinateurs des enquêteurs du Contrôle Supérieur de l’Etat semblent être la principale raison de l’attaque. Ils sont les seuls éléments emportés par les malfrats.

Cette attaque intervient dans un contexte où l’institution enquête sur deux principales affaires sur instructions du président Paul Biya: l’enquête sur la gestion des fonds alloués à la lutte contre la pandémie de la COVID-19 . Le dossier Covid-19 au Tribunal criminel spécial est un brûlot suivi attentivement sur le plan international par nos partenaires financiers.

Selon la répartition y relative, ces fonds ont été ventilés entre 24 administrations publiques allant du ministère de la Santé publique – le plus grand bénéficiaire avec 45,630 milliards – â la délégation générale à la Sûreté nationale en passant par la Cour suprême ‘ ou encore le département de la Communication.

Contrairement à une information largement répandue sur les réseaux sociaux, les auditions – et donc le défilé – des mis en cause chez les OPJ ne sera pas automatique. Il devra respecter un chronogramme bien précis et respecter le sacro-saint principe de la présomption d’innocence. De plus, tous les mis en cause, sur la base du rapport de la Chambre des comptes de la Cour suprême, ne vont pas se déplacer pour le TCS. Il est prévu, ainsi que le prévoient, les procédures, des transports judiciaires auprès de dirigeants d’une certaine stature.

Un autre bémol, à verser audit dossier, a trait à l’idée selon laquelle 180 milliards, ou tout au moins une partie, ont été distraits par les gestionnaires publics visés par le décret signé le 22 juillet 2020 par le Premier ministre Joseph Dion Ngute. Cette enveloppe représente en réalité la «répartition», et non le déblocage effectif.

GROS AMALGAME. Elles sont en effet nombreuses, les administrations qui à ce jour continuent d’attendre leur part du gâteau. Dans le même temps, d’autres n’en ont perçu qu’une partie. Cet amalgame, entretenu par des lobbies installés dans les plus hautes sphères de l’Etat sur fond de batailles d’influence, tend à livrer certains gestionnaires publics à la vindicte populaire.

Dans le même esprit, il est à noter que le rapport d’audit de la Chambre des comptes fait concurrence à une autre enquête, menée sur le même sujet par le Contrôle supérieur de l’Etat (Consupe). Cette dernière institution est considérée comme instrumentalisée par certains dirigeants.
Elle est contestée par les partenaires au développement à l’instar du Fonds monétaire international (FMI), qui a contribué à hauteur d’environ 382 millions de dollars au titre de la facilité de crédit rapide (FCR) aux fins satisfaire les besoins urgents de financement de la balance des paiements résultant de la pandémie du Covid-19.

Dans sa lettre d’intention adressée le 5 octobre 2020 au FMI le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a souligné le ferme engagement du gouvernement en faveur d’une utilisation efficace et transparente des fonds publics et à veiller à ce que les fonds reçus, y compris du décaissement de la FCR et des ressources libérées par l’initiative du G-20 de suspension du paiement du service de la dette (DSSI), soient dépensés efficacement pour faire face à la crise sanitaire et économique. Le 20 suivant, le Fonds déclarait que les mesures préalables des autorités camerounaises «ont été respectées».

Sauf que, entre-temps, constate Raoul Nkouatchouang beaucoup de tripatouillages ont été constatés aussi bien dans l’attribution des marchés, la facturation des prestations que dans les priorités de dépenses, dont certaines sont semble-t-il allées dans les poches de particuliers.
Plus encore : il est apparu une véritable bataille de légitimité pour la gestion des moyens financiers destinés à la riposte nationale contre le coronavirus. Ainsi le Premier ministre, officiellement le coordonnateur national de ladite stratégie, a royalement été mis sur la touche.
A sa place, sont apparus des donneurs d’ordres divers, jusqu’à la création d’une task force-logée, désormais seul maître à bord en matière d’attribution des marchés dont la plupart, constituent des méga-scandales en matière de commande publique.

A l’heure de rendre compte de l’usage des fonds du Covid – d’une partie, la plus visible – devant la justice, il va être compliqué, pour le TCS, de démêler l’écheveau des multiples ramifications et pôles de gouvernance. D’autant qu’à ce jour, plusieurs audits et «éclairages» ont été engagés «sur très hautes instructions du chef de l’Etat».

Sans oublier qu’il existe un autre écueil, qu’il va falloir clarifier pour une meilleure compréhension des procédures. Si l’on s’en tient à l’esprit et à la lettre du décret du chef du gouvernement du 20 juillet 2020, les chefs des départements ministériels concernés sont certes responsables de leur gestion. Il est précisé qu’ils doivent également produire chaque trimestre un rapport d’activités à remettre au ministère des Finances -pour consolidation.
Mais, surtout, le texte indique que la Chambre des comptes assure un audit indépendant sur l’utilisation des ressources du fonds spécial de solidarité nationale contre le Covid-19.

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