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Opinions of Tuesday, 9 April 2019

Journaliste: Jacques Etienne Pouhe

Le Cameroun à la recherche d’un paradigme sociétal de développement Administration

Consultations de tous les acteurs sociaux, contributions des experts techniques scientifiques et professionnels, mise à profit des acquis infrastructurels, conciliation avec les exigences de coopération multilatérale, au ministère de la planification toute l’intelligentsia est activée.

Le bilan mitigé de la première phase du document de stratégie de croissance et d’emploi, considéré comme boussole de l’émergence du Cameroun à l’horizon 2035, pose avec acuité l’efficacité de la méthode et de l’orientation des actions du gouvernement camerounais. Ceci suppose désormais la prise en compte des différents paliers moins intégré jusque-là pour que la courbe du développement ne tangue. Pas dangereusement. A quelques heures du début de la deuxième phase du DSCE qui va couvrir la période 2020/2027 et dont l’objectif est de faire du Cameroun un pays à revenu intermédiaire, tous les yeux sont fixés sur ceux qui sont chargés d’élaboré ce plan d’actions. Et c’est ici qu’intervient le ministère de l’économie, de la planification et de l’aménagement du territoire. Dans ce département, on assure que tous les maillons de la chaine sont mis à contribution pour éviter tout échec qui pourrait plomber la marche du Cameroun vers son émergence. Car si le pays est reconnu comme regorgeant d’un potentiel naturel et humains conséquents, il n’en demeure pas moins que les voix s’élèvent encore pour fustiger une gestion opaque et pas suffisamment intégrative de toutes les forces sociales.

Pour Paul Tassong ministre délégué auprès du ministre de l’économie et de l’aménagement du territoire chargé de la planification, la deuxième phase du DSCE doit concerner tous les secteurs et tous les aspirations de tous acteurs : « nous allons (…) échanger avec eux sur les travaux de planification fin d’assurer une meilleure prise en compte des prochaines priorités de développement dans les programmes ». Entre efficacité et décentralisation équitable : le juste modèle Même s’il est reconnu que le développement de tout pays aujourd’hui passe nécessairement par une transformation structurelle de l’économie qui est adossée sur le numérique, l’industrie et l’agriculture, le Cameroun ne peut pas se lancer aveuglement dans cette bataille de développement sans se trouver un paradigme qui épouse ses acquis et ses particularités. Il faut partir de la base vers le sommet en recueillant les aspirations des populations en liaison avec les potentiels humains et naturels qui caractérisent chaque région du pays :
« capter les problématiques phares de développement régional selon le point de vue des populations à la base », selon le Minepat. Il faudra ensuite mettre ensemble toute la matière grise des experts du développement (scientifiques, économistes, professionnels, chercheurs ou universitaires), sans oublier le secteur privé acteur de la transformation et de la production des richesses « dans la perspective d’identifier les filières porteuses à promouvoir », précise le ministre Paul Tassong.

Le but de ce travail de consultation au niveau central est de trouver une stratégie nationale et un modèle efficace qui doit être appliqué dans toutes les régions avec un souci d’équité entre les différentes régions. Et c’est ici la troisième phase qui consiste à retourner vers les populations à la base pour la matérialisation de la politique nationale de développement issue de la base et conceptualisé par toute l’intelligentsia. Et c’est ici qu’intervient en dernier ressort le maillon clé de la mise œuvre de la politique de décentralisation à savoir les communautés territoriales décentralisées. En plus de donner les moyens financiers nécessaires pour les autonomiser, le gouvernement doit prendre soins de leur affecter des experts chargés de leur formation pour la réalisation des projets régionaux identifiés et entrant dans la politique globale de l’émergence qui tient compte non de la dominance d’une seule région, mais du bien-être de tous les Camerounais. En clair il faut transférer les compétences, créer des incubateurs régionaux d’entreprises, mettre à la disposition des populations les produits de la recherche pour booster leur rendement en fonction des secteurs de développement à promouvoir dans ces régions. La banque des PME devra évidemment fonctionner pour que les populations aient accès aux crédits pour financer les projets pour lesquels elles auront reçues des compétences certaines. Cependant, l’autorité centrale va garder la main sur les grands projets nationaux, notamment les infrastructures de développement et l’aménagement du territoire sans lesquels le développement n’est pas possible : « Là où la route passe, le développement suit ». A ce niveau le pays peut s’appuyer sur les grands projets structurants déjà réalises ou en cours de l’être.