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Source: Jean De Dieu Momo

Laurent Esso, ce bouc émissaire de tous les péchés d'Israël - Jean De Dieu Momo

Une actualité récente a mis en exergue, sous des formes embusquées ou à découvert, quelques griefs que l’ignorance inspire à certains pour attaquer le Ministre d’Etat Laurent Esso. A l’analyse, ces accusations ne sont pas fondées mais participent des manœuvres souterraines pour indexer sa longévité au pouvoir. Une ruse politique donc.

Ayant l’avantage d’avoir été dans l’opposition politique et d’être actuellement proche des cercles du pouvoir, et armé des clés de lecture qu’offre la science politique à travers la sociologie politique, je me sens le devoir de témoigner, avec objectivité, pour éclairer ceux qui se trompent comme je l’étais hier moi même et ceux que l’on trompe pour des visées de conquête électorale.

A. CLARIFICATION SUR LE RÔLE DU MINISTRE DE LA JUSTICE

Comme chacun sait, j’ai exercé longtemps comme avocat à un niveau aussi bien national qu’international et malgré cela, je croyais erronément, aussi, que le ministère de la justice régentait la justice et il n’était pas rare que j’adresse à cette institution des complaintes contre tel dérapage. Je suis aujourd’hui très bien placé pour témoigner que le ministère de la justice n’est pas un degré de juridiction comme peut le croire le profane. Il n’est pas non plus une cour suprême qui tranche en dernier ressort. La vérité est que le Ministre de la justice est un administrateur de l’institution judiciaire. Il relève de l’exécutif comme tenant ses attributions du chef de l’exécutif qu’est le président de la République et il accompli ainsi les missions de l’exécutif. En vertu de la séparation des pouvoirs, il ne peut intervenir dans les décisions de justice. Le Juge ou le magistrat du siège, encore appelé magistrat assis ( parce qu’il est toujours assis) rend sa décision conformément à la loi et à sa conscience. Le ministère de la justice n’intervient dans les affaires judiciaires que par le canal du parquet dirigé par le procureur général et ses collaborateurs qui sont des magistrats debout. Ils représentent le ministère public et sont les avocats de la société. Il est de leur devoir de protéger le peuple et la société contre les abus des puissants. Le ministre de la justice est donc le protecteur de la veuve et de l’orphelin, des opprimés et des déshérités car il s’assure que la loi est égale pour tous.

Seuls les magistrats du parquet ont pour hiérarchie le Ministère de la justice. Les magistrats assis ou Juges ont pour hiérarchie la cour suprême, même si celle-ci ne leur dicte pas la Decision à prendre dans les dossiers.
Il est important de garder à l’esprit cette vérité que le ministre de la justice est un administrateur de la justice et non un dernier degré de juridiction en matière judiciaire. Il n’intervient que par le biais du procureur général et uniquement en cas de dérapage ou de violation de la loi ou des droits de l’homme.

A l’heure où l’on observe un renouvellement de la classe politique au sein des différents organes dirigeants de nombreuses institutions comme on a pu l’observer à travers les résultats lors des dernières législatives et municipales avec l’entrée aux affaires d’une nouvelle élite dirigeante, mais également à travers le dernier remaniement ministériel où le Président de la République Paul Biya a donné sa confiance à une nouvelle génération d’acteurs politiques, d’acteurs de la société civile et administrative issus de divers domaines tels que le corps des avocats, des administrateurs civils et certaines personnalités de la société civile, on serait amené, face à cette réalité, comme le font certains subrepticement et en cachette, à s’interroger sur l’inamovibilité de fait de certains hommes politiques, acteurs majeurs de la mise en œuvre de la politique du Président Paul Biya. Il en est ainsi de Laurent Esso, actuel Ministre de la Justice, cette icône pur produit de l’excellence de la formation camerounaise, devenu magistrat en 1969 après de brillantes études à l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature (ENAM). Il deviendra 10 ans plus tard, en 1979, Procureur Général près de la Cour d’Appel de l’Ouest à Bafoussam. Un poste parmi tant d’autres qui lui auront permis, depuis sa sortie de l’ENAM, de servir son pays à différents niveaux de responsabilités, côtoyant ainsi les artères du pouvoir. Que peut bien trouver Paul Biya à cet homme pour lui accorder un bail à durée indéterminée au gouvernement ?

B. LE SECRET DE LAURENT ESSO: L’INFATIGABLE BÂTISSEUR A L’OMBRE DU PRÉSIDENT PAUL BIYA.

Dans cette réflexion, nous nous sommes permis d’interroger le secret de la longévité de ce bâtisseur de l’ombre, pilier de la politique du renouveau du Président Paul Biya en exposant ses différentes réalisations au cours des différentes étapes de sa carrière et qui lui confèrent cette posture d’homme discret, point commun qu’il partage avec son mentor le Président Paul Biya. (il n’aime pas qu’on pointe les projecteurs sur lui comme je m’en vais le faire, mais on va arranger cela entre nous, à la maison, c’est un bon chrétien). Ses œuvres à travers les différentes missions qui lui ont été confiées nourrissent sa réputation d’infatigable bâtisseur de l’ombre dévoué à la loi et à la fidélité au Président de la République Paul Biya.
C’est à partir de 1982, que la carrière politique de Laurent ESSO commencera véritablement lorsque le Président Paul Biya lui témoigna sa confiance pour la première fois en le nommant Conseiller Technique au Secrétariat Général de la Présidence de la République, avant d’en faire son Conseiller Spécial en 1984.

Après ces débuts prometteurs à ces différentes responsabilités, le Président Paul Biya le nommera Chancelier de l’université de Yaoundé « la mère des universités camerounaises » où il réalisera ses premiers chantiers et qui justifient la réputation qu’on lui connaît aujourd’hui. En effet, avant son arrivée dans cette institution en 1985, l’université de Yaoundé ne comptait que l’amphi 700 et l’amphi 300 avec déjà, à cette époque, des effectifs pléthoriques compte tenu de la diversité des formations qui étaient dispensées à cette unique université du Cameroun en ce temps là. Il dotera l’université de Yaoundé de trois nouveaux amphis à savoir l’amphi 1001, l’amphi 1002 et l’amphi 1003 avec une capacité de 1000 places chacune et procédera à la rénovation des anciens amphis et infrastructures de cette institution universitaire. C’est sous son ère que les étudiants défileront avec en prime l’institution des majorettes, lors de la fête nationale du 20 mai au BOULEVARD DE LA REPUBLIQUE estimant que ces derniers ont le droit de manifester leur patriotisme républicain. Depuis lors, le défilé s’est étendu aux autres catégories de la jeunesse allant du primaire au supérieur en passant par le secondaire.

Suite à ce succès probant dans ce vaste chantier de l’université de Yaoundé, le Président de la République lui fera de nouveau confiance à travers plusieurs fonctions ministérielles qui permettront de révéler la nature de bâtisseur comme Secrétaire Général adjoint à la Présidence de la République en 1988, et comme Directeur de Cabinet Civil de la Présidence de la République en 1989.

Il sera Ministre d’Etat, Secrétaire Général à la Présidence de la République du 22 septembre 2006 au 8 décembre 2011, passage où on lui doit notamment la modernisation des services du Secrétariat Général en rebâtissant ce haut lieu de l’administration camerounaise. Il aura été le premier responsable à la Présidence de la République à avoir pris soin de la réorganisation du Centre de la documentation ayant permis la bonne gestion des ouvrages, ainsi que l’amélioration des infrastructures du Secrétariat Général.

Laurent Esso sera appelé à servir dans différents gouvernements de Paul BIYA successivement comme Ministre de la santé (2000-2001), Ministre Délégué à la Présidence de la République chargé de la défense (2001-2004) où on lui doit la rénovation du stade militaire de Yaoundé, ministre des relations extérieures (2004-2006).

Mais, c’est surtout lors de son passage à deux reprises au Ministère de la Justice, que le caractère de l’homme en tant que bâtisseur se révèlera, d’abord lors de son premier passage du 19 septembre 1996 au 17 mars 2000 et ensuite lors du second passage du 9 décembre 2011 à ce jour.

Le Ministre d’Etat va s’attaquer à un vaste chantier infrastructurel, une vaste opération de modernisation de la justice et de décongestionnement des institutions judiciaires débordées. Il lutte contre les lenteurs judiciaires inhérentes à la démographie galopante de notre pays en désengorgeant les juridictions et en multipliant aussi bien les salles d’audience que les bureaux des magistrats.

Sur le plan infrastructurel, on lui doit la construction des tribunaux d’arrondissement tels que le palais 2000 à Bonanjo-DOUALA, le Tribunal de Première Instance de NDOKOTTI, le Tribunal de Première Instance de BONABASSEM à BONABERI DOUALA, la construction des Tribunaux de Yaoundé Ekounou, Mendong, Yaoundé centre administratif, de l’immeuble du nouveau Ministère, l’innovation de la Cour Suprême. Il ne faut pas oublier l’extension de la Cour d’appel du littoral à Douala et l’aménagement du bâtiment administratif face au commissariat central de Douala pour en faire le Tribunal de Grande Instance du Wouri.

Un bâtiment jouxtant le Tribunal Criminel Spécial verra le jour avec le complexe ultramoderne des services judicaires qui est constitué de 5 bâtiments dont une Tour de 14 étages et qui permettra d’abriter plusieurs services judiciaires pour plus d’efficacité et plus de célérité dans le traitement des dossiers, améliorant par la même occasion le cadre de travail dans lesdits services.

Les usagers, depuis quelques mois, peuvent également apprécier cet autre édifice des services centraux qu’est l’extension jumelle de l’immeuble principal du Ministère de la Justice. Il s’agit d’un bâtiment de 5 niveaux qui abritent une salle des actes et une bibliothèque moderne, le Cabinet du Ministre Délégué ainsi que d’importantes autres structures du Ministère de la Justice à l’instar du Secrétariat Général.

Le Ministre d’Etat Laurent Esso est résolument tourné vers la modernisation des infrastructures judicaires en enrichissant les Cours d’appel du centre et du littoral par la construction des complexes modernes des services judicaires de Yaoundé et de Douala. S’agissant du complexe moderne des services judicaires de Yaoundé, cet immeuble futuriste sera constitué de 5 édifices dont une tour de type R+13 de 180 bureaux, 1 bâtiment de type R+2 pour les bureaux du Tribunal administratif, 1 bâtiment de type R+3 pour le corps spécialisé et de 2 bâtiments R+2 réserves aux salles d’audience. S’agissant du complexe moderne des services judicaires de Douala, il est la copie conforme de celui de Yaoundé et comportera un ensemble de 5 édifices dont une tour de type R+13 et des bâtiments connexes.

Au-delà de ces grands chantiers, on enregistre également des avancées significatives dans l’amélioration du cadre de travail à travers la rénovation de plusieurs services judicaires dans plusieurs chefs-lieux de département, mais aussi la construction des palais de Justice tels que le PALAIS DE JUSTICE de Nanga-Eboko qui abrite le Tribunal de Première et de Grande instance, le palais de Justice de Mbouda, tous deux des joyaux architecturaux. Il n’est pas superflu de mentionner la construction de l’immense palais de justice d’Edea sur R+3 et qui ambitionne d’être le plus grand palais de justice du littoral.

Sur le plan de l’humanisation de la justice, on observe l’amélioration du fonctionnement des commissions d’assistance judiciaire répondant ainsi à l’un des principes phares de l’égalité de tous à l’accès au service public de la justice, à l’allègement de certains frais légaux et à la lutte contre les actes déplorables de certains magistrats à travers le suivi de la profession de ces derniers. Cette humanisation s’étend également à l’amélioration des conditions de détention des détenus à travers la construction de nouvelles prisons épousant les normes internationales tant sur le plan de la séparation des détenus que du cadre de vie occupé par ces détenus. Et la nouvelle prison centrale de Douala-Ngoma sortie de terre à Pk19 répond bien à cette nouvelle ambition qui prône justement l’humanisation de l’environnement de toute la population carcérale, dans le strict respect des normes internationales en matière des droits de l’homme. Il ne reste à effectuer que des travaux d’équipement de cette prison qui permettra de désengorger la prison de NEW-BELL, en proie à la surpopulation carcérale. Il en va de même de la prison de Bengbis, de la prison principale de Mbalmayo, de la prison principale de TCHOLLORE II, de la prison d’Amban, de la prison de Djoum, de l’Ecole Nationale de l’Administration Pénitentiaire (ENAP) de Buea, de la prison de MONATELE, de la prison de Bafia, de la prison centrale Maroua, de la prison centrale de Yaoundé, de la prison principale de Yoko, de la prison d’Upper Farm de Buea, de la prison principale de Nkongsamba, de la prison principale de Bangangté.

De tout ce qui précède, on comprend aisément la place que le Ministre d’Etat, Ministre de la Justice garde des sceaux, Laurent Esso, occupe dans la sphère du pouvoir en tant que pilier du régime dans l’atteinte des objectifs de développement fixés par le Président de la République, son Excellence Paul Biya, et qui passe par une administration judiciaire de qualité au service des citoyens. Il est donc clair que le Ministre d’Etat Laurent Esso est plus préoccupé à rechercher les financements pour construite les édifices qu’à perdre un précieux temps à intervenir hors de son champ de compétence pour influencer les décisions de justice.

Quel président se séparerait d’un tel ouvrier consciencieux ? Voilà donc le secret de la longévité du Ministre d’Etat Laurent Esso: le travail et la construction d’un cadre de vie propice au travail de ses collaborateurs, dans le respect scrupuleux voire sourcilleux de la loi, seule boussole qui guide son action et sa fidélité au président Paul Biya auquel il emprunte cette qualité.