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Opinions of Thursday, 20 May 2021

Auteur: www.camerounweb.com

La visite de Dion Ngute au Gicam va approfondir d’avantage ses clivages avec Laurent Esso

Le premier ministre s’est rendu mardi dernier à Douala Le premier ministre s’est rendu mardi dernier à Douala

•< b>Le premier ministre s’est rendu mardi dernier à Douala. < /b>

Il a été reçu par le président du Gicam. < /b>

•< b>Laurent Esso avait refusé il y a quelques jours de se rendre au Gicam. < /b>

Le Premier ministre Joseph Dion Ngute a été reçu il y a deux jours par Célestin Tawamba, président du Gicam. Cette rencontre été l’occasion pour les deux hommes de plancher sur le climat des affaires au Cameroun. Attendu en avril dernier pour une rencontre du genre, le ministre de la Justice Lurent Esso n’avait pas trouvé bon de faire le déplacement et s’était fait représenter par son ministre délégué Jean De Diu Momo. Finalement la rencontre n’avait pas eu lieu car le président du Gicam avait refusé de recevoir l’émissaire de Laurent Esso. Pour Edouard Kingue, cette visite du Premier ministre, loin de créer un climat d’apaisement entre les Laurent Esso et Joseph Dion Ngute, va alourdir d’avantage les relations, déjà tumultueuse entre les deux membres. Lire ci-jointe, l’analyse du journaliste Edouard Kingue publiée avant la visite de Dion Ngute à Douala, mais qui reste d’actualité.

Dans le cadre du dialogue avec le secteur privé, ce mardi 18 mai, le Premier ministre devrait se rendre au siège du Groupement inter-patronal du Cameroun (Gicam), basé à Douala. Initialement prévu pour le 16 avril, cette rencontre devait être l’occasion de plancher sur l’insécurité judiciaire qui mine le climat des affaires.

Cette fois, il est envisagé lors de la rencontre avec le PM que le Gicam devrait mettre sur la table ses propositions pour la résolution de la crise anglophone et annoncer les contributions financières des entreprises du groupe à l’effort de reconstruction des villes et villages ravagés par le conflit du Noso.
Cette probable visite au patronat est présentée comme « une première depuis l’indépendance ». On sait qu’habituellement, les chefs d’entreprise vont rencontrer à Yaoundé des membres du gouvernement dans le cadre du Comité de compétitivité.

Bien qu’ayant pour théâtre la ville de Douala, le ‘sommet’ Dion Ngute et Tawamba ne serait alors pas le premier du genre. Le 19 octobre 2020 lors d’une audience sollicitée par le patronat camerounais, Joseph Dion NGUTE avait reçu du Gicam le « Livre blanc de l’économie camerounaise ».
Sous-titré ‘L’impératif industriel du Cameroun’, le document projette le regard des chefs d’entreprises sur la politique économique du pays, regard à travers lequel ceux-ci partagent les choix de filières prioritaires du Plan Directeur d’Industrialisation (agro-industrie, transport et énergie), et proposent de donner plus de sens à la notion de priorités dans les déclinaisons transversales et sectorielles comme la fiscalité, la gouvernance, le financement et surtout à travers une réforme du dialogue public-privé.

Les deux parties s’étaient accordées sur la nécessité d’une plus grande concertation sur des questions spécifiques afin d’intégrer les contraintes auxquelles chacun fait face. Une démarche partenariale est également apparue nécessaire dans la conduite des négociations avec les partenaires techniques et financiers du Gouvernement.

Au premier Ministre, le Président du GICAM avait réitéré l’attente forte des chefs d’entreprises pour que la loi de finances 2021 donne un signal d’apaisement, une amorce de réformes et de restauration du climat de confiance entre l’administration et les entreprises.
En juillet 2020, DION NGUTE, entouré de Louis Paul MOTAZE, Alamine Ousmane MEY et Luc Magloire MBARGA ATANGANA, avait organisé une vidéoconférence avec le Président du GICAM, sur le rapport de la seconde enquête du GICAM relative aux répercussions de la pandémie de la Covid-19 sur les entreprises.

Pour le Gicam, la présence du Premier ministre cette fois à Douala serait une belle occasion de porter à l’attention du gouvernement les doléances du secteur privé vis-à-vis des pouvoirs publics. Ce qui permettrait de décrisper le climat particulièrement tendu qui prévaut jusqu’ici entre le gouvernement et le patronat.

Mais sa rencontre de ce mardi avec le patronat camerounais demeure hypothétique au regard de la charge polémique qu’elle véhicule.
Viendra, viendra pas ? « Habituellement dit-on « l’interlocuteur naturel du GICAM est le Ministre du travail et de la sécurité sociale, dans une moindre mesure le MINFI ou le Ministre en charge de l’économie. En sollicitant directement d’autres membres du gouvernement, le GICAM se met dans un couloir qui n’est pas le sien et solliciter le Premier ministre après un rendez-vous manqué avec le Ministre de la justice traduit la volonté manifeste de semer la zizanie entre membres du gouvernement de la République. La publicité orchestrée par le GICAM sur ce prétendu rendez-vous avec le Chef du Gouvernement relève de la méconnaissance des réalités politiques locales. »

Absent ou non ce mardi au Gicam, la sérénité ne sera pas de mise entre membres du gouvernement et partenaires économiques d’autant plus que le PM entendait ainsi actionner des situations socioéconomiques qui lui tiennent à cœur comme la reconstruction du Noso pour lequel le Gicam a planché et entendait s’investir financièrement sur le dossier.

< b>Les ego surdimensionnés< /b>

Mais est-ce que cela intéresse réellement le gouvernement ou les egos surdimensionnés n’autorisent aucune lecture de l’avenir ? Assurément l’ami Dion est assis sur deux chaises dans ce cadeau empoisonné que semble être la primature dont la doublure sévit à la présidence de la république, selon certains analystes.

Etrange destin que celui de Dion Ngute, qualifié de « très brillant intello ». Docteur en Droit Privée Anglophone (formé à Ngoa et en Angleterre) ; directeur de l'ENAM 11 ans durant, ce chef traditionnel chez les BAROMBI du Sud-ouest, cousins directs des abo du littoral, adepte de la foi BAHA'I, qui était à la tête de l'équipe judiciaire qui défendait le Cameroun au Tribunal de droits de l'homme de BANJUL, figure parmi les rares élites du Sud-ouest à avoir fait des études supérieures à ce qui était alors l’Université de Yaoundé avant d’entrer à l’ENAM.

Il entre au Gouvernement en Décembre 1997, comme Ministre Délégué auprès du Ministère de l’extérieur en charge du Commonwealth jusqu’au remaniement ministériel du 02 Mars 2018, où il est appelé à la PRC comme Ministre chargé des missions. En Janvier 2019, il devient Premier Ministre de la République.
L’adepte de la foi Bahaïe, « brille par une rigueur qui ferait pâlir les moines tibétains »... Ni secte ni syncrétisme, le bahâïsme est une religion indépendante, née en Perse il y a cent cinquante-six ans. Le prophète Baha'u'llah enseigne la modération, une volonté de justice, et le détachement des choses de ce monde. L'inspiration et la vision de cette civilisation trouvent leur expression dans l'affirmation suivante de Baha'u'llah: "La terre n'est qu'un seul pays dont tous les hommes sont les citoyens."

Imprégné de cette doctrine, le PM qui s’affiche plein bonne volonté, mais subissant les affres du système Biya, avale pas mal de couleuvres sur la scène conflictuelle de Yaoundé.
Mais qui sait ? À 67 ans et malgré une présence très lisse au gouvernement, Il peut toujours surprendre… s'il n'est pas bousillé avant …

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