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Opinions of Friday, 13 August 2021

Auteur: BORIS BERTOLT

L'entreprise chinoise Gaoda sème la panique à Nyom II et a Mindjomo

On parle de traumatisme et de risque d’arrêts cardiaques On parle de traumatisme et de risque d’arrêts cardiaques

Le problème est né de l'utilisation d'engins explosifs par cette entreprise chinoise dans son fonctionnement, ce qui provoque des dégâts au niveau de la population. "La peur et la panique chez les personnes vulnérables (enfants et personnes âgées et malades) sont signalées. Les centres de santé de la zone ont aussi signalé les cas de traumatisme et le risque d’arrêts cardiaques chez les patients", renseigne le lanceur d'alertes Boris Bertolt dans le texte ci-dessous.

Depuis la cérémonie de lancement des activités de la société chinoise GAODA le 18 mai 2021 présidée par le Ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique en présence d’autres autorités gouvernementales, les populations de Nyom II et de MINDJOMO vivent au rythme des secousses intenses occasionnées par les tirs de mines effectués par la société GAODA. Ces violentes secousses sont dues à l’utilisation disproportionnée des charges d’explosifs et sont observées au moins une fois par semaine.

L'utilisation de ces engins explosifs fragilisent les maisons d’habitations et font déjà paraitre sur les murs et les vérandas des fissures. L’effondrement des puits d’eau et la destruction des biens fragiles sont déjà enregistrés à certains endroits. La peur et la panique chez les personnes vulnérables (enfants et personnes âgées et malades) sont signalées. Les centres de santé de la zone ont aussi signalé les cas de traumatisme et le risque d’arrêts cardiaques chez les patients. Un habitant de la zone témoigne : « Comme ils n’avertissent pas, lorsqu’ils détonnent, les enfants courent dans tous les sens en criant. Ma mère qui est là malade commence à avoir les palpitations, la maison bouge et tout ce que vous voyez là bouge, c’est très difficile à supporter, je ne sais pas si ces gens-là sont humains ».

La roche qui est exploitée par la société GAODA s'étend de Nyom à Okola dans le département de la Lekie. L'Etat a octroyé aux populations les titres fonciers et des permis de bâtir sur cette roche. Aucune procédure d'expropriation des habitants n'a été initiée par l'Etat. D'où cette interrogation: "pourquoi l'Etat a-t-il donné l'autorisation d'exploiter une roche sur laquelle sont bâties plus de 500 maisons ?

Selon un responsable en charge des mines, contrairement à d’autres entreprises Camerounaises qui font dans l’exploitation de carrière et qui utilisent des technologies qui n’engendrent aucune secousse, l’entreprise Chinoise GAODA utilise, pour faire éclater la roche, une ancienne technologie chinoise qui est à l’origine desdites secousses.

Face à toutes ces perturbations et cette menace incessante sur leur vie et sur leurs investissements, les populations ont écrit respectivement à la société GAODA et aux autorités locales pour exprimer leurs préoccupations. Après avoir reçu la lettre des communautés, la société chinoise a continué à procéder à des tirs avec plus d'intensité et de secousses ressenties par les populations. Ce qui fait dire aux riverains que ce mépris et cette arrogance de cette société étrangère sont inadmissibles. Le silence de l'administration face à une telle injustice à l'endroit des riverains qui ont consenti des sacrifices extrêmes pour acheter et construire des demeures, parfois au prix des prêts bancaires qu'ils sont encore en train de rembourser , est inquiétant.

Environ 3000 personnes, représentant un peu plus de 500 ménages sont actuellement touchées par ces secousses, réclament l'action du Ministère en charge des mines et du ministère en charge de l'environnement pour contraindre cette entreprise chinoise à utiliser des procédés qui ne créent plus de secousses dangereuses pour la santé et les investissements des populations riveraines.