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Opinions of Tuesday, 1 September 2020

Journaliste: Stephane Deffo

L'autotchonie au Cameroun: une programmation génocidaire !

Pour des besoins d'objectivité, il nous sera fort utile d'éclaircir certains détails d'entrée de jeu afin de couper l'herbe de la critique à la sìme de sa racine.

Au Cameroun désormais, le repli identitaire est devenu monnaie courante. Il ne se passe une journée sans que des patriotes ne s'échangent des insultes à la fin de dénigrer l'ethnie de l'un ou de l'autre. Dans cet exercice regrettable, les extrémistes sont de tous les camps et de tous les bords. Il nous est apparu évident de rattacher cette violence verbale à l'une de ses causes notamment l'inscription anti constitutionnel des concepts tel que Autotchones et Halogénes dans la constitution du 18 janvier 1998 du Cameroun.

L'autochtonie constitue désormais, la matrice génocidaire autour de quelle le tribalisme puise sa source. Ce concept devient à lui seul, la membrane sur laquelle vient se greffer toute la sémantique criminelle qui quand elle ne nous pousse pas au meurtre, nous y prépare. Dans la mesure où, elle possède une nature psychotique et paranoïaque. Le caractère psychotique c'est lorsqu'on identifie l'autre comme un non semblable (c'est le cas lorsqu'on a des termes tel que sardinards contre tontinards, bamipower contre FeDEK, le mouvement 10 millions de nordistes). Le caractère paranoique qui découle de l'enracinement du concept d'autochtonie dangereusement employé au Cameroun, c'est le fait de croire que l'autre représente une menace pour le " NOUS" par opposition aux " Eux".

L'autochtonie n'est pas une vérité historique, mythologique et anthropologique au Cameroun. Notamment à cause de : 1- la perversion du concept à des fins inavouées, 2- l'introduction des concepts criminogènes dans la constitution comme acte programmatique du tribalisme actuel, 3- pourquoi l'autochtonie n'est pas une réalité statique ? , 4- La masse critique de camerounais qui ne sont d'aucune ethnie ou régions comme preuve de l'absurdité du concept d'autotchone.

1 - La perversion du concept d'autochtonie à des fins inavouées.

Le mot autochtone vient du grec " Autôkhtômos “. Il est formé du mot " Autôs " qui signifie soi-même et Du mot " Khthôn Qui signifie la terre. Ceci dit, Etymologiquement, l'autochtone est celui qui s'attache à une terre et non la terre qui s'attache à lui. Voilà pourquoi dans la mythologie grecque, l'autochtone est celui qui nait spontanément de la terre sans parents. Laquelle de toutes les ethnies présentes au Cameroun actuellement peuvent attester de leur présence au Cameroun depuis que le monde est monde ? Aucune......

Le Cameroun n'est pas la terre de nos aïeux ou nos ancêtres. Tous les peuples présents au Cameroun le sont du fait du déclin de l'empire nubio - egyptien notre vraie mère patrie. C'est en nubie et en egypte que reposent les restes de la plus grandes majorité de nos ancêtres. Une vérité qui rend inopérant le concept d'autochtonie au Cameroun du point de vue anthropologique. Car, l'anthropologie définit comme autochtone, celui qui vit sur la terre de ses ancêtres ayant une présence avérée depuis des générations (problème, presque toutes les ethnies Camerounaise viennent d’ailleurs) le concept d'autochtonie a été pervertie. Il est au Cameroun, une déviation qui trahit l'esprit du même concept employé en droit international pour la première fois pour défendre les intérêts des Amérindiens, des inuits et des melis (les aborigènes ayant subis de réelles injustices à la suite de l'envahissement Europen en Amerique du nord ).

Il est donc pervers d'opposer des camerounais en leur imposant une approche conflictuelle de l'idée même de la nation. Si on tend à construire une nation, jamais on ne pourrait appréhender l'autochtonie sur la base ethnique, tribale et clanique. Car, au sens strict, l'autochtone est celui est né et qui vit dans un lieu donné. Il n'est pas seulement celui qui revendique une ancestralité d'avec un sol. Il est celui qui établit sur une terre matérialise par son travail, son attachement. C'est raison pour laquelle, les grecques disaient " c'est l'homme qui s'attache à la terre “. C'est seule cette approche qui se rapproche au mieux de la réalité historique, mythologique et anthropologique du Cameroun, un pays multiculturel. Distinguer ses propres citoyens sur une base tribale est de nature à préparer les guerres tribales.

2 - l'introduction dans la constitution des concepts criminogènes tels qu’Autochtones - halogènes comme acte programmatique du tribalisme.

Il est anticonstitutionnel de voir dans la constitution d'un Etat " l'égalité en droit et devoir des citoyens consacrés " et lire par la suite dans la même constitution qu'il existe deux types de citoyens << Halogènes et autochtones>>. Au-delà d'être anticonstitutionnels, ces concepts viennent de manière actée instaurer un système social sensiblement proche de l'Apartheid. Dans la mesure où il déconsacre l'égalité en droit entre tous les citoyens. Exemple, un citoyen quel que soit son amour, sa compétence et sa capacité financière ne peut pas être maire de ville encore moins président de conseil régional s'il n'est autochtone dans son propre pays. Comment encourager le repli identitaire et être surpris de la montée du tribalisme? Soit on est skysofreine, soit on est amnésique. Le tribalisme au Cameroun a été une programmation construite depuis des années et acté dans la constitution. Pour ce faire, il s'est appuyé sur des concepts inopérants à la vitrosité certaine.

3- Pourquoi l'autochtonie est un concept inopérant ?

L'autochtonie en tant que réalité matérielle et immatérielle est un concept fluctuant. Ce qui veut dire que l'autochtonie dans une région, département, arrondissement ne saurait être éternellement. L'histoire humaine est riche d'histoires de migrations. Ces migrations ayant modifiées la socio anthropologique des zones géographiques vers lesquelles les populations immigrées s'installèrent. Jadis par exemple, les noires étaient autochtones de koush ( nubie actuel ethiopie, soudan, mali Tchad etc) , de misraîm ( egypte ) , de canaan ( actuelle palestine ). Nous par nos ancêtres étions autochtones de ses terres qui pour la plupart sont peuplés d'arabes et juifs blancs aujourd’hui.

La majorité des peuples au Cameroun sont venus à la suite de l'effondrement de l'empire Nubio- egyptien. Exemple des peuls venus de Nubie, des bassa et des pahouins ( beti - Ekang) venus de la base egypte, des Ba miech kermet ( bamileke ) et Ba amon ( peuple du Dieu Amon ) venus de la haute egypte. Personne n'est plus autochtone qu'un autre peuple au Cameroun en dehors des pygmées et des bororo. Car, les vagues migratoires vers le Cameroun ont eu lieu presque à la même époque lorsque les peuples nilo - egyptiens ont commencé à remonter le cour du nil afin de fuir l'islamisation Arabe donc Ousmane dan dan fodio et Adama de yola furent les figures de poids.

L'identité sociologique de toute région géographique est appelée a muter car ceci entre dans l'ordre de la nature. La terre elle-même n'a pas toujours eu la même forme géographique (de la pangé aux cinq continents, en passant par les mouvements tectoniques qui se poursuivent). L'histoire propre du Cameroun est pleine d'exemple qui atteste de la fluctuation, de la modification et de la transformation de l'identité sociologique de certaines zones géographiques du Cameroun. Ainsi par exemple Maroua fut fondé par les Guiziga mais aujourd’hui, les peuls en sont reconnus comme autochtones. Au littoral on a douala donc les premiers venus furent les bassa et aujourd’hui les Douala en sont autochtones. À L'Est on a Bertoua qui fut fondé par les Baya avant d'être occupé par les maka . À l'ouest du Cameroun, le royaume bamoun s'est formé à la suite d'annexions et d'assimilations des peuples (des anciens villages bamileke assimilés et intègres dans le royaume Bamoun). Nous pouvons encore citer le cas du village bandjoun (littéralement ceux qui achètent) parce que le prince fondateur de ce village venant de Baleng achetait avec ses concitoyens des terres pour fonder et agrandir son royaume et ses richesses (j'entends déjà le vous voyez ? ....

4- Savez-vous qu'il y a des Camerounais qui ne sont autochtones de nulle part au vue de la conception perverse et tribaliste du concept d'autochtonie ?

Selon les conventions du droit international signées et ratifié par le Cameroun. Suivant la constitution et les lois du Cameroun, la nationalité Camerounaise s'obtient par le lien de sang " jus sanguini " et le lien du sol " jus soli ".

Il y a un fait pourtant majeur qui échappent aux partisans de l'autochtonie et son corollaire, l'équilibre régionale. Ces derniers oublient qu'il y a des Camerounais nées de pères et de mères Centrafricains, tchadiens, Nigerians, français, Rwandais, Congolais qui par le lien du sol sont Camerounais et d'aucune régions et d'aucunes ethnies Camerounaise.

Lorsque la masse critique de ces Camerounais atteindra les 2 à 3 millions d'ici quelques années, ils s'organiseront pour revendiquer leurs droits civils et politiques. Quelle réponse donnera le Cameroun à leur revendication si nous continuons d'appliquer l'équilibre régional en nous distinguant par les termes criminels d'autochtones et d'halogènes ?

Il est urgent de penser autrement.

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